J.P. Euzéby : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire

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Dernière mise à jour le 31 janvier 2007

 

Le latin dans la nomenclature bactérienne

 

 

Voir aussi / See also :
. Definitions and abbreviations in List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature
. Nomenclature bactérienne in Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire
. Glossaire de nomenclature bactérienne in Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire
. Genders of generic names in List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature
. Latin and neo-Latin adjectives or participial adjectives used as specific or subspecific epithets in List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature

 

Sommaire :

Introduction

Noms latins

Noms de la première déclinaison
Noms de la deuxième déclinaison
Noms de la troisième déclinaison
Noms de la quatrième déclinaison
Noms de la cinquième déclinaison
Les noms aux formes dédoublées
Noms grecs latinisés après l'époque romaine
Racines des noms de genre se terminant en -bacterium, -bacter ou -bactrum

Adjectifs qualificatifs latins

Adjectifs de la première classe
Adjectifs de la deuxième classe
Les comparatifs et les superlatifs
Adjectifs verbaux

Adjectifs latins utilisés comme des substantifs

Formation de néologismes latins

Néologismes dérivant des noms patronymiques
Néologismes formés par dérivation
Néologismes formés par composition

Genre des noms

Noms latins de la première déclinaison
Noms latins de la deuxième déclinaison
Noms latins de la troisième déclinaison
Noms latins de la quatrième déclinaison
Noms latins de la cinquième déclinaison
Noms se terminant en -bacterium, en -bactrum ou en -bacter
Noms grecs

Prononciation du latin

Prononciation des voyelles
Prononciation des consonnes
Exemples de prononciation de quelques taxons bactériens
Prononciation des noms et des épithètes formés à partir d'un nom de lieu ou d'un nom d'auteur
Accent tonique des mots latins

Conclusion

Orientation bibliographique
Sites Internet

 

Rosa rosa rosam
Rosae rosae rosa
Rosae rosae rosas
Rosarum rosis rosis

C'est le plus vieux tango du monde
Celui que les têtes blondes
Ânonnent comme une ronde
En apprenant leur latin
C'est le tango du collège
Qui prend les rêves au piège
Et dont il est sacrilège
De ne pas sortir malin
...

Rosa rosa rosam
Rosae rosae rosa
Rosae rosae rosas
Rosarum rosis rosis

C'est le tango du temps des zéros
J'en avais tant des minces des gros
Que j'en faisais des tunnels pour Charlot
Des auréoles pour saint François
C'est le tango des récompenses
Qui vont à ceux qui ont la chance
D'apprendre dès leur enfance
Tout ce qui ne leur servira pas
...

Jacques Brel

 

 

Introduction

L'auteur de ce fichier n'est pas un spécialiste en langues anciennes ! Son but est de rappeler quelques notions de base afin d'aider les bactériologistes à proposer de nouvelles nomenclatures.
La lecture de ce fichier pourra paraître difficile à une personne n'ayant jamais étudié le latin mais la règle 57a du Code de Nomenclature préconise le respect strict des règles de la grammaire latine ce qui impose une étude (même sommaire) des principales formes grammaticales utilisées en bactériologie.
Toutes remarques ou erreurs peuvent être communiquées à J.P. Euzéby.

Toutes les nomenclatures bactériennes sont des mots latins ou latinisés. En latin, les noms, les adjectifs et les pronoms (non envisagés dans ce fichier) obéissent aux catégories de genre (masculin, féminin et neutre), de nombre (singulier et pluriel) et de cas. Les cas servent à indiquer la fonction du mot dans la phrase* et, si on excepte le cas résiduel du locatif, on distingue six cas :
. Le nominatif : cas du sujet ou de son attribut.
. Le vocatif : cas de l'apostrophe.
. L'accusatif : cas du complément d'objet direct et de son attribut.
. Le génitif : cas du complément de nom.
. Le datif : cas du complément d'objet indirect.
. L'ablatif : cas du complément circonstanciel (moyen, manière).

Les cas se caractérisent par une terminaison ou désinence qui varie selon le cas mais aussi en fonction du genre, du nombre et des déclinaisons. En effet, à part quelques rares exceptions, les noms et les adjectifs se déclinent. Le latin possède cinq déclinaisons pour les noms alors que les adjectifs, dont les déclinaisons sont calquées sur celles des noms, se répartissent en deux classes.
Deux formes sont nécessaires pour identifier la déclinaison d'un nom, le nominatif singulier et surtout le génitif singulier.

En bactériologie, l'usage du latin est assez simple car seuls sont utilisés (i) des noms au nominatif singulier, (ii) des noms au nominatif pluriel (uniquement pour les taxons d'un rang hiérarchique supérieur au genre), (iii) des noms au génitif singulier, (iv) des noms au génitif pluriel, (v) des adjectifs au positif, au comparatif ou au superlatif mais toujours au nominatif singulier, (vi) des adjectifs verbaux au nominatif singulier et (vii) les racines des mots afin de former des néologismes.

La racine complète d'un nom ou d'un adjectif latin est trouvée à partir du génitif et non à partir du nominatif. Pour obtenir la racine d'un nom ou d'un adjectif, il suffit de le mettre au génitif singulier et de retrancher la terminaison caractéristique du génitif. Les dictionnaires latins listent les noms et les adjectifs selon leurs nominatifs singuliers mais les génitifs singuliers des noms (indispensables à l'identification des déclinaisons) et, parfois, ceux des adjectifs sont donnés. Par exemple, dans un dictionnaire latin le mot rosa (signifiant rose) est répertorié de la manière suivante : "rosa, ae, f."... ou "rosa -ae, f."... ce qui signifie que le nominatif rosa a pour génitif rosae (-ae étant la désinence du génitif) et que le mot est du genre féminin. La racine de rosa sera donc ros- (génitif rosae auquel on enlève la désinence -ae pour obtenir ros-).

De nombreuses nomenclatures bactériennes dérivent de mots grecs mais ces mots doivent être latinisés. La latinisation d'un mot grec n'est pas toujours aisée notamment pour ce qui concerne les adjectifs. Les noms grecs latinisés par les romains sont envisagés avec les noms latins et seules quelques indications sommaires concernant les noms grecs latinisés après l'époque romaine sont données ci-dessous.

