Notes.

Note_1 Mme de Maintenon, qui en tout genre était une femme fort entendue, excepté dans celui sur lequel elle consultait le trigaud et processif abbé Gobelin, son confesseur; Mme de Maintenon, dis-je, dans une de ses lettres, fait le compte du ménage de son frère et de sa femme, en 1680. Le mari et la femme avaient à payer le loyer d’une maison agréable; leurs domestiques étaient au nombre de dix: ils avaient quatre chevaux et deux cochers, un bon dîner tous les jours. Mme de Maintenon évalue le tout à neuf mille francs par an, et met trois mille livres pour le jeu, les spectacles, les fantaisies, et les magnificences de monsieur et de madame. 
Il faudrait à présent environ quarante mille livres pour mener une telle vie dans Paris: il n’en eût fallu que six mille du temps de Henri IV. Cet exemple prouve assez que le vieux bonhomme ne radote pas absolument. 

— La question doit se réduire à savoir si le produit réel des terres (les frais de culture prélevés) a augmenté ou diminué depuis le temps de Henri IV, ou depuis celui de Louis XIV; et il paraît que l’augmentation est incontestable. La nation est donc réellement plus riche qu’elle ne l’était alors. K.

Note_2 Ce chapitre renferme deux objections contre l’établissement d’un impôt unique: l’une, que si l’impôt était établi sur les terres seules, le citoyen dont le revenu est en contrats en serait exempt; la seconde, que celui qui s’enrichit par le commerce étranger en serait également exempt. Mais, 1° supposons que le propriétaire d’un capital en argent en retire un intérêt de cinq peur cent, et qu’il soit assujetti à un impôt d’un cinquième; il est clair que c’est seulement quatre pour cent qu’il retire: si l’impôt est ôté pour être levé d’une autre manière, il aura cinq pour cent; mais la concurrence entre les prêteurs faisait trouver de l’argent réellement à quatre pour cent quoiqu’on l’appelât à cinq pour cent: la même concurrence fera donc baisser le taux nominal de l’intérêt à quatre pour cent. Supposons encore que l’on ajoute un nouvel impôt sur les terres, tout restant d’ailleurs le même, l’intérêt de l’argent ne changera point; mais si vous mettez une partie de l’impôt sur les capitalistes, il augmentera. Les capitalistes payeront donc l’impôt de même, soit qu’il tombe en partie immédiatement sur eux, soit qu’on les en exempte. A la vérité, dans le cas où l’on changerait en impôt territorial un impôt sur les capitalistes, ceux à qui l’on n’offrirait pas le remboursement de leur capital aliéné à perpétuité, ceux dont le capital n’est aliéné que pour un temps y gagneraient pendant quelques années; mais les propriétaires y gagneraient encore plus par la destruction des abus qu’entraîne toute autre méthode d’imposition. 

— Supposons qu’un négociant paye un droit de sortie pour une marchandise exportée, et que ce droit soit changé en impôt territorial, alors son profit paraîtra augmenter: mais, comme il se contentait d’un moindre profit, la concurrence entre les négociants le fera tomber au même taux, en augmentant à proportion le prix d’achat des denrées exportées. Si, au contraire, payant un droit pour les marchandises importées, ce droit est supprimé, la concurrence fera tomber ces marchandises à proportion; ainsi, dans tous les cas, le profit de ce marchand sera le même, et dans aucun il ne payera réellement l’impôt. (K.) 

Note_3 Il y a ici une équivoque: quand on dit qu’une ligne courbe passe entre le cercle et sa tangente, on entend que cette ligne courbe se trouve entre le cercle et sa tangente au delà du point de contact et en deçà; car, à ce point, elle se confond avec ces deux lignes. Les lignes sont la limite des surfaces, comme les surfaces sont la limite des corps, et ces limites doivent être supposées sans largeur: il n’y a point de charlatanerie là dedans. La mesure de l’étendue abstraite est l’objet de la géométrie; celle des choses existantes en est l’application. (K.) 

