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Derniers grands travaux avant l'inauguration
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La grande porterie

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La petite porterie
Les porteries : Leur style chalet est un peu anachronique dans le cadre d'un jardin à l'anglaise. Pour chaque corps d'état, il apparaît que les matériaux de récupération sont utilisés de façon importante (retaille et pose de 42 vieilles marches, pierres de tuffeau retaillées : 50 % du total, vieilles charpentes réemployées).

La construction des 2 bâtiments a fait l'objet d'une adjudication obtenue par le Sieur Rabet. Le marché précise que "l'entrepreneur ne devra employer que des ouvriers intelligents et probes". Sans qu'il y ait de relation de cause à effet, les travaux se déroulent dans de mauvaises conditions, retards, malfaçons, à tel point que le Sieur Rabet (!) est dessaisi de son marché. Les travaux sont finis à ses frais par un autre entrepreneur travaillant en régie. Le chantier étant suivi directement par Ecorchard et Boyer, architecte libéral, Driollet ne manque pas de souligner ces diverses péripéties et critique le déroulement des travaux.

Si la grande porterie existe encore, la petite porterie a été démolie après la guerre de 14-18. Son souvenir persiste à travers une anecdote montrant que la publicité s'implantait déjà n'importe où, au risque de nuire à la qualité d'un site. Encore les afficheurs savaient-ils faire preuve d'un certain humour puisqu'il s'agissait d'une réclame pour les magasins de la Belle Jardinière.

Le grand bassin : Il est creusé dans un sous-sol rocheux et les déblais extraits permettent de compléter la "montagne". Afin d'assurer l'étanchéité, on tapisse le fond et les bords d'argile soigneusement damée. Ce matériau est récupéré au lieu-dit le Pré Bertrand sur le site de la future manufacture des tabacs.

Grotte, ponts et rocailles : Ces constructions sont réalisées par les jardiniers municipaux. La pierre utilisée, une sorte de quartz blanchâtre, provient de la Lande du Gros Caillou. Les blocs sont payés 50 centimes le mètre cube à la commune du Bignon.

Portail et clôtures : Le portail monumental est démonté pour être replacé dans l'axe de la rue du Lycée nouvellement tracée. Côté Boulevard Sébastopol (futur Boulevard Stalingrad), la clôture est constituée d'un muret de pierres surmonté d'une grille portée par des colonnettes de fonte.

Au cours des derniers mois précédant l'inauguration du Jardin, Ecorchard multiplie les achats de plantes aussi bien auprès des pépiniéristes angevins, André Leroy et Chautain notamment, que des horticulteurs locaux : Lizé, Lebatard, Pouplard, Ménoreau, Lalande, Tessier, Bézier, Lefièvre, Nerrière, etc ... On est frappé autant par le nombre des établissements existant à cette époque que par la richesse de leur catalogue (pinus monticola, quercus mongolica, quercus glauca, podocarpus, taxodium fastigiatum, ilex paraguariensis, etc ...). Ces acquisitions sont complétées le 30 Juin 1859 par 31 orangers, don de Monsieur Oswald Siffait, plus connu par le parc fantastique qu'il a réalisé sur les côteaux des bords de Loire au Cellier.

Inauguration du Jardin des Plantes

Cet évènement est en fait considéré comme une réouverture ainsi qu'en témoignent les affiches de l'époque.

Les chroniqueurs relatent longuement cette solennité : "l'inauguration du Jardin de Nantes a eu lieu hier par un temps magnifique ; on e–t dit que le soleil voulait nous consoler de la température inclémente de l'été 1860 éclairant la belle promenade dont les portes s'ouvraient enfin devant une foule impatiente et curieuse".

Dans une tente dressée au coeur du jardin, les autorités de la ville et du département écoutent les discours : celui du maire Ferdinand Favre et bien sûr celui d'Ecorchard. Après avoir rappelé la longue histoire et les péripéties de cette oeuvre à laquelle il a tant donné, l'incorrigible docteur ne peut s'empêcher de régler quelques comptes avec ceux qui, au cours de ces années, ont entravé son action et il termine par une envolée à la gloire de ce qu'on appelle maintenant les espaces verts.

La cérémonie se termine par la lecture d'un poème de Melle Elisa Morin dédié à Flore et à Iris, puis par un concert donné par la fanfare du 76ème et celle des pompiers.

Mais, mieux qu'un long discours, le plus bel hommage rendu à Ecorchard le sera par le public. Plus de 10.000 visiteurs ce jour-là découvriront le jardin.

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