Le latin possède de nombreuses exceptions grammaticales qui ne peuvent pas toujours être passées sous silence car plusieurs nomenclatures bactériennes font appel à ces exceptions. En revanche, les cas rares ou les formes irrégulières non utilisés en bactériologie ne seront pas pris en considération et le lecteur est prié de se reporter à un dictionnaire latin ou à une grammaire latine pour de plus amples informations. C'est le cas des noms de la première déclinaison ayant un génitif singulier en -ai, des noms de la quatrième déclinaison pouvant avoir un génitif en -i, des noms de la cinquième déclinaison ayant un génitif en -i...

 

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Noms latins

 

Première déclinaison

. Le nominatif singulier est en -a.
. Le génitif singulier est en -ae.
. Le nominatif pluriel est en -ae.
. Le génitif pluriel est en -arum.

Exemples de racines obtenues à partir de noms de la première déclinaison : la racine de aqua aquae (eau) est aqu- ; de capsa capsae (boîte) est caps- ; de catena catenae (chaîne) est caten- ; de incola incolae (un habitant) est incol- ; de margarita margaritae (perle) est margarit- ; de sphaera sphaerae (sphère) est sphaer- ; de spira spirae (spirale, spire) est spir-...

Quelques noms de la première déclinaison se termine en -as avec un génitif en -ae. Par exemple, asterias -ae (une sorte de héron) ou trichias -ae (une sorte de sardine)  dont les racines sont respectivement asteri- et trichi-.

Deuxième déclinaison

. Le nominatif singulier est généralement en -us (noms du genre masculin ou plus rarement du genre féminin ou exceptionnellement du genre neutre) ou en -um (noms du genre neutre).
. Le génitif singulier est en -i.
. Le nominatif pluriel est en -i lorsque le nominatif singulier est en -us ou en -a lorsque le nominatif singulier est en -um.
. Le génitif pluriel est en -orum.

Quelques noms de la deuxième déclinaison n'ont pas la désinence -us ou -um au nominatif singulier. Il s'agit (i) de noms empruntés au grec dont la désinence peut être en -os, en -eus ou en -on ; (ii) de vir viri (homme) et de ses composés (triumvir, semivir...) et (iii) de quelques noms en -er : ager agri (champ), aper apri (sanglier), conger congri (congre), liber libri (livre), puer pueri (enfant), raster rastri (râteau, bêche)...

Balneum -i, (le bain, la salle de bains d'un particulier, l'eau du bain) fait au pluriel balneae -arum (première déclinaison) et signifie les bains publics.

Exemples de racines obtenues à partir de noms de la deuxième déclinaison : la racine de ager agri (champs) est agr- ; de bacillus (ou bacillum) bacilli (baguette) est bacill- ; de caseus casei (fromage) est case- ; de equus equi (cheval) est equ- ; de oceanus oceani (océan) est ocean- ; de oscillum oscilli (balançoire) est oscill- ; de reticulum reticuli (réseau, sachet, résille) est reticul- ; de sputum sputi (crachat) est sput- ; de vir viri (homme) est vir-...

Troisième déclinaison

. Le nominatif singulier possède des formes très variées (-al, -ar, -as, -e, -er, -es, -is, -men, -o, -on, -or, -os, -us, -ut, -x, -ys, ...).
. Le génitif singulier est en -is (sauf pour certains noms dérivés du grec dont le nominatif et en -ys et dont le génitif est en -os ; par exemple chelys chelyos, tortue, lyre, la constellation de la Lyre).
. Le nominatif pluriel des noms masculins ou féminins est en -es et celui des noms neutres est en -a ou en -ia (Cf. infra).
. Le génitif pluriel est en -um ou en -ium (Cf. infra).

La troisième déclinaison comprend des noms imparisyllabiques qui n'ont pas le même nombre de syllabes au nominatif singulier et au génitif singulier (exemples : homo hominis, homme ou salmo salmonis, saumon) et des noms parisyllabiques qui ont le même nombre de syllabes au nominatif singulier et au génitif singulier (exemples : avis avis, oiseau ou canis canis, chien ou ovis ovis, brebis). Dans un dictionnaire latin, ces noms sont cités de la manière suivante : homo, inis (ou homo -inis) dont la racine est homin-, salmo, onis (ou salmo -onis) dont la racine est salmon-, avis, is (ou avis -is) dont la racine est av-, canis, is (ou canis -is) dont la racine est can- et ovis, is (ou ovis -is) dont la racine est ov-.

Quelques noms en -al et en -ar se terminaient primitivement en -ale et en -are et ce sont de faux imparisyllabiques (exemple : animal [primitivement animale] animalis, un animal). Se comportent également comme de faux imparisyllabiques les noms dont le radical se termine par deux consonnes (exemples : os ossis, un os, dont le radical est oss- ; fons fontis, une source, dont le radical est font- ; infans infantis dont le radical est infant- ; mons montis, une montagne, dont le radical est mont-...). Cependant, les mots d'une seule syllabe, d'origine grecque et dont le radical se termine par deux consonnes se comportent comme de vrais imparisyllabiques. C'est le cas par exemple de lynx lyncis, le lynx, dont le radical est lync-

Les noms masculins ou féminins ont le nominatif pluriel en -es, les noms neutres imparisyllabiques ont le nominatif pluriel en -a et les noms neutres parisyllabiques ont le nominatif pluriel en -ia.

Les imparisyllabiques ont le plus souvent le génitif pluriel en -um et les parisyllabiques ont le plus souvent le génitif pluriel en -ium. Par exemple, le génitif pluriel de homo est hominum, celui de salmo est salmonum**, celui de avis est avium, celui de animal (faux imparisyllabique) est animalium, de infans (faux imparisyllabique) est infantium, de mons (faux imparisyllabique) est montium... Par contre le génitif pluriel de lynx lyncis, qui se comporte comme un vrai imparisyllabique, est lyncum.

