Publié le 02/02/2000 | Lionel LAPARADE.

Il veut placer les rues sous surveillance vidéo

CASTRES : J.-J. Mangiaracina, candidat aux cantonales

Jean-Jacques Mangiaracina sera candidat aux élections cantonales sur le canton de Castres ouest. Dans son programme, le projet de placer Castres sous surveillance vidéo.

Que Jean-Jacques Mangiaracina ne se fasse guère d'illusion... Sa candidature annoncée aux élections cantonales sur le canton de Castres ouest n'effraie pas ses futurs adversaires et est accueillie davantage avec le sourire un brin ironique de ses futurs adversaires qu'avec le respect inspiré par la crainte.

Sous l'étiquette de son «Mouvement populaire et progressiste» s'inscrivant, de son propre aveu, dans la mouvance de la gauche démocratique, JeanJacques Mangiaracina, sauf coup de théâtre politique, ne devrait guère inquiéter Philippe Guérineau, le conseiller général sortant, et les autres candidats issus des partis traditionnels.

L'iconoclaste et original personnage ne s'est pourtant pas ménagé pour bâtir un programme articulé autour de deux thèmes connus pour être de gros pourvoyeurs de suffrages : l'emploi et la sécurité.

«Je ne suis pas un fasciste»

Chef de son propre parti et n'ayant de comptes à rendre qu'à lui-même, Jean-Jacques Mangiaracina profite sans retenue de sa liberté d'expression.

Elle lui permet aujourd'hui de promettre, dans l'hypothèse de son élection, «l'installation de caméras de surveillance vidéo à Castres. D'autres villes utilisent ce système de lutte contre la délinquance, et pas seulement celles tenues par l'extrême droite. Alors pourquoi pas nous ? Je serais partisan d'en poser un peu partout, et en tout cas pas seulement dans les quartiers dits sensibles dont on conforterait ainsi l'image négative. Et puis, pour dédramatiser et démocratiser ce dispositif de surveillance, j'en ouvrirais l'accès aux citoyens qui pourraient regarder tout ce que l'on filme.

Mais que l'on ne me traite pas de fasciste. La sécurité est un droit fondamental et l'insécurité aliène la liberté...».

S'il n'est pas élu, Jean- Jacques Mangiaracina, le franc- tireur, aura en tout cas préparé le terrain pour d'autres hommes politiques supposés plus sérieux. Si sa proposition ne recueille que franche hostilité à Castres, on lui en laissera la scandaleuse paternité. Si, en revanche, elle paraît recueillir un écho favorable, la gauche comme la droite traditionnelle pourraient être tentées de la reprendre plus tard à leur compte.

Les enjeux politiques que l'on prête aujourd'hui au thème de la sécurité sur les bords de l'Agout sont tels qu'après tout, il n'est pas interdit d'imaginer pareil... scénario.


A Agde, -20% de plaintes

Considérée comme ville-pilote, Agde est équipée de caméras de vidéosurveillance depuis 1996. Ici, on se félicite de leur puissance dissuasive et répressive qui a permis de faire baisser le nombre de plainte de 20%.

En 1995, la ville d'Agde était investie par plusieurs bandes de jeunes venues des banlieues qui ont semé la terreur pendant l'été. A la colère des commerçants et à l'inquiétude de ses administrés, le maire socialiste, Régis Passeurieux, a répondu en proposant la mise en place d'un système de vidéosurveillance dans les rues. Un an plus tard, en collaboration avec la population, les services sociaux, de police, et quelques associations, 18-caméras étaient installées dans des endroits stratégiques de la ville. Depuis, la municipalité prétend n'avoir qu'à se féliciter de son choix.

Selon le Centre superviseur urbain (CSU) où sont installés les moniteurs de contrôles surveillés 24-heures sur 24-heures et 365-jours par an par le personnel de la police municipale, le nombre de plaintes enregistrées aurait fléchi de 20 %. «Ces résultats tiennent bien sur à la méfiance des délinquants qui n'apprécient pas d'être filmés pendant qu'ils commettent leurs actes, mais également aux vertus dissuasives de ce système.

Nul ne sait précisément où sont installées les caméras. Par contre, nous informons la population que la ville est sous surveillance, de façon claire et permanente. La vidéo-surveillance agit donc tant dans le domaine de la prévention que dans celui de la répression».

Délinquance et sécurité publique

En la matière, le CSU a réclamé 550-demandes d'interventions en 1999, auprès des services de polices municipale et nationale, mais également des pompiers ou des urgences.

«Si elles ont montré leur efficacité en matière de lutte contre la délinquance, avec une forte augmentation du nombre d'interpellations en flagrant délit, les caméras sont aussi des outils précieux placés au service de la sécurité publique. On ne compte plus le nombre de personnes secourues sur la voie publique, les accidents ou les incendies que nous avons repérés dès qu'ils sont survenus et pour lesquels nous avons sollicité les secours dans de très courts délais.

