Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Intervention en plénière de Véronique De Keyser sur la résolution du Parlement sur la Syrie (mercredi 6 juillet)

7 juillet 2011

La résolution du Parlement sur la Syrie, le Bahreïn et le Yémen poursuit un double objectif :
1) briser le silence sur ces pays qui connaissent des répressions sanglantes,
2) rester ferme sur les exactions commises, en laissant cependant un espace politique pour d’éventuelles négociations.

La résolution est très largement soutenue par les différents groupes politiques. Je ne ferai que deux ou trois remarques:

1) La première remarque cependant est linguistique. Le titre de la résolution porte la mention : le monde arabe. Cette appellation a un caractère post-colonial qui dénie aux pays et aux régions leur identité propre. Et les révolutions qui soulèvent aujourd’hui les pays du Maghreb et du Mashrek montrent à loisir à quel point chaque pays est différent, requiert un traitement spécifique et une écoute particulière. L’amalgame “monde arabe” est donc malheureux.

2) La seconde remarque concerne la Syrie. La répression qui sévit aujourd’hui dans ce pays est sanglante, cruelle et impitoyable. Les enfants-mêmes ne sont pas épargnés. La résolution dénonce ces crimes qui ne peuvent rester impunis, elle s’inquiète des flots de réfugiés qui traversent la frontière syrio-turque, elle demande des couloirs humanitaires et l’intervention de l’ONU, elle soutient l’opposition émergente à l’intérieur et à l’extérieur du pays, mais elle en reste là. Pourquoi ? Pourquoi ne pas avoir crié haut et fort que nous voulions le départ de Bachar Al Assad qui a déçu tous ceux qui avaient cru qu’il changerait lentement le système répressif hérité de son père ? Bachar qui semble avoir franchi une ligne de non retour dans sa répression sanglante ? Parce que nous voulions laisser la place à une négociation politique aux couleurs de l’Europe. Madame la Haute Représentante, la Syrie bascule dans la violence, les minorités religieuses et en particulier les chrétiens se sentent aujourd’hui menacés par des extrémistes, n’hésitez pas à vous rendre à Damas, Madame Ashton. Nous avons besoin d’un geste politique fort et d’une présence européenne sur place.

3) La troisième remarque est plus générale. Le service d’Action Extérieure commence à fonctionner et dans ses relations avec le Parlement la différence est sensible. Je vous en félicite. Mais dans les pays du Maghreb et du Mashrek, la valeur ajoutée doit être claire également. Il y a aujourd’hui dans le SAE une superposition de structures- représentants spéciaux, task-force; crises management etc.- qui s’interpénètrent et dont l’efficacité cumulée reste à démontrer. Le soutien que l’Europe apportera à ces transitions démocratiques en cours, est un test redoutable. L’Europe va-t-elle compter ou pas dans la région ? Il faut agir vite et de manière proactive et ciblée. C’est tout l’avenir et la crédibilité de notre politique de voisinage/Sud qui est en jeu.

“Faire référence à un texte signé par Mussolini est hallucinant s’agissant des Droits de l’Homme, une valeur fondamentale de l’Union européenne” s’exclame Véronique De Keyser !

6 juillet 2011

Mugabe à Rome avec la bénédiction de Mussolini
MARTIN,PASCAL
Page 12
Mercredi 6 juillet 2011

Union européenne La Commission renvoie à Latran

Le 1er mai, Robert Mugabe, quatrième président du Zimbabwe, est à Rome. Il participe à la cérémonie de béatification de Jean-Paul II.

Sa présence fait grand bruit. A 87 ans, Robert Mugabe a plusieurs œufs à peler avec les Etats-Unis et l’Union européenne. Lui et ses proches y sont interdits de voyage et leurs avoirs sont gelés depuis 2002 en raison de violations répétées des droits de l’homme et des libertés fondamentales commises par son régime. Le Vatican ne fait pas partie de l’UE, mais le vieux dictateur a dû obligatoirement passer par Fiumicino, l’aéroport de Rome. Passer sur le sol italien donc, où les policiers n’ont pas cherché à l’intercepter.

