La dynastie des BECQUEREL


Henri BECQUEREL est issu d'une famille de savants et appartient à une dynastie de quatre physiciens, académiciens, titulaires de la chaire de Physique au Muséum d'Histoire Naturelle à Paris. Henri a hérité de la vocation de son père Edmond et de son grand-père Antoine-César ; son fils Jean, polytechnicien aussi, entrera à son tour à l'Académie des Sciences et comme lui, enseignera la physique au Muséum d'Histoire Naturelle.

Antoine-César BECQUEREL
1788-1878

Edmond BECQUEREL
1820-1891

Henri BECQUEREL
Découvreur de la radioactivité de l'uranium en 1896
1852-1908

Jean BECQUEREL
1878-1953

Antoine-César BECQUEREL
Antoine-César BECQUEREL, fils de Louis Hector naît à Chatillon en 1788. Reçu à l'Ecole Polytechnique en 1806, il est envoyé en 1810 à la guerre d'Espagne et prendra en 1815 sa retraite comme chef de bataillon. Il se consacrera inlassblament à la science pendant 60 ans. Parmi son oeuvre scientifique, on peut citer :
- Découverte de la piézoélecricité en 1819
- Etude la conductibilité des métaux, de l'électricité atmosphérique, des phénomènes électro-capillaires
- Invention de l'électrochimie
- Réalisation en 1829 de la première pile à courant constant exploitée quelques années plus tard par DANIELL.
Les découvertes et les travaux de Antoine-César BECQUEREL le conduisent à l'Académie de sSciences en 1829 puis à la chaire de Physique du Muséum d'Histoire Naturelle à partir de 1838. Fondateur de la dynastie scientifique des BECQUEREL, il sera le patriarche jusqu'au 18 janvier 1878, date de sa mort à Paris, alors que son fils Edmond et son petit-fils Henri sont déjà des physiciens confirmés.


Edmond BECQUEREL
Edmond BECQUEREL, deuxième fils d'Antoin-César, naît en 1822 à Paris.Bien que reçu à l'âge de 16 ans au concours de l'Ecole Polytechnique et à celui de l'Ecole Normale, il choisit la même année d'être le collaborateur de son père. Il se consacre entièrement à la Science, faisant des recherches sur l'électrochimie, la pyrométrie, la transmission de l'électricité.
Le père et le fils se passionnent pour la luminescence, propriété de certains corps d'émettre de la lumière après avoir été éclairés. Si, par suppression de la source lumineuse, la luminescence disparaît : le corps est fluorescent ; si elle subsiste : le corps est phosphorescent.
Edmond succède à son père à la chaire de Physique au Muséum d'Histoire Naturelle. et entre à son tour à l'Académie des Sciences le 18 mai 1863.
IL meurt à Paris en mai 1891.


Henri BECQUEREL
photo Henri BecquerelHenri BECQUEREL, fils d'Edmond naît à paris en 1852 dans ce Muséum où son père est né, habite et travaille. Il fait ses études au Lycée Louis-le-Grand et a comme professeur le grand mathématicien Gaston DARBOUX. Entré à l'Ecole Polytechnique en 1872, il en sort en 1874 dans le corps des Ponts et Chaussées. Il épouse Lucie JAMIN, fille de son professeur de Physique à l'Ecole Polytechnique (JAMIN est un opticien de renom et académicien). Henri devient ingénieur en 1877 mais abandonne l'administration pour se consacrerà la physique.
Ses premiers travaux de recherche portent principalement sur l'optique. Entre 1875 et 1882, il s'intéresse à la polarisation rotatoireinduite par des champs magnétiques et à la polarisation atmosphérique. A partir de 1883, il étudie les spectres infrarouges des vapeurs metalliques. De 1886 à 1888, il étudie l'aborption de la lumière dans les cristaux et soutient sa thèse de doctorat en 1888.
En 1889, il est élu à l'Académie des Sciences. Nommé professeur de physique au Muséum d'Histoire Naturelle, en 1892, après la mort de son père, il conclut sa leçon inaugurale consacrée à ses deux prédécesseurs, son père et son grand-père, en parlant "d'une vie toute entière consacrée au culte de la science".
En 1895, il devient professeur à l'Ecole Polytechnique.

