Ciné & Spectacle //

L'Express du 07/09/2006

Versailles en grande toilette

par Michèle Leloup

Dans la galerie des Glaces, les œuvres de Le Brun ont aujourd'hui retrouvé leurs couleurs, les ors, leur chaleur, les marbres, leur poli... Le début d'une restauration à 12 millions d'euros

'an dernier, tandis que Sofia Coppola tournait, la nuit, Marie-Antoinette dans la galerie des Glaces, les travaux d'embellissement de ce lieu d'apparat se poursuivaient, le jour, derrière des échafaudages masqués par d'immenses miroirs. Si cet astucieux habillage a singulièrement facilité la vie des techniciens du film, l'effet en trompe-l'œil plaît beaucoup aux visiteurs - 4,5 millions en 2005 - qui continuent d'admirer le chef-d'œuvre de l'architecte Jules Hardouin-Mansart. C'est la première fois que la pièce maîtresse du château de Versailles est entièrement remise en état. Le dernier grand toilettage, en 1950, avait été financé par des fonds américains. Cette fois, le groupe français Vinci paie l'addition: 12 millions d'euros.

«Une belle restauration est celle qui ne se voit pas»

D'ici mars 2007, ce décor majestueux, souvent copié dans toute l'Europe, aura recouvré son jus. Pour l'heure, seule la partie nord est restaurée, soit 11 toiles marouflées dans cette voûte de 1 000 mètres carrés, tel Le Passage du Rhin en présence des ennemis (1672) ou Le roi prend Maestricht en treize jours (1673), de Charles Le Brun, symboles des premières années du règne de Louis XIV. Ces œuvres monumentales ont retrouvé leur polychromie et leur aspect mat d'origine. «Il y a aujourd'hui davantage d'humilité chez les restaurateurs et un désir de revenir à la palette de Le Brun», note Christine Albanel, présidente de l'Etablissement public du musée et du domaine de Versailles. «Une belle restauration est une restauration qui ne se voit pas», souligne encore Cinzia Pasquali, coordinatrice de l'équipe de 60 artistes - peintres, sculpteurs, doreurs, miroitiers, bronziers - qui œuvre à la remise en état de ce lieu inscrit au Patrimoine mondial de l'Unesco.

Aujourd'hui, les ors ont retrouvé leurs tons chauds, les marbres des Pyrénées, leur poli, et les plafonds, leur lumière naturelle, grâce à l'ouverture des lucarnes condamnées au XIXe siècle. Mais ce n'est pas tout. Le parquet en chêne de 700 mètres carrés, qui n'avait pas été rénové depuis cinquante ans, a été intégralement remplacé. Et les glaces endommagées ont été remplacées - la galerie en compte 357 dont le coût, à l'unité, avoisinerait aujourd'hui 5 280 €. Reste la touche finale: l'installation dans la corniche de 300 projecteurs braqués sur les 18 lustres en cristal de Bohême. Ceux-là mêmes qui éclairaient le divin minois de Marie-Antoinette.

 

  

 

 

 

 

 

 

Liens utiles

A la Une en ce moment sur Logo LExpress.fr

Les sites du réseau Groupe Express-Expansion : Actualité économique - LExpansion.com | Création d'entreprise - LEntreprise.com | Finance - Votreargent.fr | Décoration - CoteMaison.fr |
Cinéma - StudioMagazine.fr | Orientation - LEtudiant.fr | Classica.fr | Boutique Express-Expansion | Lire.fr | camiondesmots.com | jobrencontres.com |
distrijob.fr | Anous.fr | Cinelive.com | LE VIF.be |
Les sites de nos partenaires : Immobilier avec Explorimmo.com | Cadremploi.fr | Musique avec AOL Femmes avec AOL
mentions légales | contacts | publicité | abonnements | archives | librairie en ligne | copyright