Mugabe recevra l’hostie à Saint-Pierre de Rome. Pour se dédouaner, le ministère des Affaires étrangères italien fera valoir qu’il existe des exceptions à la législation européenne. Le Saint-Siège observera pour sa part que « le Zimbabwe est un Etat avec lequel (il) entretient des relations diplomatiques » et qu’il « n’y a donc rien à cacher » sur la présence du président africain.

Exception à la règle

Deux mois plus tard, l’eurodéputée socialiste belge Véronique De Keyser n’a toujours pas digéré l’affaire. Elle a écrit à la Commission européenne pour s’enquérir des raisons de la prébende accordée par l’Italie à Robert Mugabe et a obtenu réponse le 28 juin. Celle-ci précise que les mesures restrictives à l’encontre du Zimbabwe ne valent pas pour la république italienne dès lors qu’il existe « un traité de réconciliation (accords du Latran) conclu en 1929 par le Saint-Siège (État de la Cité du Vatican) et l’Italie ». La Commission poursuit : « Il s’agit d’une règle générale fondée sur une obligation de droit international, qui s’applique à tous les régimes de sanctions mis en place par l’Union européenne. »

En 1929, les accords du Latran ont été signés entre Mussolini, Duce de l’Italie fasciste, et le Saint-Siège, représenté par le cardinal Gasparri, secrétaire d’État du pape Pie XI. Les accords ont mis fin à la « question romaine », survenue en 1870 après la prise de Rome par les Piémontais et son annexion au Royaume d’Italie. La souveraineté du pape a été limitée au seul État de la Cité du Vatican. En contrepartie, le catholicisme est devenu religion d’État en Italie.

Ces détails historiques ne sont pas de nature à calmer Véronique De Keyser : « Faire référence à un texte signé par Mussolini est hallucinant s’agissant des droits de l’homme, une valeur fondamentale de l’Union européenne. »

Mais il y a la forme et le fond. En parcourant les accords du Latran qui reconnaissent « la souveraineté du Saint-Siège dans le domaine international », on peut lire que « les agents diplomatiques et les envoyés des gouvernements étrangers près le Saint-Siège venant de l’étranger pour aller à la cité du Vatican (…) pourront sans autre formalité accéder à cette Cité à travers le territoire italien ».

L’eurodéputée ne s’en laisse pas conter pour autant. Pour elle, cette immunité diplomatique ne vaut pas pour un « criminel ». Véronique De Keyser a donc envoyé une autre lettre à la Commission pour lui demander à quel article des accords du Latran elle fait référence précisément. « Pour moi, ajoute-t-elle, il ne s’agit que d’une entourloupe pour passer outre aux droits de l’homme. »

Reste qu’accusé de violation des droits humains, de torture, de fraudes électorales… par la communauté internationale, interdit de séjour en Europe et aux Etats-Unis, lâché par plusieurs pays voisins, montré du doigt par les Nations unies, Robert Mugabe n’a toujours pas fait l’objet d’une condamnation…

C’est ainsi que le 1er mai, le vieux dictateur « mégalomaniaque » s’est retrouvé aux côtés d’autres chefs d’Etat venus du monde entier pour la béatification de Jean-Paul II. José Manuel Barroso, Herman Van Rompuy et Jerzy Buzek représentaient les différentes institutions européennes. Mais derrière.

Flottille Gaza : le bateau de Dubié stoppé

6 juillet 2011

Mardi 5 juillet 2011. Un bateau appartenant à la flottille pour Gaza a été stoppé une dizaine de minutes après son départ de Crète. A sa barre : Josy Dubié qui s’est dit « très fier ».

Un bateau canadien appartenant à la flottille pour Gaza, parti de Crète lundi après-midi, a été stoppé une dizaine de minutes après son départ par les garde-côtes grecs, a indiqué une militante organisatrice du groupe canadien à Athènes lors d’une conférence de presse.

