25.08.2006

La Vierge mise à nue par ses prétendants

Deux critiques qui devaient être publiées ailleurs, avant ...
Tant pis, les voilà :
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La Vierge mise à nu par ses prétendants (Oh! Soo-jung) - Hong Sang-Soo
Coffret : La trilogie Hong Sang-Soo (2005)

Le réalisateur coréen quinquagénaire Hong Sang-Soo réalise en 1998 « Le jour où le cochon est tombé dans le puit ». C'est grâce à ce premier film qu’il va connaître un premier succès. Les critiques cinéma allant dans le sens du réalisateur, celui-ci réalisera deux ans plus tard « Le Pouvoir de la province du Kangwon » qui sera présenté à Cannes dans la section "Un Certain Regard".
C'est cependant en 2000, avec « La Vierge mise à nu par ses prétendants », qu’il va être au bout de seulement trois films reconnu comme un des plus grands réalisateurs de la nouvelle vague coréenne.
L’histoire de La vierge mise à nu est celle de Soo-Jung, une jeune fille de 24 ans, assistante vidéo pour Young-Soo, cinéaste indépendant . Celui-ci, plus âgé qu'elle, retrouve Jae-Hoon, un ancien camarade de lycée qui s'est enrichi en tenant une galerie d'art. Ce dernier succombe aussitôt au charme de Soo-Jung, malgré le total effacement de celle-ci. Une liaison s'installe entre eux, mais la jeune femme, toujours vierge, refuse l'acte sexuel au grand désarroi de son soupirant.
Young-Soo est également attiré par sa collaboratrice...
Si le succès de « La vierge mise à nue » est tel, c’est avec raison, car celui que l’on a comparé à son compatriote Haou siao-Sien érige en principe la technique de captation des petits actes quotidiens pour mieux parler du temps présent qui nous échappe. Les films d’Hong Sang-Soo ont cette atmosphère particulière que l’on peut aussi retrouver dans certains films japonais comme ceux d’Imamura par exemple (cf « L’eau tiède sous un pont rouge »), bien que Hong Sang-Soo libère d’avantage la psychologie des personnages, en utilisant une méthode personnelle assez risquée permettant aux acteurs d’improviser leur rôles. Ceux-ci ont en effet comme conseil de ne pas trop lire le scénario, qui évolue d’ailleurs au cours du tournage, suivant les surprises de la vie quotidienne.

Cette technique peu courante associée à un cinéma moderne et que l’on peut juger excessive et dérangeante apporte néanmoins une touche et une ambiance très particulières qui font le charme de ce genre de production. Le principe de mise en abyme, consistant par exemple à filmer deux fois les mêmes scènes, mais vécues de façon différente (par chacun des deux protagonistes) déroute un moment, et plonge le film dans une atmosphère très fantasmatique, mais l’illusion est de courte durée car l’on saisit en fin de compte, (et après visionnage du documentaire accompagnant cette très bonne édition DVD) l’intérêt d’une telle démarche.
De plus, les acteurs, livrés à eux-mêmes délivrent un jeu d’un réalisme remarquable qui rajoute à cette photographie du quotidien. Sungkeun a d’ailleurs accepté de jouer saoûl afin de donner davantage de véracité à une scène d’anniversaire…
D’après Hon Sang-Soo, : « une identitée (…) se construit par la mémoire ; sur notre mémoire. Pleins de sentiments étranges dérivent de cette question qu’on n’identifie pas vraiment. Quelques fois, insister sur des détails peut prêter à rire, mais cela montre autrement la vie de tous les jours »

« La Vierge mise à nu » est donc un film déroutant, mais aussi et surtout une ode à l’instant, aux actes quotidiens, à la séduction et au désir refoulé. C’est ce qui en fait une œuvre à part et un chef-d’œuvre du réalisateur.
La réception plus réservée de son dernier film « Contes de cinéma » met néanmoins un bémol à ce début de carrière enthousiaste.

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La piste des géants (The Big trail)

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La Piste des géants (The Big trail) - Raoul Walsh - Twentieth Century Fox, 1930.

