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["DE L’INSTITUT PASTEUR À RADIO LUXEMBOURG.
L’histoire étonnante du Tho-Radia"
par Thierry Lefebvre et Cécile Raynal ; 5e partie]


UNE GAMME DE PRODUITS PHARMACEUTIQUES

Poursuivons l’examen du "Dictionnaire médical et pratique des soins de beauté". Ce petit ouvrage in-16°, de format 14 x 11 cm, comporte 157 pages illustrées de gravures, de schémas et de photographies en noir et blanc. Les entrées sont classées par ordre alphabétique : A comme " ablutions ", " abstinence ", " abus ", " acariens ", " accès ", " acide acétique ", etc. ; B comme " bacilles ", " bactéries ", " bains ", " bains de mer ", " bajoue ", " baume du Pérou ", etc.
L’accent est bien entendu mis sur les produits " maison ", à commencer par la Crème Tho-Radia proprement dite. Cette dernière est détaillée page 38 : " […] garantie radioactive, antiseptique, cicatrisante, régénératrice […] ", elle est indiquée dans de nombreuses affections dermatologiques (brûlures, ecchymoses, écorchures, gerçures, engelures, impétigo, ichtyose, etc.), ainsi que comme " régulateur de la circulation ". Précision importante, les sels de thorium qui la composent en grande partie ne sont pas radioactifs : doués de " remarquables propriétés antiseptiques non caustiques ", ils exercent " sur la peau une influence tonique et astringente à effets doux mais continus et remarquablement efficace " (p. 137). Les autres composants de la Crème Tho-Radia sont : le baume du Pérou (" employé comme cicatrisant, il possède, en outre, de remarquables propriétés antiprurigineuses et antiparasitaires ", p. 17) ; l’oxyde de titane (" métal aux propriétés antiseptiques et antifermentescibles, qui agit comme un isolant ", p. 138) ; et la stéarine saponifiée neutralisée (" seul excipient qui convienne à un produit d’usage quotidien et permanent ", p. 34).
À côté de la crème s’est également développée une gamme de produits associés, à commencer par la Poudre Tho-Radia qui se révèle la plus riche en thorium, radium et titane : " Un choix de substance isolante, les sels de titane en particulier, fond de la Poudre Tho-Radia un véritable tissu couvrant, imperméable aux intempéries, aux radiations dévastatrices et qui remplace avantageusement le voile des Circassiennes " (p. 108). Elle est en effet indiquée " en prévention des brûlures du soleil " (p. 65), mais aussi dans l’herpès, ainsi que comme désodorisant ou contre la moiteur des mains. La poudre existe en huit coloris et, quelle que soit la teinte (mauresque, ocre, ocre rosé, Rachel 1 ou 2, naturel ou blanc), la boîte est vendue 12,50 francs.
Le Savon Tho-Radia contient du thorium et du baume du Pérou " à dose appropriée " (p. 17). Il est préconisé pour le démaquillage, contre les callosités, comme antiprurigineux et même comme antiparasitaire. Le mode d’emploi est détaillé page 77 : " Quand la mousse est formée, la laisser agir 30 secondes pour dissoudre le contenu des pores. Faire un premier rinçage […]. Recommencer […]. Cette fois-ci, laisser la mousse séjourner une minute entière pour que les principes actifs du Savon Tho-Radia passent dans la peau et la pénètrent. Rincer à nouveau […] ". " Sans causticité, il décape, déterge et assouplit la peau avec une douceur onctueuse " (p. 123) ; il est même recommandé " pour la toilette des bébés ". Le pain de 100 grammes est vendu 3 francs.
Quant au Dentifrice Tho-Radia, il en est peu question. " Grâce aux propriétés antiseptiques, astringentes et bactéricides des sels de thorium qui en sont la base, [il] détruit la flore microbienne […]. Il assainit et raffermit les gencives, empêche et dissout les dépôts de tartre, prévient et combat les gingivites et met à l’abri des pyorrhées alvéolaires ". Le tube est vendu 6 francs, mais la présence de radium n’y est pas attestée formellement.
Tous ces produits, est-il plusieurs fois précisé, répondent aux normes de la législation pharmaceutique : " Les formules des produits Tho-Radia ont été établies par le docteur A. Curie et enregistrées au Laboratoire de contrôle des médicaments " (p. 59) ; " La poudre (certificat 319.8) et la crème (certificat 319.9) sont des médicaments " (p. 86) ; " La peau doit être médicalement soignée. […] C’est-à-dire qu’on ne doit introduire aucune substance dans ses tissus sans être sûr qu’elle ne pourra pas nuire à leur santé " (p. 86). Dans un tel contexte, le rôle de Moussalli est évidemment central : " […] La préparation de ces produits [est réservée] au seul spécialiste responsable, dont les études et les capacités reconnues par son diplôme officiel offrent toutes les garanties quant au respect de la formule, à l’innocuité et à la valeur thérapeutique des substances employées : le pharmacien. […] Pour faire parvenir ces produits au grand public féminin, la seule voie autorisée [est] la pharmacie " (p. 86).

Onésime
02/01/05