« Le bateau a été investi par des garde-côtes armés une dizaine de minutes après son départ », a indiqué cette porte-parole. Le navire, baptisé le Tahrir, transportait une quarantaine de personnes, dont des Canadiens, des Français, des Italiens. Il a appareillé sans son capitaine qui risquait sinon de perdre sa licence. « Un passager, ancien sénateur belge, Josy Dubié, qui possédait une licence expirée, sert de capitaine et a dit qu’il assumait la responsabilité de cette action », a indiqué la militante. Quand les forces spéciales armées sont montées à bord, « une trentaine de passagers ont indiqué être le capitaine », selon Mme Arraf. L’arraisonnement s’est fait sans violence. Deux militants canadiens ont été interpellés lundi soir. Ils avaient mis à l’eau un kayak à l’approche du garde-côtes grec et s’étaient placés entre les deux bateaux, a expliqué Mme Arraf. Ils ont été arrêtés par les garde-côtes, sans toutefois faire encore l’objet de poursuites. Le maire du port d’Aghios Nikolaos s’efforce d’obtenir leur libération, a-t-elle ajouté.

« Je suis très fier »

Bien que la tentative ait avorté, Josy Dubié se disait hier toujours déterminé à atteindre son objectif : « Je suis très fier que nous ayons réussi à sortir le bateau du port sans entrave. Je répète que notre objectif est que l’aide arrive à Gaza par des moyens légaux ou illégaux, mais toujours non-violents », a-t-il expliqué, enthousiaste et inquiet. Cependant, selon un journaliste à bord du navire américain de la Flottille, « la Flottille ne partira pas cet été ».Toutes les solutions semblent avoir été épuisées.

Ces derniers jours, La Grèce a interdit depuis vendredi à tout bateau grec ou étranger de partir vers Gaza. Les autorités grecques ont motivé cette interdiction d’appareiller par la volonté de protéger les passagers de la Flottille. Le ministre des Affaires étrangères Stavros Lambrinidis a fait savoir qu’il ne voulait pas d’un nouveau bain de sang. Le 31 mai 2010, un affrontement entre des pro-Palestiniens embarqués à bord de la première Flottille pour Gaza et les troupes israéliennes avait fait neuf morts.

Comme en un lot de consolation, les Grecs comptent proposer à la Flottille d’acheminer à sa place l’aide humanitaire vers la Bande de Gaza. Cette démarche a reçu l’appui d’une poignée d’eurodéputées, hier à Strasbourg, parmi lesquelles la socialiste Véronique De Keyser et l’Ecolo Isabelle Durant. Elles demandent aux Grecs de négocier « avec les Nations unies un acheminement de l’aide humanitaire vers Gaza en toute sécurité et sans effusion de sang ».

(PASCAL MARTIN, M-Ph GAGNON HAMELIN (st), avec afp, belga)

Mercredi 6 juillet Véronique De Keyser défend son rapport sur la démocratie, qui sera voté jeudi 7 juillet

5 juillet 2011

Voici le rapport en faveur de la “Démocratie” de Véronique De Keyser, tel qu’il sera présenté au vote le 7 juillet. Toute modification postérieure au vote, sera communiquée sur le site.

Cliquer sur les images pour les agrandir.

Lors de la conférence de presse que j’ai donné ce 4 juillet sur la flottille de Gaza, le bateau de Josy Dubié a été intercepté

5 juillet 2011

Communiqué de presse de Véronique De Keyser
Députée européenne
Commissions Droits de l’Homme et Affaires étrangères
Vice-Président du Groupe de l’Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates

Lors de la conférence de presse donnée ce 4 juillet à 18h00 au Parlement européen à Strasbourg sur la flottille de Gaza, Josy Dubié m’a téléphoné pour m’informer que son bateau, qui avait forcé le blocus, s’est fait intercepté par la marine Grecque. Il risque avec ses co-équipiers d’être incarcéré. J’attends des nouvelles et reviendrai vers vous pour vous tenir informés.