Note_4 Ce géomètre est feu M. de Parcieux, de l’Académie des sciences. il a donné l’Essai sur la probabilité de la vie humaine, et un projet pour amener à Paris l’eau de la rivière d’Yvette. C’était un excellent citoyen qui avait du talent pour la mécanique pratique, mais il n’était pas géomètre. Le célèbre Halley s’était occupé avant lui des probabilités de la vie humaine. (K.) 

Note_5 Cela est prouvé par les mémoires des intendants, faits à la fin du xviie siècle, combinés avec le dénombrement par feux, composé en 1753 par ordre de M. le comte d’Argenson, et surtout avec l’ouvrage très exact de M. de Messance, fait sous les yeux de M. l’intendant de La Michaudière, l’un des hommes les plus éclairés. 

Note_6 S’il est question de la vie physique et individuelle de l’homme considéré comme un être doué de raison, ayant des idées, de la mémoire, des affections morales, elle doit commencer avant dix ans. S’il est question de la vie considérée par rapport à la société, on doit la commencer plus tard. D’ailleurs, pour évaluer la durée de la vie prise dans un de ces deux sens, il faudrait prendre une autre méthode: évaluer la durée de la vie réelle par toutes les durées de la vie physique, et en former ensuite une vie mitoyenne; on aurait un résultat différent, mais qui conduirait aux mêmes réflexions. Le temps où la jouissance entière de nos facultés nous permet de prétendre au bonheur, se réduirait toujours à un bien petit nombre d’années. (K) 

Note_7 C’est une plaisanterie. Ceux qui ont dit que la puissance législatrice et exécutrice était copropriétaire de tous les biens, n’ont pas prétendu qu’elle eût le droit d’en prendre la moitié, mais seulement la portion nécessaire pour défendre l’État et le bien gouverner. Il n’y a que l’expression qui soit ridicule. (K.) 

Note_8 Voici deux nouvelles objections contre l’idée de réduire tous les impôts à un seul. Celle des financiers n’est qu’une plaisanterie, puisqu’il n’y aurait plus alors de financiers, mais seulement des hommes chargés, moyennant des appointements modiques, de recevoir les deniers publics. Restent les commerçants, les manufacturiers: mais il est clair que si les objets de leur commerce et de leur industrie n’étaient plus assujettis à aucun droit, leur profit resterait le même, parce qu’ils vendraient meilleur marché ou achèteraient plus cher les matières premières. Ce ne sont point eux qui payent ces impôts, ce sont ceux qui achètent d’eux ou qui leur vendent; et ils continueraient de les payer sous une antre forme. Si c’est au contraire un impôt personnel, une capitation dont on les délivre, il fallait déduire cet impôt, cette capitation de l’intérêt qu’ils tiraient de leurs fonds: ainsi supposons cet intérêt de dix pour cent et cet impôt d’un dixième, ils ne retireraient donc réellement que neuf pour cent; et cet impôt supprimé, la concurrence les obligera bientôt à borner le même intérêt à ces neuf pour cent auxquels elle les avait déjà bornés. Il en est de même de ceux qui vivent de leurs salaires; si vous leur ôtez les impôts personnels, si vous ôtez des droits qui augmentaient pour eux le prix de certaines denrées, leurs salaires baisseront à proportion. (K.) 

Note_9 La question se réduit à savoir s’il vaut mieux thésauriser pendant la paix que d’emprunter pendant la guerre. Le premier parti serait beaucoup plus avantageux dans un pays où la constitution et l’état des lumières permettraient de compter sur un système d’administration de finances indépendant des révolutions du ministère. (K.) 

Note_a
Cette dernière phrase a été supprimée dans les éditions. Je l’ai rétablie, par-ceque je l’ai trouvée dans toutes les éditions depuis 1768 jusques et compris 1775. Voltaire avait déjà parlé du trésor de Henri IV, dans son opuscule inti-tulé: Des embellissements de Paris; voyez les Mélanges, année 1749. B.
 