La découverte des rayons uraniques
C'est le 20 janvier 1896, encouragé par Henri POINCARE qu'il décide d'entreprendre des recherches pour savoir si la fluorescence des sels d'uranium, étudiée depuis deux générations au Muséum, est de même nature que les rayons X.
Guidé par cette idée - qui allait bientôt se révéler fausse - BECQUEREL choisit pour ses expériences un sel qu'il est en train d'étudier : le sulfate double d'uranyle et de potassium (sel d'uranium). Pour obtenir la phosphorescence, il l'expose d'abord au soleil pendant quelques heures, puis le place sur une plaque photographique préalablement enveloppée de noir ; il enferme le tout dans une boîte, espèrant qu'un rayonnement émanant du sel phosphorescent viendra impressionner la plaque. Effectivement, au développement, la plaque est impressionnée. Il communique sa découverte à l'Académie des Sciences le lundi 24 février 1896.
Pendant plusieurs jours, le physicien laisse dans un tiroir les cristaux à coté des plaques photos car aucune exposition au soleil n'est possible (on est à la fin février). Le dimanche 1er mars 1896, le soleil reparait. Henri BECQUEREL va pouvoir recommencer ses expériences mais, dans une intuition géniale, il vérifie d'abord l'état de l'une des plaques restées dans le tiroir pendant plusieurs jours. A son grand étonnement, la plaque a été impressionnée bien que le cristal soit resté à l'abri du soleil. Il en arrive à la conclusion que les sels d'uranium émettent naturellement des radiations pénétrantes sans excitation préalable à la lumière. Dès le lundi 2 mars 1896, à la séance hebdomadaire de l'Académie des Sciences, Henri BECQUEREL annonce la découverte des rayons uraniques.
Il était temps car, en Angleterre, à Londres, Sylvanus THOMPSON travaille aussi sur la fluorescence du nitrate d'uranium et s'apprète à publier des résultats. Le destin a permis que BECQUEEL le devance de très peu de temps...

Après cette découverte, Henri BECQUEREL continue ses expérimentations. Il vérifie que la phosphorescence n'est pas nécessaire à l'émission du rayonnement et que celui-ci est dû à l'uranium lui-même.
A la même époque, Marie SKLODOWSKA, épouse d'un physiscien confirmé, Pierre CURIE choisit come sujet de thèse l'étude des nouveaux rayonnements uraniques de BECQUEREL. Quatre mois plus tard, elle présente à l'Académie des Sciences une note dans laquelle elle confirme - comme BECQUEREL l'avait déjà énoncé - que le rayonnement uranique est aussi une propriété des composés de thorium et de certains sels minéraux comme la pechblende ou la chalcolite. C'est alors que Marie CURIE donne le nom de "radioactivité" à l'émission par différents corps chimiques de rayonnements analogues à ceux de l'uranium.
Pierre et Marie CURIE découvriront ensuite le Polonium en juillet 1898 puis le Radium en décembre 1898.

A la fin de 1903, le Prix Nobel de Physique est attribué à BECQUEREL, Piere et Marie Curie pour leur découverte de la radioactivité naturelle et leurs études des rayonnements émis.

Après ce prix Nobel, Henri BECQUEREL continue ses travaux en collaboration avec les Curie mais il meurt prématurément au Croisic le 25 août 1908 à l'age de 56 ans.

Jean BECQUEREL
Jean BECQUEREL, fils de Henri et de Lucie JAMIN, naît à Paris en 1878, l'année de la mort de son arrière-grand-père Antoine-César, fondateur de la dynastie scientifique.
Elève comme son père au Lycée Louis-le-Grand, il entre à l'Ecole Polytechnique en 1897. Nommé en 1909 au Muséum d'Histoire Naturelle dans la chaire de Physique, il succède à ce poste à ses trois ascendants directs : Antoine-César, Edmond et Henri.
Ses recherches portent sur les propriétés optiques et magnétiques des cristaux.
Il découvre la polarisation rotatoire paramagnétique. Il étudie aussi :
- la relativité
- les transmutations d'éléements
- les rapports de la physique avec l'art musical
- l'expansion de l'Univers.
Il entre à l'Académie des Sciences en 1946. Il meurt à Pornichet en 1953 sans laisser de descendants pour reprendre le flambeau

Fonds documentaire : les notes de Henri Becquerel


24 février 1896 : "sur les radiations émises par phosphorescence": page 1 (11K) ; page 2 (33K)
2 mars 1896 : "sur les radiations invisibles émises par les corps phosphorescents" : page 1 (40K) ; page 2 (59K) ; page 3 (56K)