LA VILLA GRECQUE KÉRYLOS
 
Sommaire patrimoine
Histoire
Monument remarquable
Inspiré de l'antique
Grande richesse décorative
Galerie des antiques
Un jardin sur la mer
  VILLA GRECQUE KÉRYLOS, 06310 BEAULIEU-SUR-MER
     
 
 
Exposition
Voyage autour de la
Méditerranée antique...
Les illustrations de
Jean-Claude Golvin

prolongation jusqu'au
28 février 2007

Adresse 


Villa grecque Kérylos
06310 Beaulieu-sur-Mer
Tél. : 04 93 01 01 44
Fax : 04 93 01 31 10
Courriel : message@villa-
ephrussi.com



Tarifs
- adultes 8 euros
- groupes (sur réservation) 6 euros
- enfants de plus de sept ans, étudiants, chômeurs 6 euros
- groupes scolaires 3,5 euros

- offre famille : une entrée enfant gratuite pour 3 personnes payantes de la même famille
- billet combiné (villas Kérylos et Ephrussi) 14,5 euros (adultes) et 10 euros (réduits)
 
Nés d'un songe, la villa Kérylos et son jardin, au pied duquel viennent battre les flots de la Méditerranée, constituent un véritable hommage à l'héritage hellénique et aux esprits qui, pour les Anciens, peuplaient la terre et les eaux.
Pour agrandir
Balcons, pergolas et jeu des étages font le décor extérieur de la villa.
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Horaires d'ouverture
Du 2 janvier au 10 février :
semaine de 14 h à 18 h,
week-end de 10 h et 18 h.
Du 11 février au 5 novembre :
de 10 h à 18 h (19 h en juillet et août).
Du 6 novembre au 1er janvier 2007 :
en semaine de 14 h à 18 h ;
les week-ends et vacances scolaires ;

de 10 h à 18 h.

     
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  Né de la rencontre
de deux passionnés
 
Le péristyle et son laurier rose.
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Sur un promontoire rocheux s'agrippent des pins tordus par le vent, des cyprès et des oliviers plusieurs fois centenaires. C'est là, sur la pointe des Fourmis, à Beaulieu-sur-Mer, près de Nice, qu'au début du siècle, l'helléniste Théodore Reinach – musicographe, archéologue et numismate – décida, en faisant appel au talent de l'architecte Emmanuel Pontremoli, son confrère à l'Institut de France – membre de l'Académie des beaux-arts et grand prix de Rome en 1890 – de réaliser un chef-d'œuvre, la villa Kérylos. Témoignage néo-grec de l'architecture de la Belle Époque sur la Côte d'Azur, la villa Kérylos, édifiée de 1902 à 1908, se présente comme une élégante construction blanche, rehaussée de toitures en terrasses garnies de pergolas colorées. Léguée à l'Institut de France en 1928, cette demeure est une reconstitution historique évocatrice de l'art de vivre des anciens Hellènes. Son implantation, son ordonnancement, l'érudition qui a présidé à sa conception, à sa décoration et à son ameublement en font un joyau architectural de la culture méditerranéenne avec son décor raffiné reproduction – d'œuvres d'art, mobilier, étoffes, fresques, mosaïques. Son nom désigne l'alcyon (l'hirondelle de mer), dont la rencontre était, dans la mythologie, un présage heureux.
     
     
La villa sur fond
de falaise d'Éze.
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La villa Kérylos n'est pas un pastiche, mais une réinterprétation, une réinvention de la Grèce. L'architecte Emmanuel Pontremoli a fait preuve d'une grande liberté et d'un subtil esprit d'adaptation, combinant le raffinement, la rigueur archéologique et le confort qui répond aux exigences de la vie moderne. Le modèle architectural choisi fut celui des nobles maisons de l'île de Délos des IIe et Ier siècles avant Jésus-Christ. Après avoir traversé l'entrée (Thyrôreion), le visiteur découvre que la villa s'organise autour d'un patio, ou péristyle, qui laisse entrer la lumière et permet d'accéder à toutes les pièces de la maison au rez-de-chaussée. Sur la gauche se trouvent les thermes (Balnéion) avec un bassin de marbre et une absidiole ornée de mosaïques.

À droite, on entre dans les pièces de réception donnant sur la mer : la bibliothèque d'imposantes dimensions, la salle des banquets de plan octogonal (Triklinos), le grand salon (Andron), le petit salon (Oïkos).
La chambre de Mme Reinach,
« les oiseaux ».
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Par le vestibule (Amphityros), on atteint l'étage, qui s'ouvre sur les appartements des maîtres de maison : Érotès, « les amours », la chambre au décor rouge pompéien de Théodore Reinach, et Ornitès, « les oiseaux », la chambre bleue de son épouse, dédiée à Héra. Les deux chambres sont pourvues chacune d'une salle de bain à baignoire monolithique en marbre, séparées l'une de l'autre par un petit salon, le Triptolème, qui tient son nom de la mosaïque dont le motif central représente le héros d'Eleusis, sur son char.