Parmi les noms qui font exception et qui sont ou qui pourraient être utilisés en bactériologie on trouve :

1) Des imparisyllabiques dont le génitif pluriel est en -ium : mas maris (mâle) dont le génitif pluriel est marium, mus muris (rat) dont le génitif pluriel est murium, hospes hospitis (hôte) dont le génitif pluriel est hospitium, nix nivis (neige) dont le génitif pluriel est nivium et trabs trabis (poutre et au sens figuré arbre élevé, bateau, toit, plafond, maison) dont le génitif pluriel est trabium.
Anas anatis (canard) fait au génitif pluriel anatum ou anatium.
Cervix cervicis est pratiquement toujours utilisé au pluriel, cervices (nuque, cou) et son génitif pluriel est cervicium ou cervicum.
Faux faucis est pratiquement toujours utilisé au pluriel, fauces (gosier, gorge, passage étroit, défilé, gorge, cratère....) et son génitif pluriel est faucium.

2) Des parisyllabiques dont le génitif pluriel est en -um : accipiter accipitris (épervier) dont le génitif pluriel est accipitrum, canis canis (chien) dont le génitif pluriel est canum, juvenis juvenis (jeune homme, jeune fille) dont le génitif pluriel est juvenum et senex senis (vieillard) dont le génitif pluriel est senum.
Apis apis (abeille) fait au génitif pluriel apum ou, quelquefois, apium.
Renes (utilisé toujours au pluriel et signifiant les reins, les lombes) fait au génitif renum et parfois renium.
Sedes sedis (le siège, le séjour) fait au génitif pluriel sedum ou, quelquefois, sedium.

Certains mots d'une seule syllabe ne possèdent pas de génitif pluriel attesté bien qu'ils présentent un pluriel aux autres cas. C'est le cas de cor cordis (cœur), de os oris (bouche, visage), de rus ruris (campagne)...

Quelques noms ont une déclinaison très particulière et ces particularités sont généralement signalées dans les dictionnaires. Ainsi, le génitif pluriel de bos bovis (bœuf, vache) est boum, le génitif pluriel de (h)olus -eris (légume, plante potagère et spécialement chou) est (h)olerorum, le génitif pluriel de vas vasis (récipient) est vasorum...

Cepe ou caepe, l'oignon, n'est pratiquement utilisé qu'au nominatif et à l'accusatif. Pour désigner une bactérie isolée de l'oignon ou des oignons, un bactériologiste devra utiliser le mot cepa -ae ou caepa -ae (première déclinaison) et proposer cepae ou caepae (génitifs singuliers) ou ceparum ou caeparum (génitifs pluriels).

Exemples de racines obtenues à partir de noms de la troisième déclinaison : la racine de animal animalis (animal) est animal- ; de arbor arboris est arbor- ; de bos bovis (bœuf, vache) est bov- ; de canis canis (chien) est can- ; de caro carnis (chair, viande) est carn- ; de caput capitis (tête) est capit- ; de corpus corporis (corps) est corpor- ; de feles (ou felis) felis (chat) est fel- ; de genus generis (origine, naissance, race, espèce, sorte, genre...) est gener- ; de leo leonis (lion) est leon- ; de mare maris (mer) est mar- ; de monile monilis (collier) est monil- ; de rumis rumis (rumen, estomac, ventre, panse) est rum- ; de sanguis sanguinis (sang) est sanguin-...

Quatrième déclinaison

. Le nominatif singulier est en -us (noms du genre masculin ou féminin) ou en -u (noms du genre neutre).
. Le génitif singulier est en -us.
. Le nominatif pluriel est en -us lorsque le nominatif singulier est en -us ou en -ua lorsque le nominatif singulier est en -u.
. Le génitif pluriel est en -uum.

Le mot pecu (bétail, troupeau) ne possède pas de génitif singulier et il est employé surtout au pluriel. Si un bactériologiste désire utiliser le nom pecu pour nommer une espèce bactérienne isolée du bétail, il devra proposer l'épithète pecuum (génitif pluriel).
Une alternative consiste à employer le mot pecus -oris (troisième déclinaison) et à proposer le genitif singulier pecoris ou le génitif pluriel pecorum. L'épithète pecorum a été utilisée en nomenclature bactérienne : Chlamydia pecorum , Chlamydophila pecorum.

Le mot neutre gelu -us (gel, glace) n'est pratiquement employé qu'à l'ablatif et pour les autres cas, il est préférable d'utiliser le nom masculin gelus -us (quatrième déclinaison) ou le nom neutre gelum -i (deuxième déclinaison). À la connaissance de l'auteur, les mots gelu, gelus ou gelum n'ont jamais été utilisés en nomenclature bactérienne et les bactériologistes ont préféré l'emploi de l'adjectif gelidus (par exemple Gelidibacter et Cellulomonas gelida) ou du nom de la cinquième déclinaison glacies -ei (Glaciecola, Halomonas subglaciescola, Psychrobacter glacincola).

Exemples de racines obtenues à partir de noms de la quatrième déclinaison : la racine de cornu cornus (corne) est corn- ; de flexus flexus (flexion, courbure, courbe) est flex- ; de gelus gelus (gelée, glace) est gel- ; de lacus lacus (réservoir, bassin, cuve) est lac- ; de manus manus (main) est man- ; de sputus sputus (crachat) est sput-...

Cinquième déclinaison

. Le nominatif singulier est en -es.
. Le génitif singulier en -ei.
. Le nominatif pluriel est en -es.
. Le génitif pluriel est en -erum.

Exemples de racines obtenues à partir de noms de la cinquième déclinaison : la racine de dies diei (jour) est di- ; de eluvies eluviei (eau qui coule, ravin, fondrière, écoulement des eaux sales, inondation) est eluvi- ; de facies faciei (aspect général, physique) est faci- ; de glacies glaciei (glace, glaçon) est glaci- ; de ingluvies ingluviei (gésier, jabot, estomac, voracité, gloutonnerie) est ingluvi- ; de scabies scabiei (aspérité, rugosité, gale) est scabi-...