La réédition sous forme de DVD a atteint maintenant sa vitesse de croisière et on ne compte plus le nombre de films »introuvables » ou tout simplement de qualité, mais anciens et devenus rares qui sont à nouveau disponibles par ce biais.
Ce western d’un des plus grand réalisateur américain de la première partie du XXème siècle est remarquable à plusieurs égards.
Tout d’abord c’est le deuxième rôle de la carrière de John Wayne au cinéma, et il est amusant de le voir en jeune alerte, aux cheveux gominés, le visage d’ange que l’on a pu oublier à la fin de sa longue carrière. Il interprète ici le guide d’une caravane de pionniers qui traverse d’Est en Ouest le territoire américain encore peu peuplé à la conquête de la Californie .
Son rôle n’a rien d’anodin, il est en place, et magnifiquement joué. Ce qui surprend dans ce film à l’image noir et blanc soignée, c’est l’humanisme de ce personnage, et en fin de compte celui du réalisateur. Ce dernier a en effet eu l’intelligence de nous mettre à la place des pionniers, de façon neutre. De fait, face aux nombreux obstacles qui parsèment leur route, dont celui des tribus indiennes qui ne manquent pas de faire irruption à deux reprises, ces colons ont un regard «neuf « , que l’on ressent sans préjugés excessifs. La crainte est là, légitime, mais le personnage de trappeur interprété par Wayne connaissant les indiens a tôt fait de se poser en médiateur et de rassurer les deux parties. Au passage, ces sioux, Cheyennes ou Shoshones sont d’ailleurs plutôt convaincants. C’est assez rare pour être remarqué, car si l’on cite souvent la Flêche brisée (Delmer Daves, 1950) comme étant l’un des premiers westerns pro-indiens, The Big Trail ne porte aucun jugement négatif sur ce peuple, et les présente même comme plutôt sympathiques, et d’une manière assez réaliste. Il faut d’ailleurs remarquer que pour cette production, les acteurs indiens étaient encore de vrais indiens, ce qui a été moins évident dans d’autres films suivants.
Ensuite, le film qui présente autant de chapitres légendés que d’étapes dans la conquête de l’Ouest sauvage (une réminiscence aussi peut-être des panneaux des films muets ?) est impressionnant dans le réalisme des scènes extérieures, que l’on jugerait tournées en décor naturel. C’est cela dit sûrement vrai pour certaines, criantes de vérité, comme la descente des chariots le long des falaises, avec un système de poulies, et celle, plus violente, de la traversée d’une rivière grondante, sous un orage. Là aussi, si l’on cite souvent La Ruée vers l’or de Chaplin (1925) comme un exemple d’effets réussis pour l’époque, il faut noter ici les grands angles impressionnant utilisés qui offrent une vision détaillée de l’action, et l’interprétation tout en effort des acteurs et des animaux qui permettent de se demander sincèrement si c’est seulement des sauts d’eau que l’on leur jette dessus, et s’ils marchent uniquement sur des tapis roulants en studio plutôt que dans de la vraie boue.

En dernier point, la mise en scène aux acteurs remarquables a le mérite de ne jamais tomber dans le piège du manichéisme à outrance propre à ce genre de projet, et son aspect quasi-documentaire sur la dure accession de ces pionniers à la « terre promise » en fait un témoignage saisissant.
Quant à la fin, là encore en « vrai-faux » décor naturel (sous les sapins et la neige tombante) elle possède des qualités esthétiques remarquables et impressionnantes (dans le sens de la trace qu’elles laissent sur notre iris), et la dernière image de ce grand arbre qui s’élance vers le ciel résonnera peut-être d’une manière toute particulière pour ceux qui ont vu le dernier film de Terence Malik : « Le nouveau monde » cette année. (Un hommage du jeune réalisateur ?)
Bref : un western incontournable, et une pièce maîtresse du genre.

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17.07.2006

Tyger !!

medium_top.2.jpgUn chef d'oeuvre d'animation espagnol découvert par SpiceFrançois !!
allez le voir sur :
Tyger

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03.06.2006

V ...for freedom ! (suite et fin)


>L'épisode 5 (sur 7) de la première traduction française (en1989-90)

Je reviens donc sur le film et la BD.

Cette adaptation des frères Wachowsky (Matrix) et d'après moi réussie. On la classera parmi les bonnes surprises de ces dernières années, au même rang que le From Hell (déjà adapté d'un roman graphique d'Alan Moore), Ghost World (adapté de D. Clowes), Spider-man I et II, et dans une moindre mesure Hellboy(Mignola).
Mais...

