Metroid Prime 3 : Corruption

15/11/2008

Deuxième suite du chef-d'oeuvre tentaculaire de la GameCube, Metroid Prime 3 : Corruption déploie un univers de science-fiction littéralement... sensationnel.

Depuis toujours, une émotion prévaut dans la saga Metroid : l'isolement. Celui d'une héroïne enfermée dans sa combinaison, Samus Aran, luttant contre un parasite sur une planète hostile, gigantesque et labyrinthique. Dans l'espace, personne ne l'entendait crier... jusqu'à maintenant. Metroid Prime 3 rompt en effet avec ce principe dès ses  premières minutes. L'ennemi attaque une immense flotte de la Fédération Galactique, d'étranges chasseurs de prime aident Samus à repousser les monstres qui s'accrochent au cockpit, les événements et scènes d'action s'enchaînent à une cadence de métronome... A l'atmosphère oppressante et minimaliste du premier Alien de Ridley Scott -référence évidente de la série Metroid-, cet épisode substitue d'abord des saillies spectaculaires proches de Star Wars, de Half-Life ou de Halo.

Les fans s'offusqueront de cette trahison, mais elle se révèle partielle. Comme à l'habitude, une direction artistique élégamment épurée et une musique d'une obsédante bizarrerie imprègnent le voyage de l'héroïne. Et, après une intro frénétique et des heures de déambulation assez linéaire, Samus finit par explorer seule, et librement, des mondes tortueux et singuliers. Jamais ceux-ci n'ont semblé si tangibles, si réels. Pour activer des pompes et des dispositifs coulissants, naviguer dans l'interface de son vaisseau ou composer des codes d'accès, le joueur mime ces gestes avec la télécommande de la Wii. Une idée brillamment exécutée qui ne bouleverse pas les mécanismes de jeu en eux-mêmes, mais transforme les sensations qu'ils procurent..

L'impression de connexion physique avec l'environnement est puissante, voire inédite. Tirer la manette vers soi d'un coup sec pour arracher les portes ou les boucliers des ennemis avec son rayon tracteur s'avère absolument jouissif. Idéalement calibré, le système de contrôle précis, tactile et intuitif de Metroid Prime 3 impose de nouveaux standards au jeu d'action en vue subjective sur consoles. Après le pétillant Super Paper Mario, le genre aventure se trouve à nouveau un digne représentant sur Wii.


Alors c'est l'histoire d'un androïde dans un métro...

Des décisions intelligentes, logiques ou improbables ont jalonné la création du premier Metroid, sorti en 1986. Pour amplifier le sentiment d'immensité qu'exhale le jeu, les concepteurs de Nintendo ont diminué la vitesse du défilement de l'écran et des déplacements de l'héroïne. Le nom de cette dernière, Samus Aran, s'inspire de celui du footballeur (!) Pelé (Arantes), tandis que le grand méchant Ridley porte évidemment le prénom du réalisateur d'Alien, dont le scénario a fortement influencé Metroid. Quant au titre du jeu, il contracte deux mots qui font référence à l'idée initiale des créateurs : dans un métro spatial, un androïde combat des extraterrestres... Autant d'anecdotes développées dans le n°1 de Pix'n Love, trimestriel rigoureux et passionné sur l'histoire des jeux vidéo.

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Pierre Gaultier


 
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