Les noms aux formes dédoublées

Quelques noms peuvent suivre deux déclinaisons. Parmi ceux susceptibles d'être utilisés en bactériologie on peut citer : buxum (ou buxus) -i ou buxus -us (le buis), cupressus -i ou cupressus -us (le cyprès) ; ficus -i ou ficus -us (le figuier) ; gelum -i ou gelus -us (gelée, glace) ; laurus -i ou laurus -us (le laurier) ; margarita -ae ou margaritum -i (la perle) ; myrtus -i ou myrtus -us (le myrte), pinus -i ou pinus -us (le pin) et sputum -i ou sputus -us (crachat).

Noms grecs latinisés après l'époque romaine

Les noms scientifiques des taxons bactériens dérivés du grec doivent être latinisés. Les racines de quelques noms grecs latinisés après l'époque romaine sont données ci-dessous :
La racine de chlamys chlamydis (un manteau grossier) est chlamyd- ; de coma comae (chevelure, toison) est com- ; de coccus cocci (grain) est cocc- ; de derma dermatos (peau) est dermat- ; de haema haematos (sang) est haemat- ; de hals halis (sel) est hal- ; de monas monadis (unité, monade) est monad- ; de myces mycetis (champignon) est mycet- ; de nema nematis (filament, fil) est nemat- ; de ornis ornithis (oiseau) est ornith- ; de plasma plasmatis (forme) est plasmat- ; de soma somatis (corps) est somat- ; de thrix trichis (cheveu) est trich-...

Racines des noms de genre se terminant en -bacterium, -bacter ou -bactrum

Dans son avis n° 2, la "Judicial Commission" a fixé la racine des noms de genre se terminant en -bacterium, en -bactrum ou en -bacter de la manière suivante : la racine des mots se terminant en -bacterium est bacteri-, la racine des mots se terminant -bactrum (ou -bactron) est bactr- et la racine des mots se terminant en -bacter est bacter-.

 

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Adjectifs qualificatifs latins

Les adjectifs qualificatifs latins se divisent en deux classes. Si la déclinaison des adjectifs de la première classe est simple, il n'en va pas de même pour celle des adjectifs de la deuxième classe.
En latin, les adjectifs s'accordent en genre, en nombre et en cas avec les noms. En bactériologie, seul l'accord avec le genre du nom est à prendre en considération. En effet, un adjectif utilisé comme épithète spécifique ou sous-spécifique doit s'accorder avec le nom du genre bactérien qui peut être masculin, féminin ou neutre mais qui est toujours un nominatif au singulier.

Adjectifs de la première classe

Ces adjectifs possèdent une forme différente pour chaque genre. Ils se déclinent au masculin comme un nom masculin de la deuxième déclinaison (nominatif en -us ou, plus rarement, en -er et génitif en -i), au féminin comme un nom de la première déclinaison (nominatif en -a et génitif en -ae) et au neutre comme un nom neutre de la deuxième déclinaison (nominatif en -um et génitif en -i).

Les dictionnaires indiquent la forme du nominatif singulier pour chacun des genres mais pas les génitifs singuliers. Par exemple, dans un dictionnaire latin l'adjectif bonus (signifiant bon) est cité de la manière suivante : "bonus, a, um" ou "bonus -a -um" ce qui signifie que le nominatif masculin singulier de l'adjectif est bonus, le nominatif féminin singulier est bona et le nominatif singulier neutre est bonum. Les génitifs ne sont pas donnés mais ils sont faciles à former. Au masculin le génitif est boni (formé sur la deuxième déclinaison), au féminin bonae (formé sur la première déclinaison) et au neutre boni (formé sur la deuxième déclinaison). La racine de l'adjectif sera donc bon-

Exemples de racines obtenues à partir d'adjectifs de la première classe :
. Albus alba album (blanc) dont le génitif singulier est albi (au masculin ou au neutre) ou albae (au féminin) a pour racine alb-
. Flavus flava flavum (jaune) dont le génitif singulier est flavi (au masculin ou au neutre) ou flavae (au féminin) a pour racine flav-.
. Fulvus fulva fulvum (jaunâtre) dont le génitif singulier est fulvi (au masculin ou au neutre) ou fulvae (au féminin) a pour racine fulv-.
. Modestus modesta modestum (modéré, réservé) dont le génitif singulier est modesti (au masculin ou au neutre) ou modestae (au féminin) a pour racine modest-.
. Pulcher pulchra pulchrum (beau) dont le génitif singulier est pulchri (au masculin ou au neutre) ou pulchrae (au féminin) a pour racine pulchr-.
. Ruber rubra rubrum (rouge) dont le génitif singulier est rubri (au masculin ou au neutre) ou rubrae (au féminin) a pour racine rubr-.

Quelques adjectifs de la première classe ont (ou peuvent avoir) un génitif singulier en -ius pour les trois genres et cette forme particulière est généralement indiquée dans les dictionnaires. Ces exceptions ont peu d'importance en bactériologie car les adjectifs sont utilisés au nominatif singulier. La racine de ces adjectifs sera toujours obtenue en retranchant la désinence du génitif (-ius).
Exemples :
. Alter -era -erum qui peut s'utiliser comme un pronom ou un déterminant indéfini (l'un, l'autre, l'un des deux, autrui, autre), génitif alterius, a pour racine alter-.
. Neuter -tra -trum (neutre), génitif neutrius, a pour racine neutr-.
. Solus -a -um (seul), génitif solius, a pour racine sol-.
. Totus -a -um (entier, tout entier), génitif totius, a pour racine tot-.
. Unus -a -um (seul, unique), génitif unius, a pour racine un-.

Adjectifs de la deuxième classe

Ces adjectifs empruntent leurs formes à la troisième déclinaison et leurs génitifs singuliers sont en -is. Ils peuvent avoir (i) un nominatif singulier identique pour les trois genres ou (ii) un nominatif singulier en -is pour le masculin et le féminin et un nominatif singulier en -e pour le neutre ou (iii) un nominatif singulier variant selon les trois genres.