On est assez proche de l'univers décrit par l'auteur dans son récit feuilletonnesque publié de 1982 à 84 en angleterre dans la revue Warrior puis traduit en France dés Janvier 1989 chez Zenda. 7 volumes ont paru jusqu'en janvier 1990.
L'ambiance trés spéciale dessinée par David Lloyd qui avait pu (et peut toujours) troubler le lecteur non averti, avec son trait fin, évasé, et ses couleurs “dégueuli“ est retranscrit d'une manière plus claire sur grand écran. Cela n'empêche cependant pas de ressentir le malaise d'origine. Peut-être un peu moins fortement, mais l'on gagne en visibilité.
Ce scénario qui s'adressait déjà à un public particulier continue à attirer une tranche de la population “avertie“, à la fois par son propos politique, et par sa communication restreinte, bien que provenant d'une adaptation comic. On n'est évidemment pas chez Marvel, mais quand même chez son concurrent DC (Superman, Batman...) sauf que c'est sur le label adulte “Vertigo“ qu'ont été publié les comics aux USA de 1988 à 89. Comme quoi il ne suffit pas d'être une BD culte...

La réussite provient donc en grande partie du respect de la froideur du propos, et surtout de la modernité du scénario, que l'on pourra qualifier “d'avant-gardiste“. Un sujet qui pouvait étonner en 1990 n'étonne plus dans une époque post-11 Septembre. Le film a d'ailleurs du essuyer quelque censure en Grande Bretagne suite aux attentats du 7 Juillet 2005 à Londres et sa sortie a été reportée.
Dans un contexte européen (Madrid : 11 Mars 2004) et international (New-York : 11 Septembre 2001) menacé par le terrorisme, il fallait oser sortir le film dans ces conditions. On peut justement se demander dans quelle mesure l'équipe du film a pu suivre à la lettre le scénario et le ton originaux.

C'est peut-être un élément de réponse quant au fait que le nom d'Alan Moore n'apparaisse pas au générique. C'est un choix de l'auteur. Il se trouve que monsieur Moore trouve que Warner Bros et les frères Wachowsky ont quelque peu adapté à la sauce américaine l'univers anglais de l'histoire, et même si cela est vrai, (cf “Comicbookressource“) il n'en reste pas moins qu'il faut se lever tôt pour remarquer les détails. On respectera donc ses raisons, qui venant d'un esprit aussi étrange et fécond ne nous surprennent plus.

...La fin justifie...

Un bémol de cette adaptation plutôt séduisante se situe néanmoins dans une scène tendancieuse : la jeune journaliste est enlevée par son protecteur (V) sous couvert d'une attaque des forces de l'ordre (“le Doigt“) et sequestrée puis soumise à une simulation d'emprisonnement, d'interrogatoire et ...de torture. C'est le passage le plus difficcile à intégrer, car on nous fait entendre par cet acte méprisable que la Fin justifierait les moyens.
La jeune femme ressort traumatisée évidemment de cette épreuve, surtout lorsqu'elle comprend le stratagème, qui consistait à lui faire perdre tout espoir et à affirmer sa volonté de combattre le“Mal“, mais néanmoins affermie et amoureuse de son “geollier“.
Je ne suis plus certain de me souvenir du degré de traitement de ce passage dans le récit originel, qui peut, et c'est mon cas, à la fois faire perdre pied sur la réelle motivation du message d'Alan Moore, ou bien au contraire, renforcer la sympathie pour l'auteur en le remerciant pour cette froideur et cette objectivité dans l'explication de tels évènements.

Il est donc temps de se reporter (bien entendu) très utilement à la bande dessinée originale, et en l'occurence, à l'intégrale de ce chef-d'oeuvre contemporain publiée en français chez Delcourt.

(l'intégrale chez Delcourt)

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30.05.2006

V, for “Freedom“ !! (not in our name !)



Vu (enfin !) hier au soir l'adaptation cinéma de la célèbre bande dessinée d'Alan Moore et David Lloyd.
...Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce film est d'une actualité brûlante.

Je reviendrai dés ce week-end sur les condition de la réussite de cette adaptation filmée, (même si des idées peuvent être jugées tendancieuses, je le reconnais) et la forme papier de ce chef d'oeuvre, mais dores et déjà, je souhaitais le mettre en parallèle avec “Quand l'Amérique doute“, l'émission diffusée ce soir sur Arte, relatif au problême douloureux et réel de la guerre en Irak, et de la lente agonie de la démocratie aux Etats unis, car c'est quand même un peu de cela que ça cause.

Dans le 2eme reportage de cette émission qui sera rediffusée, Saul Williams chante Not in our name, the pledge of resistance“. C'est un chant de ralliement et un site pour tout ceux qui ne veulent plus se laisser berner par les médias tout puissants.

“La condition de la démocratie, c'est une vigilence perpétuelle“


Ce sera la phrase à méditer, de l'un des interviewés qui citait lui même Thomas Jefferson, avant de conclure momentanément cette note.

