Tout au long de son enfance Enrico Marini dessine pour son plaisir. Il crée ainsi nombre de bandes dessinées dont les seuls lecteurs seront pour quelque temps ses amis proches.
Élevé au biberon des dessin animés japonais - Marini est né en 1969 - qui déferlent sur les écrans de télé européens à partir du milieu des années 70, le jeune Enrico développe son trait dans la lignée de son univers visuel de prédilection, avec une série culte : Lupin III, signée par le pape de l?animation japonaise (mais Marini ne le sait pas à cette époque), Hayao Myazaki,

Poussé par ses amis, il se décide à participer à certains concours puis intègre à dix-huit ans l'Ecole des beaux-arts de Bâle. Jusqu?en 1991 il y étudiera le graphisme sans renier ni les mangas qui l?ont nourrit, ni les auteurs qu?il chérit aujourd?hui encore : Hermann, Moebius et Otomo.

C?est à cette époque qu?il est remarqué, au Festival de la bande dessinée de Sierre, dans le cadre du concours des nouveaux talents. Ses planches suscitent l?admiration d?un journaliste qui le présente illico à une nouvelle maison d'édition : Alpen Publishers.

Ces derniers décident de confier à Marini un scénario de Marelle intitulé La Colombe de la Place rouge. La publication de cette histoire dans La Tribune de Genève est un tel succès que naît le premier tome de la série Un Dossier d'Olivier Varèse. Trois tomes suivront, écrits par Thierry Smolderen puis Georges Pop, qui composeront le premier volet de cette série.

En 1992, Smolderen propose à Marini de changer d'univers. Leurs regards se tournent alors vers Gipsy, un vrai héros de chair et de sang, mélange de cynisme, de force grossière et de sensibilité dissimulée. Puis c?est la rencontre de Stephen Desberg et la concrétisation avec L'Étoile du Désert d?un rêve d'enfant : dessiner un western.

Aujourd?hui le style de Marini a évolué. Plus lyrique, il s'est lancé dans deux séries baroques et fantastiques, l?une d?époque, Scorpion (avec Desberg), l?autre d?anticipation noire autant que rouge sang : Rapaces (avec Dufaux).