A Lire sur Placebo

Black Market Music

archive mag octobre 2000
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C'est toujours la même histoire. Pressée d'échapper à la chape de plomb familiale et sociale qui la guette, une bande de jeunes se met à la musique et crée un brûlot néopunk, concentré rageur d'influences (Sonic Youth, The Cure) et d'énergie postadolescente. Une sève dont elle use jusqu'à l'étape effrayante du troisième album. Là, gros doute : faut-il boucler la trilogie ou inverser le sens giratoire ? L'ennui, avec Placebo, c'est qu'il n'a pas su choisir. Symptômatiques d'une formule qui s'écaille, les emplettes à son (bon) marché noir s'avèrent donc parfois peu concluantes. Dans le panier, d'éternelles ballades aquatiques et spleenétiques, étirées au kilomètre (Passive/Agressive, American Blue) ou diptyque médical Haemoglobin et Narcoleptic peu inspiré (rimes plates, guitares guimauves etc...). Mais comme tous les fumistes, Molko et ses Droogs finissent par sauver la mise du naufrage, leurs morceaux azimutés à la mélancolie acide faisant encore mouche sur Days Before You Came, un très pop Special K, ou l'habilement claviérisé Slave To The Wage mention spéciale pour le titre. Côté innovation, le trio se met au sampler en introduction de l'hypnotique Taste In Men, ou au rap (!) tourmenté et moite (Spite & Malice), scandé par Justin "One Inch Punch" Warfield. Pour Placebo, l'heure est aux lendemains de cuite, et il faut compter les dents qui restent. Bilan : les gencives tiennent toujours le coup, mais il serait temps de changer ses plombages.

Estelle Chardac

magazine num 45 article extrait de :
MAGIC RPM #45


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