Lorsque ces adjectifs ont un nominatif singulier commun aux trois genres, les dictionnaires donnent la forme du nominatif singulier suivie de celle du génitif singulier. Par exemple, dans un dictionnaire latin l'adjectif ferax (signifiant fertile, fécond) est répertorié de la manière suivante : "ferax, acis" ou "ferax -acis" ce qui signifie que le nominatif singulier au masculin, au féminin ou au neutre est ferax et que le génitif est toujours feracis. La racine de l'adjectif sera donc ferac-.

Lorsque ces adjectifs ont un nominatif singulier en -is pour les genres masculin et féminin et un nominatif en -e pour le genre neutre, les dictionnaires donnent les nominatifs mais pas les génitifs. Par exemple, dans un dictionnaire latin l'adjectif friabilis (signifiant friable) est répertorié de la manière suivante : "friabilis, e" ou "friabilis -e" ce qui signifie que le nominatif au masculin et au féminin est friabilis et que le nominatif au neutre est friabile. Les génitifs singuliers ne sont pas donnés mais comme l'adjectif se décline selon la troisième déclinaison il sera toujours friabilis. La racine de l'adjectif sera donc friabil-

Lorsque le nominatif singulier varie selon les trois genres, les dictionnaires donnent les trois nominatifs singuliers mais pas les génitifs. Par exemple, dans un dictionnaire latin l'adjectif acer (signifiant pointu, perçant, vif) est cité de la manière suivante : "acer, cris, cre" ou "acer -cris -cre" ce qui signifie que le nominatif masculin est acer, le nominatif féminin est acris et le nominatif neutre acre. Les génitifs singuliers ne sont pas donnés mais comme l'adjectif se décline selon la troisième déclinaison il sera toujours acris. La racine de l'adjectif sera donc acr-

Exemples de racines obtenues à partir d'adjectifs de la deuxième classe :
. Vorax vorax vorax (vorace) dont le génitif singulier est voracis a pour racine vorac-.
. Frequens frequens frequens (nombreux, fréquent, répété) dont le génitif singulier est frequentis a pour racine frequent-.
. Facilis facilis facile (facile) dont le génitif singulier est facilis a pour racine facil-.
. Tolosensis tolosensis tolosense (relatif à Tolosa, actuellement Toulouse) a pour racine tolosens-.
. Celer celeris celere (rapide) dont le génitif singulier est celeris a pour racine celer-.
. Volucer volucris volucre (qui vole, ailé, rapide, léger) dont le génitif singulier est volucris a pour racine volucr-.

Les comparatifs et les superlatifs

Comme en français, les adjectifs latins peuvent avoir trois degrés de signification : le positif, le comparatif et le superlatif. Les comparatifs et les superlatifs sont parfois utilisés en nomenclature bactérienne.
Exemples de noms d'espèces dont l'épithète est un comparatif : Flectobacillus major, Lactobacillus minor, Thermocladium modestius...
Exemples de noms d'espèces dont l'épithète est un superlatif : Bifidobacterium minimum, Corynebacterium minutissimum, Sarcina maxima, Streptomyces fulvissimus...

Un comparatif ou un superlatif s'accorde en genre, en nombre et en cas avec le nom qu'il détermine. En bactériologie, seul l'accord en genre est à prendre en considération car le nom d'un genre bactérien est toujours un nominatif au singulier.

À l'exception des formes particulières, les comparatifs et les superlatifs se forment de manière similaire pour les adjectifs de la première et de la deuxième classe.

Comparatifs

Le comparatif des formes régulières est obtenu par l'adjonction du suffixe -ior (au masculin ou au féminin) ou du suffixe -ius (au neutre) à la racine de l'adjectif. Exemples : frequentior, frequentior, frequentius ; modestior, modestior, modestius ; prudentior, prudentior, prudentius...

Les adjectifs en -dicus, -ficus et -volus intercalent le suffixe -ent- entre le radical et le suffixe -ior ou -ius.
Exemples :
. Modicus (modéré) : modicentior, modicentius.
. Pacificus (pacifique) : pacificentior, pacificentius.
. Helvolus (jaunâtre) : helvolentior, helvolentius.

Superlatifs

. Le superlatif des formes régulières est le plus souvent obtenu par l'adjonction du suffixe -issimus (au masculin), -issima (au féminin) ou -issimum (au neutre) à la racine de l'adjectif. Exemples : frequentissimus, frequentissima, frequentissimum ; fulvissimus, fulvissima, fulvissimum ; prudentissimus, prudentissima, prudentissimum...

. Pour les adjectifs dont le nominatif masculin singulier est en -er, on ne tient pas compte de la racine et on ajoute le suffixe -rimus, -rima, -rimum au nominatif masculin singulier. Exemples : pulcher a pour superlatif pulcherrimus, pulcherrima, pulcherrimum ; acer a pour superlatif acerrimus, acerrima, acerrimum...

. Les adjectifs en -dicus, -ficus et -volus intercalent le suffixe -ent- entre le radical et le suffixe -issimus, -issima ou -issimum. Exemples : modicus : modicentissimus -a -um ; pacificus : pacificentissimus -a -um ; helvolus : helvolentissimus -a -um.

Formes particulières

Les formes particulières sont malheureusement nombreuses. Pour se limiter aux formes particulières utilisées (ou utilisables) en bactériologie on peut citer :

. Bonus (bon) : comparatif melior, melior, melius ; superlatif optimus, optima, optimum.
. Magnus (grand) : comparatif major, major, majus ; superlatif maximus, maxima, maximum.
. Malus (mauvais) : comparatif pejor, pejor, pejus ; superlatif pessimus, pessima, pessimum.
. Multi (nombreux) : comparatif plures, plures, plura ; superlatif plurimi, plurimae, plurima.
. Parvus (petit) : comparatif minor, minor, minus ; superlatif minimus, minima, minimum.
. Proprius (propre, spécial) : comparatif proprior, proprior, proprius ; superlatif normal : propriissimus propriissima propriissimum.
. Vetus (vieux) : comparatif vetustior, vetustior, vetustius ; superlatif : veterrimus, veterrima, veterrimum.

