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Alaa El Aswany
Alaa El Aswany : Ébranler les traditions

Fracasser les tabous. Voilà l’objectif avoué de l’écrivain égyptien Alaa El Aswany. Un pari risqué dans un pays aux traditions millénaires et aux espaces de liberté limités. Car El Aswany écrit noir sur blanc ce qui se murmure dans les quartiers de sa ville. Un geste littéraire, mais également une parole citoyenne, qui exige un immense courage pour revendiquer davantage de justice et de liberté en Égypte. Et pour dénoncer l’hypocrisie d’une société et d’un régime politique sclérosés.

Alaa El Aswany est natif de la capitale égyptienne, Le Caire. Né en 1957, El Aswany grandira dans un pays gouverné par le colonel Gamal Abdel Nasser, qui avait délogé le roi Farouk quelques années auparavant. Nasser sera le leader incontesté de l’Égypte, mais également du monde arabe pendant de nombreuses années. Décédé en 1970, le leader égyptien laissera en héritage une idéologie politique que ne reniera pas Alaa El Aswany, pourtant lucide de l’échec démocratique de Nasser.

Alaa El Aswany a été élevé dans une famille où les discussions politiques, littéraires et intellectuelles occupaient une place centrale. Intellectuel respecté, son père était un avocat bien établi, mais également un écrivain reconnu. Il rassemblait autour de lui, et dans son salon, l’intelligentsia du Caire. Des leçons très particulières qui cisèleront la culture, la pensée et le sens critique du jeune El Aswany.

Alaa El Aswany fréquenta un lycée égyptien de langue française, puis entreprit des études de dentisterie, qu’il compléta en se spécialisant à l’Université de l’Illinois à Chicago, en plein cœur de l’Amérique. Après son retour des États-Unis, Alaa El Aswany commença à exercer sa profession et à se bâtir une clientèle. Ses rencontres quotidiennes et ses discussions avec le peuple égyptien lui fournirent la matière première de ses futurs romans.

Car Alaa El Aswany a toujours eu la passion d’écrire, tout comme son père avant lui. En 2002, Alaa El Aswany publia un premier roman intitulé L’immeuble Yacoubian, inspiré par le célèbre bâtiment du centre-ville du Caire, représentatif de la classe dominante égyptienne des années 1930, et surtout de son style de vie. À travers cet immeuble vétuste et ses locataires, El Aswany décrit la fin de cet âge d’or et de cette époque d’ouverture, afin de mieux poser un regard critique sur la société contemporaine où les valeurs islamiques sont de plus en plus présentes.

L’immeuble Yacoubian présente sans complaisance la réalité sociale des femmes et des jeunes aux prises avec l’hypocrisie de la collectivité égyptienne. Mais la lucidité d’Alaa El Aswany l’amène également à dénoncer la situation politique de son pays, dirigé par une classe politique corrompue et engagée dans une lutte sans merci contre les islamistes.

Succès phénoménal en Égypte et dans plusieurs autres pays arabes, le roman a été traduit en près de vingt langues étrangères, en plus d’être adapté au cinéma. Preuves indéniables de l’intérêt pour l’évolution de l’Égypte, mais également de la pertinence du propos.

Avec son deuxième roman Chicago, El Aswany jette un regard sur ses concitoyens expatriés aux États-Unis, mais également sur une société américaine aux prises, elle aussi, avec ses démons.

L’œuvre d’Alaa El Aswany représente une véritable radiographie de l’Égypte. La justesse de ses observations et l’impact de ses écrits sont si importants que l’on compare le romancier à son illustre prédécesseur et lauréat du prix Nobel de littérature Naguib Mahfouz. Une énorme pression sur les épaules d’Alaa El Aswany, pourfendeur des maux égyptiens, mais qui est pourtant toujours animé d’espoir pour son pays.

Pour en savoir plus sur Alaa El Aswany et son oeuvre

À consulter: L'interview :
Liens externes :

Actes Sud
Éditeur francophone d’Alaa El Aswany