23:05 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

22.05.2006

Klimt : il parle chinois ! (ou : la petite fille sous la neige)


Raoul Ruiz n'est pas à proprement parler un cinéaste populaire. Ces précédents films, même s'ils ont obtenus quelques succès se classent plutôt dans la catégorie “films d'auteur“. Autant dire que la psychologie est souvent à l'étude dans ses scénarios.
Né en 1941 au Chili, ce dissident socialiste au régime dictatorial de 1973 voit vraiment décoller sa carrière en arrivant en Europe. On pourra citer : Généalogie d'un crime, Le Temps retrouvé, La Comédie de l'innocence, Les Ames fortes, Ce jour là ... parmis ses films les plus connnus içi. Il a ses acteurs habitués en France et a déjà fait jouer quelques grands noms familiers, dont Bernard Giraudeau, Catherine Deneuve, Melvin Poupaut, François Cluzet, Isabelle Huppert, Charles Berling, Gregoire Colin... autant dire le gotha du cinéma hexagonal..

John Malkovich a déjà tourné deux fois sous sa direction : (Les Ames fortes et Le Temps retrouvé), et le réalisateur a déjà décrit l'univers pictural, au moins dans “L'Hypothèse du tableau volé“ (1978).

Ce qui fait la particularité de ce dernier film, pour l'un et pour l'autre, pour ne pas dire sa réussite, c'est sa faculté à nous emmener dans un univers à la fois attachant et dérangeant.
Car “Klimt“ est avant tout un artiste dont chacun a au moins vu une fois un tableau. “Le baiser“ est par exemple l'une de ses oeuvres les plus connue, et le charme qui se dégage de cette peinture, avec cette sensation de plénitude et de volupté, le tout baigné dans des couleurs douces, quoique rehaussées d'une surenchère de feuilles dorées ne permet pas de se faire une idée autre que sympathique à l'égard de l'artiste.
Fort de cet appriori, on part confiant au cinéma pour se régaler, à l'instar de “La jeune fille à la perle“ d'une heure trente de film consacrée à un peintre adoré. ... Et c'est là que Raoul Ruiz intervient.

Dans sa façon de privilégier la psychologie défaillante du (et des) personnage(s), de traiter du milieu artistique, littéraire et philosophique décadent viennois du tout début XXème, tout en n'entrant jamais dans la description précise des antagonistes, et en décidant de nous montrer d'entrée de jeu un Klimt mourrant à l'hôpital, Raoul Ruiz fait le choix du difficile. Difficile mais séduisant.
Car Vienne souffre de trop. Trop de philosophes intervenant à tort et à travers dans les nombreux bars qui parsèment la capitale, trop d'alcool, trop de femmes faciles aussi (les nombreux modèles du peintre, dont il abuse apparemment puisqu'il a autant d'enfants que de compagnes), les prostitués, nombreues aussi, ...trop de bagarres dans les ruelles...
Trop d'halluciations, puisque Klimt semble souffrir d'un mal étrange qui le ronge de plus en plus, sans que l'on sache vraiment quoi. (la syphillis apprend t-on ensuite)

Ce “trop“ dont souffre finalement l'artiste, on arrive à le ressentir, via ses visions de plus en plus étranges, ce labyrinthe des passions, passions toujours axées autour d'une femme (“la vrai Léa“), jusqu'au tourni, ... jusqu'à la mort. Tout comme le malaise que l'on ressent, à la vue du drôle mais élégant Egon Schiele, le jeune élève au chevet du “maître“, pris lui aussi dans la spirale de la folie. D'ailleurs cet hôpital, où l'un accompagne l'autre pour ses dernières heures, et qui ouvre le film, est peuplé de fous.

