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Belgique » Politique » article

 
 
2011 en fanfare !

23.12.10 - 12:26

On vit la crise politique la plus longue de l’Histoire de Belgique et le citoyen, apparemment, s’en fiche. Autant en 2007, l’angoisse pouvait se mesurer au nombre de drapeaux belges aux fenêtres (essentiellement bruxelloises, il fallait bien le constater), autant en 2010 l’opinion balance entre désintérêt et résignation.

Le record de 2007 (194 jours sans gouvernement) va donc être largement battu tant on semble très loin de la formation d'un exécutif fédéral. Johan Vande Lanotte a fixé comme échéance le 3 janvier ; il remettra le texte d'un compromis portant aussi bien sur une refonte de la loi de financement que sur les transferts de compétences vers les Régions, le refinancement de Bruxelles et le très délicat dossier Bruxelles-Hal-Vilvorde. Un cocktail hautement explosif... Réponse des 7 négociateurs le 5 janvier 2011, journée déjà présentée comme cruciale, décisive, etc. Comme quelques autres avant elle.

Mais pourquoi cela pourrait-il fonctionner cette fois-ci ? Certes, il y a la lassitude de près sept mois de discussions mais plusieurs éléments ne semblent toujours pas réunis.

Tout d'abord, il y a les rapports de force. Les francophones font bloc au tour du PS et côté flamand, le CD&V devenu la 2e force du nord du pays se cale désormais dans les pas de la N-VA dont elle aura grandement besoin en octobre 2012 pour sauver grand nombre de ses majorités communales (Yves Leterme a montré l'exemple à Ypres en signant en octobre dernier un nouveau partenariat avec les nationalistes locaux).

Ensuite, la confiance entre partenaires, entre N-VA/CD&V et les autres reste plus que ténue. Elle l'est depuis la fin des négociations à 7, le 3 septembre.

Enfin, reste l'attitude de la N-VA. Est-elle capable de faire des concessions et conclure un accord ? Le veut-elle seulement ou entend-elle démontrer par l'absurde que la Belgique est effectivement ingérable ?

Les seules concessions des nationalistes semblent être d'accepter que "seulement" 70 ou 80% de leurs revendications ne soient rencontrées mais rien qui aille à l'encontre de leurs demandes (comme une refédéralisation de certaines compétences, par exemple). En proclamant que la "Belgique est l'homme malade de l'Europe", que les "Wallons bloquent toutes réformes, "etc... Bart De Wever a étalé son scepticisme et son cynisme. Pour rappel également, le 17 octobre, le clarificateur De Wever déposait une note de compromis qui représentait le maximum de ce que la N-VA pouvait concéder et qui avait été illico jugée inacceptable, trop unilatérale par les francophones. Rien n'a fondamentalement changé depuis.

On signalera aux indécrottables optimistes que même si par miracle, le compromis concocté par Johan Vande Lanotte était accepté par les 7 négociateurs, il leur resterait ensuite à se mettre d'accord sur un plan de 22 milliards d'économies et un programme de gouvernement. Deux éléments pour lesquels, Bart De Wever répète depuis des mois qu'il préfèrerait les négocier avec les libéraux...

"On n'est pas rendu"... et profitez bien de vos fêtes : 2011 risque de démarrer en fanfare !

 

Philippe Walkowiak

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Crédit photo : RTBF
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