Le combat de Champaubert


La situation demeurait confuse, l’Empereur ne voulait pas brusquer les choses et alerter Blücher. Fain rapporte que Napoléon, étendu sur ses cartes aurait déclaré au Duc de Bassano qui lui présentait des dépêches : « Je battais Blücher de l’œil ; et je le tiens s’il avance par la route de Montmirail : je pars ; je le battrai demain, je le battrai après-demain ; si ce mouvement a le succès qu’il doit avoir, l’état des affaires va entièrement changer (…) » [1]

Il faut attendre le 8 pour apprendre que Yorck se trouve seul près d’Épernay et surtout obtenir un rapport de Macdonald : « Les Russes [Sacken] marchent rapidement par la route de Montmirail. Je hâte ma marche pour couvrir les points importants de passage de Château-Thierry et de La Ferté-sous-Jouarre. »[2] Le 9 au matin, Marmont rapporte : «  J’occupe Pont-Saint-Prix et Baye qui étaient occupés par 5000 hommes d’infanterie ennemie. Un grand parc d’artillerie est arrivé à Champaubert et a continué sur Fromentières. La cavalerie légère que j’avais placée sur la route de La Ferté me rend compte que l’ennemi comme je l’avais prévue s’est porté sur la route de Montmirail…et que la tête de son infanterie y est arrivée aujourd’hui(le 8). »[3]

Les chemins sont complètement défoncés, l’artillerie peine à suivre, mais Napoléon ordonne la concentration de ses troupes à Sézanne et y couche le 9. Arrivé très tard dans cette ville, l’Empereur y apprend que Marmont s’est retiré sur Chapton, au sud du Petit-Morin. Le maréchal écrit à Berthier en concluant que le mouvement sur Champaubert « nous serait funeste demain »[4].

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« Mais, à la voix toute-puissante du maître, toutes ces impossibilités disparaissent, les courages se raniment, le patriotisme s’exalte : les habitants accourent de toutes parts, et malgré la nuit, homme, femmes, chevaux, tout s’attelle ! » [5]



Notes

[1] Fain, p.114.
[2] Rapport de Macdonald, cité par Tranié et Carmigniani, p.93.
[3] Tranié et Carmigniani p.94. Mathieu P. 45 (8 février) Une avant-garde de 150 lanciers, commandée par le colonel Labouret (La Bourraye), du 3
e chevau-légers, est parvenue pourtant à Baye et s’y est logée après avoir chassé 5000(sic) grenadiers (russes du corps de Sacken).
Note personnelle : les chevau-légers ont souvent été confondus avec les lanciers Polonais de la Garde.

[4] Weil, II, p.173 : lettre de Marmont au major-général. Datée du 9 février ?
[5] Ségur, p.66.


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