Les flashbacks et les constantes apparitions d'un fantôme insistant en la personne du ministre des “affaires“ culturelles, puis des finances... joyeux polichinel, maître du jeu de l'oie consistant à (re)trouver la belle Léa, ne font rien pour arranger l'état du patient et du spectateur.
Ce tourni (cette valse de Vienne oserais-je dire ?) est volontaire. Raoul Ruiz nous entraine avec son personnage dans sa déchéance, dans son abandon vers la folie. Ne prétant finalement que peu d'intérêt à l'acte de création même, (une ou deux petites scènes consacrées à l'artiste dans son atelier en train de disposer des feuilles dorées; et encore, sa maitresse claque la porte, faisant tout envoler. Puis l'exposition universelle de 1900 à Paris, où les grandes toiles peu goûtées par un public gardant son chapeau sont en fin de compte volées par l'artiste lui-même...qui est en fin de compte obligé de les vendre toutes à la grande bourgeoisie locale, qui se refait Sa petite expo). ...Puisque la création se fait “en direct" pense t'on, lors de ces ballades nocturnes fantasmagoriques, dans des lieux aux repères de moins en moins évidents.
(une cage dans un bordel, une ruelle où l'on se bat, un intérieur habité par un vieux fou pédéraste, son fils se prenant pour un Mozart moderne... et des pièces à miroirs sans teint..., beaucoup de miroirs renvoyant autre chose que la réalité). Et enfin cette pièce presque vide, où la neige tombe... et cette petite fille qui attend, à l'encognure d' une des deux portes ouvertes sur ... rien ?
Klimt choisi de ressortir par celle par laquelle il était entré.

Mais c'est déjà trop tard... Et l'on a compris que ce peintre, que l'on croyait si heureux, si joyeux, puisqu'exprimant la volupté et la douceur dans ses toiles, n'est rien qu'un pauvre monsieur, un de plus, qui s'ajoute à la liste déjà longue des autres peintres que l'on aime, et qui n'a reçu que mépris de son vivant, n'ayant été finalement collectionné que pour sa “Décadence“ (vue comme branchée) de l'époque.
...Triste, dur...
mais Beau.

Le lien vers filmdeculte (déjà !!)
et vers quelques toiles du maître

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27.01.2006

Peur(s) du noir

A Angoulème cette année, il faut aller voir l'exposition consacrée au projet de film d'animation “Peurs du noir“ ou 11 dessinateurs travaillent sur le sujet. (Blutch, Charles Burns, Marie Caillou, Pierre di Sciullo, Dupuy & Berberian, Jerry Kramski, Lorenzo Mattotti, Richard McGuire, Michel Pirus et Romain Slocombe), sous la directon artistique d'Etienne Robial. (Plus d'extraits de ses oeuvres en Flash sur le site de la galerie Anatome de Paris qui lui avait consacrée une belle expo fin 2000).
Comme tout ces auteurs sont intéressants et le projet excitant, je vous invite à vous rendre sur le site du producteur, “Prima linea“, pour voir la mise en bouche, qui sera normalement alimentée chaque semaine.


Un peu plus d'infos sur le site trés sympa : Toutenbd.com.

10:40 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

10.01.2006

“Big Country“ (quel sorte de pays est-ce donc ??)


Vu hier au soir en DVD ce superbe film de William Wyler, de : 1958 !!
(vous allez bientôt comprendre les points d'exclamation)
Qui ???
...William Wyler !!, le réalisateur de Ben Hur, ou Vacances romaines... pour ne citer que deux de ses films les plus connus.
Aaaah ... d'accooord !....

Les Grands espaces, le titre français, est donc un western de 2 H 35 (ouf !) qui résonne bizarrement à mes mirettes encore pas tout à fait remises du “Bowling for Columbine“ de Michael Moore.
Comprenez : un western qui ferait l'apologie de l'auto-défense et des armes à feu, et de surcroit avec dans l'un des rôles principaux Charlton Heston (tout jeune), l'actuel president de la NRA, (“National rifle association“, le plus puissant groupe contemporain de défense des armes à feu d'Amérique . Heston a entre autre décrit le second amendement des Etats-unis : le droit de posséder une arme, comme la première liberté des citoyens d 'Amérique), cela fait comme un écho, quelque 47 ans après !!!

En fait, ce trés bon film qui dénonce plutôt ces travers situe le scénario au Texas, dans les Grands espaces où 3 propriétaires terriens s'affrontent pour une rivière où viennent boire leurs vaches.

Dans les rôles principaux, en plus du sus-nommé Heston, qui joue le rôle de Jess, le contremaître du méchant proprio, : Gregory Peck, Jean Simmons, Carroll Baker, et Burl Ive. Que du beau linge que Wyler à d'ailleurs l'habitude de faire tourner, mise à part peut-être Jean Simmons, dont il a préféré semble t'il sur d'autres fims (Vacances romaines, La Rumeur... ) son sosie tout aussi mignon : la belle Audrey Hepburn.
Bref, d'un côté un proprio à la main lourde et aux idée courtes qui collectionne les belle armes à feu, organise des bals dans sa belle demeure, perdue au milieu de nulle part, et lance des expéditions punitives contre ceux qui osent s'avanturer sur son ranch, surtout si sa fille (Carol Baker, la blonde à papa) est molestée; et de l'autre : les Hannassey, la famille plus “rustique“ on dira, qui cherche depuis des années à racheter le troisième ranch indépendant où coule l'unique rivière du pays. (celui de Jean Simmons, belle brunettte)
Entre les 2 (trois ?) : Gregory Peck, grand garçon venu de Baltimore, donc de l'Est, ex capitaine marin au long cours qui vient rejoindre pour le mariage la fille du premier proprio.
Peck joue un homme de valeurs, et d'une humilité exaspérante, qui va se heurter aux coutumes quelque peu sauvages et machistes de nos rancheros.

