Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Moubarak doit partir ! Ce qui se passe aujourd’hui n’est pas une révolution égyptienne ni tunisienne, c’est une révolution Arabe sur fond de corruption et de misère !

3 février 2011

“Moubarak doit partir ! Ce qui se passe aujourd’hui n’est pas une révolution égyptienne ni tunisienne, c’est une révolution Arabe sur fond de corruption et de misère ! Ceux qui défilent dans la rue ne sont pas des politiques mais des gens simples qui se battent pour de meilleures conditions de vie et pour plus de liberté”  déclare Véronique De Keyser.

Le ton est donné, la situation en Egypte donne lieu à une discussion très animée entre des députés et Cathy Ashton en séance plénière, le 2 frévrier, où la députée européenne et membre de la commission Droits de l’Homme, Véronique De Keyser, intervient en ces termes :

Véronique De Keyser (S&D). – Monsieur le Président, il y a vraiment des moments où il faut savoir choisir son camp, on me l’a dit tant de fois dans l’Union européenne. Et le camp, aujourd’hui, il est clair: mes collègues l’ont dit, c’est la voie de la liberté, c’est la voix du peuple.

Alors, au moment où je vous parle, le musée du Caire est en feu, les combats éclatent dans la rue, et je pense que, pour l’Égypte en tout cas, nous n’avons pas été assez clairs. Moubarak doit partir, cela doit être clair. Moubarak, tel qu’il est – et je respecte son vieux combat –, n’est pas capable d’assumer la transition politique; c’est une folie de lui demander cela et de laisser, aujourd’hui, dans les rues du Caire, le clan Moubarak affronter le clan El Baradei. Nous devons prendre nos responsabilités à cet égard.

Et je voudrais vous dire que, durant ces derniers jours, durant ces dernières nuits, je n’ai pas cessé de me demander quelle erreur nous avions faite. Nous avons fait une erreur magistrale: c’était de soutenir des régimes corrompus au nom de la stabilité, sans tenir compte de la justice sociale et de l’aspiration à la liberté des peuples. C’est une erreur que nous devons réparer, et c’est le moment aujourd’hui.

La deuxième erreur, je regrette, mes chers collègues, c’est de n’avoir pas compris l’islam politique. Je n’ai pas dit “de n’avoir pas accepté l’islam politique”! Il y a une différence entre des terroristes, des fondamentalistes, et certains des frères musulmans. À nous de faire ces différences, à nous de dialoguer, à nous d’écarter ceux dont nous ne voulons pas, mais nous avons fait le lit aujourd’hui de ces fondamentalistes! Nous avons fait le lit de certains terroristes!

Il est temps de revoir ces positions et, dernière chose, nous devons garder des acquis du passé de ces pays, la Tunisie, l’Égypte, etc., c’est‑à‑dire les structures laïques des États, les droits des femmes qui étaient importants dans ces pays, dans des structures et des constitutions laïques écartées de la charia. Il y a moyen de bâtir des démocraties avec des partis extrêmement diversifiés. Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain, gardons cette idée‑là de laïcité de l’État et de respect des religions, des croyances et des diversités politiques.

Pour voir cette intervention en images cliquer ici.

Si la situation le permet, Véronique De Keyser se rendra en Egypte vers le 20 février 2011.

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