Note_10 Cela est vrai; mais l’Angleterre est un des pays de l’Europe où l’on trouve le plus de préjugés sur tous les objets de l’administration et du gouvernement. Tout écrivain politique en Angleterre peut prétendre aux places, et rien ne nuit plus dans la recherche de la vérité que d’avoir un intérêt, bien ou mal entendu, de la trouver conforme plutôt à une opinion qu’à une autre. Il est très possible par cette raison, que les lumières aient moins de peine à se répandre dans une monarchie que dans une république; et s’il existe dans les républiques plus d’enthousiasme patriotique, on trouve dans quelques monarchies un patriotisme plus éclairé. 

D’ailleurs l’établissement, d’un impôt unique est une opération qui doit se faire avec lenteur, et qui exige, pour ne causer aucun désordre passager, beaucoup de sagesse dans les mesures. Il faut en effet s’assurer d’abord par quelles espèces de propriétés, par quels cantons chaque espèce d’impôt est réellement payée, et dans quelle proportion chaque espèce de propriétés, chaque canton, ou la totalité de l’État, y contribuent; il faut répartir ensuite dans la même proportion l’impôt qui doit les remplacer. 

Il faut par conséquent avoir un cadastre général de toutes les terres; mais, quelque exactitude qu’on suppose de ce cadastre, quelque sagacité que l’on ait mise dans la distribution de la taxe qui remplace les impôts indirects, il est impossible de ne pas commettre des erreurs très sensibles; il est donc nécessaire de ne faire cette opération que successivement, et il faut de plus être en état de faire un sacrifice momentané d’une partie du revenu public, quoique le résultat de ce changement de forme des impôts puisse être à la fois d’en diminuer le fardeau pour le peuple, et d’augmenter leur produit pour le souverain. Enfin, comme la plupart des terres sont affermées, comme lorsqu’on en soumet le produit à un nouvel impôt destiné à remplacer un impôt d’un autre genre, une partie seulement de la compensation qui se fait alors serait au profit du propriétaire, et le reste au profit du fermier; c’est une nouvelle raison de mettre dans cette opération beaucoup de ménagement, quand même on serait parvenu à connaître à peu près dans chaque genre de culture la partie de l’impôt que l’on doit faire porter au propriétaire, et celle dont, jusqu’à l’expiration du bail, le fermier doit être chargé: mais si cet ouvrage est difficile, il ne l’est pas moins d’assigner à quel point la nation qui l’exécuterait verrait augmenter en peu d’années son bien-être, ses richesses et sa puissance. (K.) 

Note_11 Horace, livre Ier, épître ii, vers 16. 

Note_12 Horace,, livre Ier, satire ire, vers 106. 

Note_13 Phèdre, livre II, fable v. 

Note_14 L’ouvrage que M. de Voltaire avait le plus en vue est intitulé: Considérations sur l’ordre essentiel et naturel des sociétés politiques. On y trouve plusieurs questions importantes, analysées avec beaucoup de sagacité et de profondeur. L’auteur y prouve que les maisons ne rapportant aucun produit réel ne doivent point payer d’impôts; que l’on doit regarder le loyer qu’elles rapportent comme l’intérêt du capital qu’elles représentent, et que, si on les exemptait des impôts auxquels elles sont assujetties, les loyers diminueraient à proportion. (K.) 

Note_15 Le cas à peu près semblable est arrivé dans la province que j’habite, et le contrôleur de domaine a été forcé à faire restitution: mais il n’a pas été puni. 

Note_16 Je me fis expliquer ces paroles par un savant à quarante écus: elles me réjouirent. — Euge, serve, bone et fidetis; quia super pauca fuisti fidelis, super multa te constituam. Matth., xxv, 21 et 23. 

Note_17 Par Navau, 1757. 