. Exterus ou exter (extérieur) fait au superlatif extremus, extrema, extremum.
. Inferus ou infer (inférieur) fait au superlatif infimus, infima, infimum.
. Posterus (postérieur) fait au superlatif postremus, postrema, postremum.
. Propinquus (rapproché, voisin) fait au superlatif proximus, proxima, proximum.
. Superus (supérieur) fait au superlatif superrimus, superrima, superrimum ou supremus, suprema, supremum.

. Six adjectifs, dont le nominatif masculin singulier est en -lis ( facilis, difficilis, similis, dissimilis, gracilis et humilis), ont un superlatif obtenu par l'adjonction du suffixe -limus, -lima, -limum à la racine de l'adjectif.
Exemples : facillimus, facillima, facillimum ; simillimus, simillima, simillimum ; gracillimus, gracillima, gracillimum...
Beaucoup d'adjectifs en -ilis ou -bilis, tels que agilis et probabilis, n'ont pas de superlatifs avérés en latin classique.

. Quelques adjectifs ont un comparatif ou un superlatif mais pas de positif. Exemples : ocior ocius (plus rapide), ocissimus -a -um (le plus rapide) ; potior potius (meilleur, préférable), potissimus -a -um (le plus important).

. Quelques comparatifs et superlatifs, formés sur des adverbes ou des prépositions, ne correspondent à aucun adjectif au positif :
- Citerior, citerior, citerius (plus en deçà) ; citimus, citima, citimum (le plus en deçà).
- Interior, interior, interius (plus en dedans, plus intérieur) ; intimus intima, intimum (le plus intérieur).
- Prior, prior, prius (plus en avant, précédent, antérieur, plus remarquable) ; primus, prima, primum (le plus en avant, le premier).
- Propior, propior, propius (plus proche, plus voisin, plus récent) ; proximus, proxima, proximum (le plus proche, le plus récent).
- Ulterior, ulterior, ulterius (ultérieur) ; ultimus, ultima, ultimum (le plus au delà, le plus éloigné, le plus grand, le plus élevé).

Adjectifs verbaux

Participes passés utilisés comme adjectifs

Les adjectifs issus des participes passés ont très généralement un suffixe en -tus -a -um ou en -sus -a -um, ils se déclinent tous comme des adjectifs de la première classe et ils s'accordent en genre, en nombre et en cas avec les noms. En bactériologie, seul l'accord en genre est à prendre en considération car le nom d'un genre bactérien est toujours un nominatif au singulier. Les participes passés utilisés comme adjectifs sont cités dans les dictionnaires et leur utilisation en nomenclature bactérienne ne pose donc pas de problèmes particuliers.
Exemples de participes passés utilisés comme adjectifs : aggregatus -a -um (du verbe aggregare ammonceler, accumuler, agréger), cuneatus -a -um (du verbe cuneare servir de coin, donner la forme d'un coin),  flexus -a -um (du verbe flectere couber, ployé, plier), latus -a -um (du verbe ferre porter, présenter, supporter), odoratus -a -um (du verbe odorare parfumer), ...

Participes présents utilisés comme adjectifs

Les participes présents sont parfois utilisés comme adjectifs dans les épithètes spécifiques ou sous-spécifiques. Exemples : aerofaciens, cellulosolvens, fascians, fermentans, flavescens, inhibens, interrogans, liquefaciens, marcescens, multivorans, nigrifluens, nitroreducens, oboediens, pallens, resistens, rubrifaciens, rubrilucens, viridans...

L'étude des différentes conjugaisons latines sort du cadre de ce fichier et la manière de former un participe présent, telle qu'elle est donnée ci-dessous, est peu orthodoxe ! Toutefois elle peut être mise en œuvre par un non-latiniste et elle ne semble pas conduire à des erreurs (à l'exception de quelques verbes irréguliers et des verbes déponents ; cf. infra).

Dans un dictionnaire latin, les verbes sont listés selon la première personne du singulier de l'indicatif présent qui se termine par la lettre -o (à l'exception des verbes déponents et de quelques verbes irréguliers ; cf. infra).
. Parmi les formes grammaticales proposées dans les dictionnaires latin-français figure pratiquement toujours la désinence de l'infinitif qui est en -are (verbes de la première conjugaison), -ere (verbes de la deuxième et troisième conjugaison) ou -ire (verbes de la quatrième conjugaison). La désinence de l'infinitif peut être différente pour quelques verbes irréguliers et pour les verbes déponents.
. Dans les dictionnaires latin-anglais, la désinence de l'infinitif n'est généralement pas indiquée mais après le radical du parfait et du supin figure le chiffre 1, 2, 3 ou 4. Ces chiffres correspondent au numéro de la conjugaison : 1 pour la première conjugaison dont l'infinitif est en -are, 2 pour la deuxième conjugaison dont l'infinitif est en -ere, 3 pour la troisième conjugaison dont l'infinitif est également en -ere et 4 pour la quatrième conjugaison dont l'infinitif est en -ire. Exemple : Amo, avi, atum, 1 signifie que le verbe amo (aimer) a pour parfait amavi, pour supin amatum et qu'il se conjugue selon la première déclinaison (son infinitif sera donc en -are).

Pour former le participe présent des verbes dont l'infinitif est en -are il suffit de remplacer le -o de la première personne du singulier de l'indicatif présent par la désinence -ans.
Pour former le participe présent des verbes dont l'infinitif est en -ere il suffit de remplacer le -o de la première personne du singulier de l'indicatif présent par la désinence -ns si le -o est précédé d'un e ou par la désinence -ens dans tous les autres cas (-o précédé d'un i, d'un u ou d'une consonne).
Pour former le participe présent des verbes dont l'infinitif est en -ire il suffit de remplacer le -o par la désinence -ens.

Exemples :

1) Infinitif en -are :
. Fascio -are (bander, lier, attacher) : fascians.
. Fermento -are (fermenter, aigrir) : fermentans.
. Interrogo -are (interroger, questionner) : interrogans
. Virido -are (rendre vert, devenir vert) : viridans.
. Voro -are (dévorer, manger avidement) : vorans.

