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Jacques de Vaucanson (1709-1782)

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Une passion : la mécanique et les sciences de la vie. Né le 24 février 1709 à Grenoble, fils d’un maître gantier, Jacques de Vaucanson (son acte de naissance porte “Vocanson”) incarne l’ingénieur moderne, véritable esprit des Lumières attiré à la fois par la physique, les sciences de la vie ou la philosophie.

Dès la fin des ses études, il entreprend une carrière religieuse dans l’ordre des Minimes; ordre auquel avait appartenu le Père Mersenne (1588-1648), homme de science et grand ami de Descartes. Mais, plus attiré par la mécanique et l’anatomie, il reprend ses études et rencontre le chirurgien rouennais Le Cat(1700-1768) avec lequel il développe ses premières idées de modèles anatomiques reproduisant les principales fonctions vitales (respiration, digestion, circulation).

Dès 1738, profitant de l’engouement du 18ème siècle pour les objets animés, il présente à l’Académie des Sciences trois fameux automates dont on perd la trace au cours du 19ème siècle. “Le Joueur de Flûte”, androïde assis d’1m50 qui à l’image d’un flûtiste vivant jouait 12 airs dont 3Le Rossignol” de Blavet et dont “le mécanisme employé imitait à la fois les effets et les moyens de la nature avec exactitude et perfection” (Vaucanson). “Le Joueur de Tambourin et de flageolet” en 1739 sur le même principe. “Le Canard Digérateur”’, chef-d’oeuvre de simulation anatomique : l’animal battait des ailes, mangeait du grain et le rendait digéré (cette dernière phase, habile supercherie, fût éventée par l’illusionniste Robert-Houdin au 19ème siècle).

En réalisant ces “anatomies mouvantes”, Jacques de Vaucanson se pose en héritier direct de tenants de la philosophie bio-mécaniste comme Descartes (1596-1650), Gassendi (1592-1655) ou Boerhaave (1668-1738). Pensée qui réduit les organes du corps humain aux pièces d’une machine agencée par Dieu.

En 1741, nommé Inspecteur des Manufactures par Philibert Orry alors Contrôleur Général des Finances, il entreprend de réorganiser la filière de la soie en grandes difficultés. De la production au système de distribution, il révolutionne les méthodes de travail et perfectionne les machines déjà existantes (vers 1751 il propose notamment le premier métier à tisser automatique). Innovations qui provoqueront l’hostilité des ouvriers et ne connaîtront pas d'applications industrielles.

Il entre à l’Académie des Sciences en 1746 où il constituera une collection de modèles et machines -dont beaucoup de son invention- qui seront à l’origine des collections du Musée des Arts et Métiers.
Il meurt à Paris le 21 novembre 1782 à la veille de la Révolution.


BIBLIOGRAPHIE

Le Mécanisme du flûteur automate
Jacques Vaucanson
Paris, Editions des Archives Contemporaines, 1985

Jacques Vaucanson, mécanicien de génie
A.Doyon et L.Liaigre
Paris, PUF, 1966

Le Portefeuille de Vaucanson, chefs-d’-oeuvres du dessin industriel
A.Mercier
Paris, Musée des Arts et Métiers, 1991

Jacques Vaucanson
Catalogue d’exposition, Musée des Arts et Métiers
Paris, 1982

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