     
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  Une grande richesse
décorative inspirée
de l'antique
 
Salle à manger ou « triklinos ».
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Les motifs de fresques peintes sur les parois et ceux des mosaïques qui couvrent les murs, tout comme le dessin des meubles ou les thèmes des tentures et des étoffes, sont inspirés directement de documents antiques : les scènes de vases célèbres se reconnaissent au long des murs illustrant les grandes légendes des dieux et des héros classiques. De façon fastueuse, les matériaux les plus rares ont été utilisés : stucs délicats, marbres veinés aux tons variés : mauve ou gris, de Carrare ou de Sienne, opale, albâtre. Les peintres décorateurs Jaulmes et Karbowsky ont, pour illustrer les scènes choisies par Théodore Reinach, retrouvé les méthodes des anciens en travaillant sur mortier frais et enduit de poudre de marbre, à l'encaustique.
L'Emblêma,
mosaïque à
l'entrée de la villa.
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Le visiteur assiste à la mort de Talos après la conquête de la Toison d'or, au retour d'Héphaïstos dans l'Olympe, aux principaux épisodes de la légende de Pélops et de la vie d'Apollon, scènes variées auxquelles se mêlent des palmettes, des éros et des colombes batifolant, des motifs conchyliologiques évoquant les liens indéfectibles entre la civilisation grecque et le monde marin, sur fond blanc, ocre jaune ou rouge pompéien. Copies d'antiques (serpent et sphinx en bronze, protecteurs du foyer, moulages d'une statue de Sophocle du Latran ou de l'Athena Lemnia du musée de Dresde), mosaïques aux multiples motifs et revêtements muraux de marbre, colonnes en marbre tigré ou cannelées, bas-reliefs en stuc exécutés par le sculpteur Jean-Paul-Baptiste Gasq ornant les salles de bain ou l'Oïkos, illustrant la légende de Dionysos, tous ces détails sont autant de symboles révélateurs de l'esprit des lieux : Xaipe (« Réjouis-toi ») est le seul mot d'ordre donné au visiteur de la villa Kérylos.
     
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  Un palais grec au
confort moderne
 
Grand salon ou « andron ».
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Selon les vœux de Théodore Reinach, le confort fut une grande préoccupation de l'architecte, qui sut marier habilement ornementation et fonctionnalisme. Les étoffes, les rideaux et les coussins brodés furent confectionnés par la maison Écochard. Lustres d'inspiration byzantine, torchères de bronze aux godets d'opaline et coupes d'albâtre, composées sur le modèle des lampes à huile antiques, ont été discrètement électrifiés et diffusent une lueur chaude. Spécialement créés pour la villa Kérylos par les ateliers Lenoble, les objets usuels (pots, vases) et le service de table (vaisselle en grès, couverts en argent et verrerie), dont il subsiste quelques éléments, témoignent d'un grand raffinement et allient la solidité technique et la pureté des lignes grecques. L'un des aspects les plus remarquables de la villa reste sans doute son mobilier, unique et prestigieux, réalisé par l'ébéniste Bettenfeld sur les dessins de Pontremoli. La variété des essences précieuses (prunier d'Australie, bois d'angélique, noyer d'Amérique, citronnier, poirier), la délicatesse des incrustations d'ivoire ou des tressages de cuir, contribuent pour une grande part à l'originalité du projet. Inspirés de l'Antique, bahuts, coffrets, lits de bois et de bronze, chaises à l'égyptienne et pupitres, tabourets tressés de cuir, tables à trois pieds ou encore siège de magistrat romain et piano néo-grec conçu par Pleyel évoquent aussi, à bien des égards, les réalisations de la Sécession viennoise, « art nouveau », qui bouleversèrent les arts décoratifs à la même époque.
     
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  La galerie des
antiques :
un musée imaginaire
 
Galerie des antiques,
l'Apollon du Belvédère
et le Discobole.
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Aménagée sur l'ancien chemin des douaniers qui passe sous la villa, une galerie d'exposition s'étend au niveau de la mer, sur 70 mètres de longueur. Y sont désormais présentés les moulages des statues antiques les plus renommées de l'histoire du goût européen, comme l'Apollon du Belvédère, dont les originaux sont conservés à Rome, à Florence, à Naples et au musée du Louvre. L'adéquation entre le lieu et les statues fait de cette galerie un musée idéal de la plastique antique et un lieu d'exposition.
     
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  Un jardin,
écrin sur la mer
 
Dans le jardin face à la mer,
la Danseuse d'Herculanum.
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Au-dessus de la mer, un jardin d'agrément de 2000 m2 entoure la villa. Comme autrefois en Grèce, arbres fruitiers et plantes à fleurs se mêlent à la végétation d'origine, préservée lors de la construction : olivier, vigne, pin, cyprès, grenadier, caroubier, cognassier, arbousier, églantier et rosier moderne, laurier et laurier rose, iris, palmier, papyrus, acanthe, myrte, petit houx, buis... Des panneaux sur la symbolique des plantes renseignent le visiteur.

À l'entrée du jardin, on peut découvrir un exèdre dont les parois sont constituées de bandeaux de fresques provenant de Boscoreale avec un décor de guirlandes de fleurs et de fruits, du IIe siècle avant Jésus-Christ. Un hermès de marbre, supportant une statue en bronze de la poétesse Sapho, marque le début de l'allée principale qui conduit à la maison. Sur le front de mer devant la façade sud, sont érigées deux statues du sculpteur Costas Dimitridis (1883-1943) : un buste de femme en marbre blanc, copie fidèle d'un original exposé à la National Gallery de Londres, et une reproduction du Discobole, commandée à l'artiste pour les Jeux olympiques de Paris en 1924. Enfin, en contournant la villa, le visiteur peut s'attarder devant la reproduction, découverte à Herculanum, d'un bronze du Péloponnèse du Ve siècle avant Jésus-Christ, représentant sans doute une danseuse.