2) Infinitif en -ere
. Facio -ere (faire) : faciens.
. Flavesco -ere (devenir jaune, jaunir) : flavescens.
. Fluo -ere (couler, s'écouler, s'amollir, glisser) : fluens.
. Inhibeo -ere (retenir, arrêter) : inhibens.
. Liquefacio -ere (faire fondre, liquéfier) : liquefaciens.
. Marcesco -ere (se flétrir, se faner) : marcescens.
. Palleo -ere (être pâle, se décolorer, se ternir) : pallens
. Reduco -ere (ramener, rétablir, amener à un autre état, réduire) : reducens.
. Resisto -ere (s'arrêter, opposer de la résistance, résister) : resistens.
. Solvo -ere (délier, dénouer, désagréger, dissoudre) : solvens.

3) Infinitif en -ire
. Oboedio -ire (obéir, être soumis) : oboediens.

Le participe présent de tous les verbes irréguliers ne peut être construit selon le modèle présenté ci-dessus et quelques exemples sont donnés dans la liste suivante.
. Eo (infinitif ire, aller) a pour participe présent iens. Pour les composés de eo (abeo, adeo, exeo, ineo, intereo, obeo, pereo, queo, transeo...), le participe présent est formé de manière similaire.
. Fero (infinitif ferre, porter) a pour participe présent ferens. Pour les composés de fero (adfero ou affero, aufero, confero, defero, differo, effero, infero, offero, praefero, refero, suffero, transfero...), le participe présent est formé de manière similaire.
. Malo (infinitif malle, aimer mieux) a pour participe présent malens.
. Nolo (infinitif nolle, ne pas vouloir) a pour participe présent nolens.
. Possum (infinitif posse, pouvoir) a pour participe présent potens.
. Sum (infinitif esse, être) n'est pas utilisé au participe présent sauf dans deux composés de esse : praesens, présent et absens, absent.
. Volo (infinitif velle, vouloir) a pour participe présent volens.

Pour les verbes déponents***, la première personne du singulier de l'indicatif présent se termine en -or. À la connaissance de l'auteur, seuls cinq verbes déponents ont été utilisés dans la nomenclature bactérienne : comitor (infinitif comitari, accompagner), imitor (infinitif imitari, imiter), labor (infinitif labi, glisser, trébucher, tomber), nascor (infinitif nasci, naître) et utor (infinitif uti, se servir de). Leurs participes présents sont, respectivement, comitans (par exemple, Actinobacillus actinomycetemcomitans), imitans (par exemple, Mycoplasma imitans), labens (par exemple, Nonlabens),  nascens (par exemple, Rhodococcus marinonascens) et utens (par exemple, Methanococcoides methylutens). Avant de proposer une nouvelle nomenclature faisant appel au participe présent d'un autre verbe déponent, un bactériologiste non-latiniste devrait consulter un professeur de latin.

Un participe présent utilisé comme adjectif s'accorde en genre, en nombre et en cas avec le nom qu'il détermine. En bactériologie, cet accord est facile à faire car (i) les noms des genres bactériens sont au nominatif singulier et (ii) les participes présents possèdent un nominatif singulier identique pour les trois genres. Ainsi, que le nom du genre bactérien soit masculin, féminin ou neutre, le nominatif singulier de la forme adjectivale du participe présent de fascio est toujours fascians, celui de liquefacio est toujours liquefaciens, celui de oboedio est toujours oboediens...

La racine d'un participe présent est parfois utilisée pour former un néologisme par composition (Cf. infra). Pour obtenir cette racine, il convient d'utiliser le génitif et de retrancher la terminaison -is du génitif. Le génitif d'un participe présent s'obtient en remplaçant les deux dernières lettres du nominatif (-ns) par -ntis. Exemples: fascians fasciantis a pour racine fasciant-, liquefaciens liquefacientis a pour racine liquefacient-, oboediens oboedientis a pour racine oboedient-...

 

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Adjectifs latins utilisés comme des substantifs

 

En bactériologie, des adjectifs ou des adjectif verbaux peuvent être utilisés pour les noms de genres, mais ces adjectifs doivent être traités comme des noms (substantifs). Une telle substantivation existe également en latin classique, par exemple serpens (un serpent) est un substantif dérivé du participe présent du verbe serpere (ramper).
Exemples d'adjectifs et d'adjectifs verbaux utilisés dans les noms de genres :
. Halorubrum (adjectif ruber -bra -brum, rouge) qui doit être considéré comme un nom du genre neutre.
. Methanosalsum (adjectif salsus -a -um, salé) qui doit être considéré comme un nom du genre neutre.
. Methanomethylovorans (participe présent utilisé comme adjectif et dérivé du verbe vorare, dévorer, manger avidement) qui doit être considéré comme un nom du genre féminin.
. Myceligenerans (participe présent utilisé comme adjectif et dérivé du verbe generare engendrer, produire) qui doit être considéré comme un nom du genre neutre.
. Amycolata (participe passé utilisé comme adjectif et dérivé du verbe ferre porter, présenter, supporter) qui doit être considéré comme un nom du genre féminin.
. Aquiflexum (participe passé utilisé comme adjectif et dérivé du verbe flectere couber, ployé, plier) qui doit être considéré comme un nom du genre neutre.

Les noms des taxons d'un rang hiérarchique supérieur au genre et incluant les ordres sont des adjectifs qualifiant le nom Procaryotae, mais ils doivent être traités comme des noms (substantifs) et ils sont au nominatif féminin pluriel. En pratique, ces adjectifs sont construits en ajoutant à la racine du genre type le suffixe -inae (sous-tribu), -eae (tribu), -oideae (sous-famille), -aceae (famille), -ineae (sous-ordre) ou -ales (ordre).

 

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Formation de néologismes latins

 

De nombreux néologismes latins sont utilisés en nomenclature bactérienne. Nous envisagerons ci-dessous quelques néologismes forgés sur les noms patronymiques, les néologismes formés par dérivation et les néologismes formés par composition.
La formation de néologismes à partir de composés chimiques a fait l'objet d'un article très documenté, disponible sur Internet (R.E. Buchanan: Chemical terminology and microbiological nomenclature) et auquel le lecteur pourra aisément se reporter pour des renseignements complémentaires.