Flash info suite au communiqué « flottille de Gaza »

2 juillet 2011


Flash info suite au communiqué « flottille de Gaza » de Véronique De Keyser
Députée européenne
Commission Droits de l’Homme
Délégation pour les relations avec le Conseil législatif palestinien

Le Minsitre des Affaires étrangères Grec, Monsieur Lambridinis, vient de m’appeler pour m’expliquer la position de son pays à l’égard de la flottille de Gaza. Il réfute toute pression Israélienne sur son pays mais insiste sur sa responsabilité dans la prévention d’une catastrophe humaine. Selon ses informations, la confrontation entre la flottille et les forces armées israéliennes risquait d’être explosive. Il se devait donc de l’éviter. Mais il poursuit les négociations avec les Nations-Unies pour trouver une issue à cette crise et rappelle l’opposition de son gouvernement au blocus de Gaza.

Je ferai un point presse à ce sujet, avec d’autres parlementaires européens, lundi 4 juillet à 18h00 au Parlement européen à Strasbourg. Nous gardons le contact avec le Ministre des affaires étrangères Grec, Monsieur Lambridinis, qui est un ancien parlementaire et collègue du Groupe Socialiste.

Ce qui est une provocation à la conscience du monde, c’est le blocus de Gaza, pas la flottille !

2 juillet 2011


Communiqué de presse de Véronique De Keyser
Députée européenne
Commission Droits de l’Homme
Délégation pour les relations avec le Conseil législatif palestinien

Je suis indignée par les obstacles mis à la flottille pour atteindre Gaza. Le gouvernement Israélien fait aujourd’hui un lobbyng effréné pour bloquer cette courageuse initiative citoyenne. Je refuse l’idée que cette flottille soit une provocation. Ce qui est une provocation à la conscience du monde, c’est le blocus de Gaza, pas la flottille !

Que cette initiative ne respecte pas l’agenda politique des acteurs de la scène internationale, qu’elle intervienne à un moment délicat des relations Israëlo-Palestiniennes, est exact. Mais c’est bien la preuve que ce mouvement citoyen n’est pas politique, ni instrumentalisé et doit être libre de son expression.

Je demande donc au gouvernement Grec, dont je connais l’engagement en faveur des Palestiniens, de ne pas céder à la pression et de laisser la flottille quitter son port.

Dès le 11 juillet, Flémalle rend hommage à André Cools

30 juin 2011

Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier enfin libres : un immense soulagement !

29 juin 2011

30 décembre 2009, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier sont enlevés par les talibans en Afghanistan. 29 juin 2011, 18 mois plus tard, les deux journalistes de France 3 et leur accompagnateur sont enfin libérés. C’est un bonheur immense et je m’associe sincèrement à la joie des familles !

Toutefois, si je me réjouis de cette excellente nouvelle, j’espère que la démocratie n’a pas eu à trop se compromettre pour cette libération (rançon, échange, intervention militaire ?). Ne perdons pas de vue non plus les centaines d’otages toujours prisonniers en Afghanistan, en Somalie, au Sahel, au Yémen…

Parce que au-delà des hommes, la parole ne peut être prise en otage, il va falloir beaucoup travailler encore pour veiller au respect des Droits de l’Homme partout dans le monde, et pouvoir compter un jour sur l’intégration du plus grand nombre de pays dans le débat démocratique.

Jeunes PS: des piments en faveur d’une taxe sur les transactions financières spéculatives

23 juin 2011

(Belga) A l’initiative des Jeunes Socialistes Bruxellois, plusieurs parlementaires socialistes ont distribué mercredi matin des piments rouges pour appeler à une “Red Hot Chili tax”. “Comme le piment, cette taxe de 0,05% sur les transactions financières spéculatives est petite mais produirait des résultats gigantesques pour notre économie”, disent les auteurs de cette action.

Les Jeunes socialistes bruxellois rappellent que, selon certaines estimations, une taxe de 0,05% sur les transactions financières spéculatives rapporterait plus de 200 milliards au niveau européen, dont 2,7 milliards d’euros rien qu’en Belgique. Ils avaient organisé cette action à la veille d’un sommet européen où les grandes orientations de politique économique de l’UE seront à nouveau discutées. Plusieurs parlementaires socialistes participaient à cette opération comme Ahmed Laaouej, Marie Arena, Marc Tarabella, Véronique De Keyser, Christiane Vienne, Karine Lalieux, Caroline Désir ainsi que le Secrétaire général du Parti socialiste européen, Philippe Cordery. (GFR)