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Dan Bigras
Le combat d’une vie

Musicien de talent, chanteur et réalisateur, Dan Bigras a erré hors des sentiers battus et vécu dans la rue avant de se faire connaître avec Tue-moi, cri du cœur qui le marque comme un tatou. Arrivé à la musique par le blues, le jeune homme quitte ensuite les bars pour tenter sa chance en chanson, suivant les conseils de son ami Gerry Boulet. Des années plus tard, il mettra K.-O. les démons de l’alcool et de la drogue. Au-delà de la démarche musicale qu’il poursuit et de la réalisation de films qu’il découvre, l’artiste se lance ensuite dans les arts martiaux, façon robuste mais directe de ventiler sa colère et d’entrer en contact avec l’autre.

Le petit Daniel vient au monde en 1957, à Montréal, dans une famille bourgeoise et intellectuelle. Très tôt, l’enfant sent monter un violent mal de vivre qui laisse impuissants ses parents psychanalystes. Une détresse qui le fera rompre avec sa famille et son milieu à 15 ans, et quitter la maison pour aller vivre son errance dans les rues de Québec.

Dan Bigras ne se gêne pas pour affirmer que la musique lui a sauvé la vie. Ses années de jeunesse sont passées à fréquenter assidûment les bars pour y jouer du blues. Mais aussi pour y boire et pour y apprendre la vie. Lentement, le musicien se fait remarquer, entre autres par Gerry Boulet et Gilbert Langevin, poète important avec qui il collabore.

Après le faux-départ d’Ange animal, un premier disque qu’il renie ensuite parce qu’il fut avant tout celui du producteur, Dan Bigras se reprend en 1992, faisant paraître l’album Tue-moi qu’il réalise lui-même et qui récolte un franc succès. Trois ans plus tard, avec Le fou du diable, l’artiste négocie un virage important en enregistrant le disque sous sa propre étiquette. Mais c’est en 1998, avec Le chien, qu’il ajoute à ses compositions musicales l’écriture de ses propres textes.

La création, pour Dan Bigras comme pour beaucoup d’autres, c’est de la douleur transformée. Une douleur qui, dans son cas, remonte à l’enfance et à cette impression de ne pas trouver sa place. Échappé de la rue, mais toujours bercé par la tentation d’adoucir son mal de vivre dans l’alcool et la drogue, Daniel Bigras tord le coup à son destin et arrête de boire du jour au lendemain, le premier janvier 1995.

C’est probablement la musique qui a permis à Dan Bigras de continuer, de refaire les mailles de sa vie. Mais l’artiste découvre simultanément les arts martiaux. Se battre dans un ring, échanger des coups devient alors une façon d’entrer en contact, une voie d’accès à la tendresse, et le sujet d’un tout premier film : Le ring intérieur. Une fiction, La rage de l’ange, suivra en 2006.

C’est peut-être aussi parce qu’il a appris à vivre avec sa colère, à la dompter sans la nier ou s’en culpabiliser que Dan Bigras réussit à venir en aide aux jeunes, aux moins jeunes, aux exclus. À la tête du Show du refuge depuis 1991, l’homme multiplie son implication sociale et la fait rayonner de nombreuses façons, entre autres en animant l’émission Gang de rue. On vient d’ailleurs de le nommer Artiste pour la paix.

À 50 ans, l’homme a quitté la rue depuis longtemps et mater ses vieux démons, mais il garde intact son capital de révolte comme sa vibrante humanité. C’est que Dan Bigras n’a jamais cessé son plaidoyer en faveur des exclus, ni fait taire son désir de solidarité, qui apporte de la lumière jusque dans les coins les plus sombres de la rue.

Pour en savoir plus sur Dan Bigras et son oeuvre

À consulter: L'interview :
Liens externes :

Dan Bigras
Site officiel de l’artiste

Gang de rue
Émission animée par Dan Bigras

Le refuge des jeunes
Organisme d’aide pour les jeunes en difficulté