Note_18 Il s’en faut beaucoup que ces évaluations puissent être précises, et ceux qui les ont faites se sont bien gardés de prendre toute la peine nécessaire pour parvenir au degré de précision qu’on pourrait atteindre. Ce qu’il est important de savoir, c’est qu’un État qui a deux millions d’habitants et celui qui en a vingt; le pays, dont le territoire est fertile et celui où le sol est ingrat; celui qui a un excédant de subsistance et celui qui est obligé d’en réparer le défaut par le commerce, etc., doivent avoir les mêmes lois d’administration. C’est une des plus grandes vérités que les écrivains économistes français aient annoncées, et une de celles qu’ils ont le mieux établies. (K.) 

Note_19 Bois-Guillebert fit imprimer le Détail de France, 1695, 1696, 1699, in-12; 1707, deux volumes in-12. Cette dernière édition a été reproduite par l’auteur sous le titre de Testament politique de M. de Vauban; ce qui a induit Voltaire en erreur. Le Projet de dixme royale, 1707, in-4° et in-12, est de Vauban. Bois-Guillebert avait laissé en manuscrit une critique du Projet de dixme royale.(B.) 

Note_20 Le Testament politique du maréchal de Belle-Isle, 1761, in-12, est de Chévrier. 

Note_21 Probablement Thomé, de Lyon, mort vers 1780, à qui l’on doit des Mémoires sur la pratique du semoir, 1760 et 1761. 

Note_22 M. Duhamel du Monceau. 

Note_23 Demaillet. 

Note_24Voyez, sur les coquilles et la formation des montagnes, la Dissertation sur les changements arrivés dans notre globe (Mélanges, année 1746). Quant à l’opinion que la terre est de verre, et qu’une comète l’a détachée du soleil, c’est une plaisanterie de M. de Buffon, qui a voulu faire une expérience morale sur la crédulité des Parisiens. (K.) 

Note_25 Maupertuis. 

Note_b   Voltaire, dans ses Questions sur l’Encyclopédie avait, à l’article Génération, reproduit une partie de ce qu’on va lire, mais avec des variantes que voici:

LE JEUNE MARIÉ.

Monsieur, dites-moi, je vous prie, si ma femme me donnera un garçon ou une fille.

LE PHILOSOPHE.

Monsieur, les sages-femmes et les femmes de chambre disent quelquefois qu’elles le savent; mais les philosophes avouent qu’ils n’en savent rien.

LE JEUNE MARIÉ.

Je crois que ma femme n’est grosse que depuis huit jours; dites-moi si mon enfant a déjà une âme

LE PHILOSOPHE.

Ce n’est pas là l’affaire des géomètres: adressez-vous au théologien du coin.

LE JEUNE MARIÉ.

Refuserez-vous de me dire en quel endroit il est placé?

LE PHILOSOPHE.

Dans une petite poche qui s’élargit tous les jours, et qui est juste entre l’intestin rectum et la vessie.

LE JEUNE MARIÉ.

O Dieu paternel! l’âme de mon fils entre de l’urine et quelque chose de pis! quelle auberge pour l’être pensant et cela pendant neuf mois

LE PHILOSOPHE.

Oui, mon cher voisin, l’âme d’un pape n’a point eu d’autre berceau et cependant on se donne des airs, on fait le fier.

LE JEUNE MARIÉ.

Je sais bien qu’il n’y a point d’animal qui doive être moins fier que l’homme. Mais comme je vous ai déjà dit que j’étais très curieux, je voudrais savoir comment, dans cette poche, un peu de liqueur devient une grosse masse de chair si bien organisée. En un mot, vous qui êtes si savant, ne pourriez-vous point me dire comment les enfants se font?

LE PHILOSOPHE.

Non, mon ami; mais, si vous voulez, je vous dirai ce que les médecins ont imaginé; c’est-à-dire, comment les enfants ne se font point;

Premièrement , Hippocrate écrit que les deux véhicules fluides de l’homme et de la femme s’élancent et s’unissent ensemble, et que dans le moment l’enfant est conçu par cette union.

Le révérend P. Sanchez, le docteur de l’Espagne, est entièrement de l’avis d’Hippocrate; et il en a même fait un fort plaisant article de théologie, que tous les Espagnols ont cru fermement jusqu’à ce que tous les jésuites aient été renvoyés du pays.