Le sens du détail du réalisateur, sur certaines scènes, ajouté à une beauté toute zen sur certaines autres (voir le duel aux poings de Heston contre Peck filmé de loin, en contre-jour, et en temps réel; ou bien son départ pour un ranch perdu au milieu de nulle part, la carte à la main...) et à des dialogues parfaitement adaptés au message que le réalisateur veut faire passer, donne au final un western peu commun, que je ne serais pas le premier à qualifier de Chef-d'oeuvre (“méconnu“).

Pour conclure, c'est la fin du film assez pessimiste quant à l'avenir (là, je ne vous dirait pas ce qu'il advient) qui me laisse perplexe lorsque l'on voit la situation actuelle et le débat sur le sujet abordé par Michael Moore dans “Bowling...“.
Bref, “Big country“ (quel pays ?, le Texas seulement ?, ou tous les Etats-unis ?) est un film d'une étonnante modernité, que je ne saurais que trop vous encourager à voir sans attendre.

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03.01.2006

Le petit arpent du bon dieu


C'est un film qui a été édité recemment dans la collection “Introuvables“ de chez Wild side vidéo. Edition double DVD avec une version cinéma et la version non censurée filmée par le réalisateur, Anthony Mann en l'occurence.
Ce petit bijou introuvable donc date de 1958. C'est une adaptation du roman sulfureux d'Erskine Caldwell. Un livre déjà appellé “le roman le plus vendu au monde“, qui émoustillait les générations successives depuis sa parution en 1933.

Ty Ty Warden est un fermier du sud sans le sou qui recherche depuis 15 ans un trésor qui aurait été laissé par son grand-père dans son terrain avant de mourir. Il passe ses journées à creuser des trous avec deux de ses fils, pas bien futés, tandis que sa dernière fille, la petite garce Darling Jill drague honteusement le gros plein de soupe du coin, ami de la famille et shérif en devenir. Rosamond, l'ainée, vit dans la vallée avec Will, ouvrier dans une filature moribonde qui vient de fermer ses portes . Justement, Will n'a qu'un fantasme à part celui de remettre le courant dans l'usine, ca serait de “rebrancher“ aussi à nouveau Griselda, la cadette, la brave fille pulpeuse de la maison, qu'il a connu jadis. (Griselda interprétée par Tina Louise, à l'érotisme volcanique).
Autour de ce “trésor“ et de Griselda, les convoitises s'aiguisent, et les tensions montent...

Parabole autour du fantasme de la richesse facile, “God 's little acre“ dépeint une famille guidée par un patriarche a caractère (Robert Ryan) où le message de folie délivré de prime abord s'avère être une belle ôde à la vie, au pardon et à l'humilité. Ne sont pas les plus fous ceux auquels on croit. Ce pamphlet est néanmoins filmé avec un noir et blanc de toute beauté et inclus des scènes d'un érotisme palpable, qui rend apparemment parrfaitement hommage au livre de Caldwell. (l'humour est aussi trés présent, comme ce passage ou Ty Ty va litteralement enlever un jeune désoeuvré albinos, vivant dans les marais, afin de lui faire trouver Le trou à l'aide d'une baguette de sourcier).
Les deux versions permettent également de se faire une idée de la censure de l'époque, et offrent deux fins diffférentes, ...celle la moins naïve ayant été censurée, evidemment !
Un régal à bien des égards !!

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20.12.2005

Pendant King-Kong...la chasse continue !



Longtemps éclipsé par l'ombre du grand singe, “Zaroff“, produit quasi la même année que King Kong par Merian C. Copper et Ernest B. Schoedsack pour RKO (1932) est aujourd'hui l'objet d'un culte fervent. Car dans son île des caraibes, le trés distingué comte Zaroff règne en maître absolu. Sa distraction favorite : la chasse à l'homme. Gare aux bateaux qui s'échouent !

23:55 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

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