400.0000 F par caméra

Ce système a naturellement un coût. A Agde, l'investissement est estimé à 400.000-F par caméra reliée au réseau, sans compter les frais de fonctionnement (personnel, maintenance, ..). Sur les bords de la Méditerranée, on confirme que le financement a été obtenu grâce à une augmentation de l'impôt, mais on précise aussi qu'à la faveur d'une organisation nouvelle et rationnelle de plusieurs services placés sous l'égide du CSU, de substantielles économies d'échelles ont aussi été réalisées, de façon à rentabiliser l'investissement. «Du reste, conclut-on ici, les nombreuses demandes d'installation de nouvelles caméras sont le signe du plébiscite que recueille la vidéo-surveillance». On ignore, en revanche, comment ont réagi les personnes soucieuses de préserver leur vie privée. Quoique dans ce bastion du nudisme, on à l'habitude de ne rien cacher de soi...


Un cadre législatif strict

L'utilisation de la vidéosurveillance s'inscrit dans un cadre législatif très strict détaillé dans le titre II-de la loi d'orientation et de programmation relative à la sécurité du 21-janvier 1995.

«La transmission et l'enregistrement d'images prises sur la voie publique, par le moyen de la vidéo-surveillance, peuvent être mis en oeuvre par les autorités publiques compétentes eux fins d'assurer la protection des bâtiments et installations publics et de leurs abords, la sauvegarde des installations utiles à la défense nationale, la régulation du trafic routier, la constatation des infractions aux règles de la circulation ou de la prévention des atteintes à la sécurité des personnes et des biens dans des lieux particulièrement exposés à des risques d'agression ou de vol.

Il peut-être également procédé à des opérations dans des lieux et des établissements ouverts au public particulièrement exposés à des risques d'agression ou de vol, aux fins d'assurer la sécurité des personnes et des biens» (les parkings souterrains par exemple).

«Les opérations de vidéosurveillance de la voie publique sont réalisées de telle sorte qu'elles ne visualisent pas des images de l'intérieur des immeubles d'habitation et, de façon spécifique, celles de leurs entrées. Le public est informé de manière claire et permanente de l'existence du système de vidéo-surveillance et de la personne responsable».

Rappelons que la décision d'équiper une ville de matériel de vidéo-surveillance appartient à son conseil municipal.

La police n'est pas hostile

Interrogé par «La-Dépêche du-Midi», le commissaire Alain Rouger ne s'est pas déclaré «hostile au principe de la vidéo-surveillance. Le cadre législatif actuel le permet, et si on estimait qu'il était nécessaire de l'installer à Castres, je ne serai pas réticent. Si ce système peut nous aider dans notre travail, je ne vois pas pourquoi je m'y opposerais. D'autres villes en disposent. Reste à savoir s'il est justifié à Castres.»


La sécurité au coeur de la campagne électorale

Jean-Jacques Mangiaracina n'est pas le seul à enfourcher le cheval de «la sécurité» pour espérer remporter la course à l'élection, fût-elle cantonale ou municipale. A un an des scrutins, les appareils politiques sont déjà entrés en campagne et ont choisi ce thème très porteur pour s'adresser dès maintenant à leurs futurs électeurs. Le RPR a tiré le premier. Voilà quelques jours, il a inondé les boites aux lettres de Castres avec un tract jaune dans lequel il fustige la municipalité Mandement et accuse le maire de n'avoir pas su s'occuper efficacement des problèmes de sécurité.

C'est selon le même principe du tract que la section du Parti socialiste de Castres a répondu à ses détracteurs et rappelé toutes les actions que l'équipe de la majorité plurielle a engagées durant son mandat.

On sait également que Pascal Bugis se montre intarissable lorsqu'il analyse le phénomène de la délinquance à castres, tout comme Nicole Jeanrot, dont l'un des derniers billets parus dans la revue municipale était aussi consacré à ce sujet, resté longtemps tabou...

A. Mandement: «ne rien s'interdire»

Rappelant que la décision d'installer des caméras à Castres relève de la compétence du conseil municipal, Arnaud Mandement estime «qu'il ne faut rien s'interdire dans le domaine de la lutte contre la délinquance. Si on veut sécuriser certains endroits supposés à risque, la vidéo-surveillance peut constituer un moyen d'action efficace. Je pense cependant que le vrai combat est celui qu'il faut mener contre les causes de ce phénomène. Personnellement, je crois davantage aux vertus du retour de la présence humaine dans certaines zones, transport public, surveillance de logements collectifs, lieux publics. On le voit, du reste, avec l'entrée de la police dans les cours de récréation.

En vérité, je pense qu'il n'existe pas de solution unique à la délinquance. Pour lutter efficacement contre elle, nous devons multiplier les axes d'intervention, en privilégiant d'abord la prévention. La vidéosurveillance peut être l'un de ces axes...».

 
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