LE JEUNE MARIÉ.

Je suis assez content d’Hippocrate et de Sanchez. Ma femme a rempli, ou je suis bien trompé, toutes les conditions imposées par ces grands hommes, pour former un enfant et pour lui donner une âme.

LE PHILOSOPHE.

Malheureusement il y a beaucoup de femmes qui, etc. "

Voltaire revient sur la question de l’âme du foetus, dans le paragraphe xi de l’opuscule intitulé: Il faut prendre un parti: voyez Mélanges, année 1772. B.

Note_26 Titre d’un ouvrage de Maupertuis. 

Note_27 Les observations de Haller et de Spallanzani semblent avoir prouvé que l’embryon existe avant la fécondation dans l’oeuf des oiseaux, et, par analogie, dans la femelle vivipare; que la substance du sperme est nécessaire pour la fécondation, et qu’une quantité presque infiniment petite peut suffire. Mais comment, dans ce système, expliquer la ressemblance des mulets avec leurs pères? Comment cet embryon et cet oeuf se forment-ils dans la femelle? Comment le sperme agit-il sur cet embryon? Voilà ce qu’on ignore encore. Peut-être quelque jour en saura-t-on davantage. Les vers spermatiques ne deviennent plus du moins des hommes, ni des lapins. Quant aux molécules organiques, elles ressemblent trop aux monades; mais remarquons, à l’honneur de Leibnitz, que jamais il ne s’est avisé de prétendre avoir vu des monades dans son microscope. (K.) 

Note_28 Saint Paul, Corinth., XV, 36, et Saint Jean, XII, 24. 

Note_29 Les jésuites n’auraient point été à plaindre si on eût doublé cette pension de quatre cents livres en faveur de ceux qui auraient ou des infirmités, ou plus de soixante ans; si les autres eussent pu posséder des bénéfices, ou remplir des emplois sans faire un serment qu’ils ne pouvaient prêter avec honneur; si l’on avait permis a ceux qui auraient voulu vivre en commun de se réunir sous l’inspection. du magistrat; mais la haine des jansénistes pour les jésuites, le préjugé qu’ils pouvaient être à craindre, et leur insolent fanatisme dans le temps de leur destruction, et même après qu’elle eut été consommée, ont empêché de remplir, à leur égard ce qu’eussent exigé la justice et l’humanité. (K.) 

Note_30 Il faudrait cent quatre-vingt mille.

Note_31 C’est une erreur. Le nombre des hommes dépend essentiellement de la quantité des subsistances; dans un grand État comme la France, quatre-vingt-dix mille personnes enlevées à la culture et aux arts utiles causent sans doute une perte; mais l’industrie du reste de la nation la répare sans peine. Les moines sont surtout nuisibles, parce qu’ils servent à nourrir le fanatisme et la superstition, et parce qu’ils absorbent des richesses immenses qui pourraient être employées au soulagement du peuple, ou pour l’éducation publique. Au reste, il ne serait pas impossible de calculer l’effet que peut avoir sur la population l’existence d’une classe de célibataires; mais ce calcul serait très compliqué, et dépend d’un beaucoup plus grand nombre d’éléments que ne l’ont cru les savants d’après le calcul desquels M. de Voltaire parle ici. (K.) 

Note_32 Le grand duc Léopold vient de défendre aux couvents de ses États d’exiger ni même de recevoir aucune dot; mais, de peur que des parents avares ne trouvent dans cette loi un encouragement pour forcer leurs filles à prendre le parti du cloître, ils seront obligés de donner aux hôpitaux une dot égale à celle que le couvent aurait exigée. (K.) 

Note_33 L’Ami des hommes, par le marquis de Mirabeau. 

Note_34 Le jésuite Sanadon a mis adsunt pour adstent. Un amateur d’Horace prétend que c’est pour cela que l’on a chassé les jésuites. 

Note_35 Horace, Art poétique, vers 105-2. 

Note_36 A Abbeville. 

Note_37 Le roi de Prusse. 

Note_38 Narcisse ou l’amant de lui-même, comédie en un acte et en prose, jouée une seule fois au Théâtre-Français, le 18 décembre 1752. 

Note_39 Servan Discours sur l’administration de la justice criminelle.

Note_40 Les cours des aides, juges ordinaires et souverains des délits en matière d’impôts, n’étant ni assez expéditives ni assez sévères, au jugement des fermiers généraux, ils obtinrent d’un contrôleur des finances nommé Orri, vers 1730, l’érection de trois ou quatre commissions souveraines, dont les juges, payés par eux, s’empressèrent de gagner leur argent. Un de ces juges, nomme Collot, a été presque aussi fameux que Baville, Laubardemont, Pierre d’Ancre, le duc d’Albe, et le prévôt de Louis XI, ont pu l’être dans leur temps. On établit une de ces chambres à Valence, et elle subsiste encore. (K.) 

Note_41 En 1497 à commencer l’année au 1er janvier; mais le 6 mars 1496 selon la manière de compter du temps. (B.) 

Note_42 François-Marie Coger, licencié en théologie, professeur d’éloquence au collège Mazarin, né en 1723,mort le 18 mai 1780, est l’auteur d’un Examen du Bélisaire de Marmontel.

Note_43 La condamnation du Bélisaire de Marmontel. (B.) 

Note_44 Il s’agit ici du jésuite Paulian, qui envoya un mauvais dictionnaire de physique à M. de Voltaire, en lui écrivant qu’il le regardait comme un des plus grands hommes de son siècle, et fit l’année d’après un dictionnaire antiphilosophique digne de son titre, dans lequel M. de Voltaire était insulté avec la grossièreté d’un moine et l’insolence d’un jésuite. Il n’est pas rigoureusement vrai que Routh ait été chassé de la chambre de Montesquieu mourant; on ne l’osa point, parce que les jésuites avaient encore du crédit: mais il est très vrai qu’il troubla les derniers moments de cet homme célèbre, qu’il voulut le forcer à lui livrer ses papiers, et qu’il ne put y réussir; peu d’heures avant que Montesquieu expirât, on renvoya Routh et son compagnon ivres morts dans leur couvent. (K.).

Note_45 Et ce temps est venu. — Cette note parut pour la première fois dans les éditions de Kehl. Alors régnait, en Autriche l’empereur Joseph II. 

Note_46 Riballier. 

Note_47 Vers de Voltaire, dans Charlot, acte I, scène vii. 

Note_48 Ce M. Home, grand juge d’Écosse, enseigne la manière de faire parler les héros d’une tragédie avec esprit; et voici un exemple remarquable qu’il rapporte de la tragédie de Henri IV,du divin Shakspeare. Le divin Shakspeare introduit milord Falstaff, chef de justice, qui vient de prendre prisonnier le chevalier Jean Coleville, et qui le présente au roi: 

« Sire, le voilà, je vous le livre; je supplie Votre Grâce de faire enregistrer ce fait d’armes parmi les autres de cette journée, ou pardieu je le ferai mettre dans une ballade avec mon portrait à la tête; on verra Coleville me baisant les pieds. Voilà ce que je ferai si vous ne rendez pas ma gloire aussi brillante qu’une pièce de deux sous dorée; et alors vous me verrez, dans le clair ciel de la renommée, ternir votre splendeur comme la pleine lune efface les charbons éteints de l’élément de l’air, qui ne paraissent autour d’elle que comme des têtes d’épingle. » 

C’est cet absurde et abominable galimatias, très fréquent dans le divin Shakspeare, que M. Jean Home, propose pour le modèle du bon goût et de l’esprit dans la tragédie. Mais en récompense, M. Home trouve l’Iphigénie et la Phèdre de Racine extrêmement ridicules. 

Note_49 Charles Dénina, dont il est ici question, est mort le 5 décembre 1813. Il était né à Revel, en Piémont, dans l’année 1711. (B.) 

Note_50 Catherine II et Stanislas Poniatowski.