Néologismes dérivant des noms patronymiques

Les nomenclatures bactériennes sont fréquemment proposées pour honorer un bactériologiste ou un biologiste. La manière de latiniser un patronyme a fait l'objet de controverses et de plusieurs publications. En 1993, MacAdoo a rappelé l'origine des noms patronymiques utilisés par les romains et les règles ou usages présidant à la formation des prenomina (prénoms) des nomina (noms de famille transmis aux descendants) et des cognomina (noms basés sur une caractéristique physique, sur un trait de caractère, sur l'origine géographique, sur le métier..., mais pas automatiquement transmis à la descendance). MacAdoo proposait également une règle simple consistant à traiter tous les patronymes modernes comme des nomina.
Trüper fait remarquer que les patronymes actuels correspondent soit à des prenomina soit à des nomina soit à des cognomina ce qui l'a conduit à proposer des règles malheureusement un peu complexes. Ces règles sont les plus utilisées, elles devraient figurer dans la nouvelle version du Code et elles sont présentées ci-dessous.

Formation d'un nom de genre à partir d'un patronyme

Le Code de Nomenclature prévoit que la formation d'un nom de genre soit basée sur le nom patronymique lui-même ou sur un diminutif de ce nom. La manière de former ces noms latins est présentée dans le tableau I.

Formation d'une épithète spécifique ou sous-spécifique à partir d'un patronyme

Une épithète formée sur un patronyme peut être un nom au génitif singulier ou un adjectif au nominatif singulier qui s'accorde en genre avec le nom du genre bactérien. Le tableau II illustre la manière de former les génitifs et le tableau III la manière de former les adjectifs.
Le nomen latin qui correspond à notre nom de famille était sous une forme adjectivale. Pratiquement tous les noms de famille latins se terminaient en -ius pour un homme et en -ia pour une femme (les désinences du nomen en -arna, -erna, -inna ou -ina sont d'origine étrusque). Au génitif, on a donc les terminaisons -ii pour un homme et -iae pour une femme. De ce fait, de nombreux patronymes modernes latinisés et employés au génitif, ont des désinences en -ii ou en -iae (voir tableau II).

Cas particuliers des patronymes comportant un préfixe, un article ou une particule

Les préfixes, les articles et les particules des noms patronymiques peuvent poser un problème lorsque de tels noms sont utilisés en nomenclature bactérienne. La recommandation 60C.4 de l'International Code of Botanical Nomenclature donne quelques conseils qui pourraient être suivis en bactériologie (dans les exemples hypothétiques cités ci-dessous, les épithètes ont été arbitrairement choisies pour un honorer une personne du sexe masculin) :

. Les préfixes Mac ou Mc ou M' utilisés dans les noms d'origine écossaise devraient être écrits Mac (pour un nom de genre) ou mac (pour une épithète) et conservés.
Exemples : "Macdonellia" (nom de genre) ou "macdonellii" (épithète) pour MacDonell, macginleyi (épithète) pour McGinley, macleodii (épithète) pour MacLeod.

. Le préfixe O' utilisé dans les noms d'origine irlandaise peut être conservé ou supprimé.
Exemples : "Oconnoria" ou "Connoria" (noms de genre) et "oconnorii" ou "connorii" (épithètes) pour O'Connor.

. Un article précédant un nom (de, du, de la, des, del, della, le, la, l', el, il, lo...) devrait être conservé et uni au patronyme.
Exemples : Leclercia (nom de genre) pour Le Clerc, Devosia (nom de genre) pour De Vos, Leminorella (nom de genre) pour Le Minor, "delmoralii" (épithète) pour Del Moral, "loprestii" (épithète) pour Lo Presti, "lafontainei" (épithète) pour La Fontaine.

. Une particule nobiliaire ou un préfixe indiquant une canonisation devraient être omis.
Exemples : Rochalimaea (nom de genre) ou "rochalimae" (épithète) pour da Rocha Lima, "Plessisella" (nom de genre) ou "plessisii" pour du Plessis, "Lafayetteia" (nom de genre) ou "lafayettei" (épithète) pour de La Fayette, "Hilairea" (nom de genre) ou "hilairei" (épithète) pour Saint-Hilaire, "Exuperya" (nom de genre) ou "exuperyi" (épithète) pour de Saint-Exupéry.

. Les préfixes d'origine allemande ou hollandaise devraient être omis sauf s'ils font partie intégrante du patronyme.
Exemples : "Behringia" (nom de genre) ou "behringii" (épithète) pour von Behring, "nielia" (nom de genre) ou "nielii" (épithète) pour van Niel (il convient cependant de remarquer que l'épithète vannielii pour van Niel est utilisée en nomenclature bactérienne), "Toornia" (nom de genre) ou "toornii" (épithète) pour van der Toorn, "Vandammella" (nom de genre) ou "vandammei" (épithète) pour Vandamme.

Néologismes formés par dérivation

En bactériologie, les néologismes par dérivation sont principalement utilisés pour les adjectifs formés à partir d'une localité ou d'un pays et pour les noms des taxons d'un rang hiérarchique compris entre le genre et la sous-classe.

Adjectifs formés d'après un lieu géographique

Alors que le français peut utiliser indifféremment un complément de nom ou un adjectif, le latin emploie régulièrement l'adjectif pour exprimer un lieu d'origine.
Selon Trüper, les épithètes qui sont des adjectifs dérivant d'un nom de lieu géographique doivent être formées en ajoutant le suffixe -ensis (masculin ou féminin) ou -ense (neutre) au nom du lieu. Si le nom de la localité se termine par -e ou -a ou -en, ces lettres sont supprimées avant l'ajout du suffixe approprié. Si le nom se termine par -o, le suffixe -ensis ou -ense doit être rajouté à la racine du nom, ce qui revient à ajouter -nensis ou -nense à la lettre o.
L'utilisation du suffixe -ensis, -e est bien sûr correcte mais d'autres suffixes pourraient être utilisés ou ont été utilisés en latin. Par exemple, (-a)nus -a -um ou -inus -a -um ou -icus -a -um.
De nombreux lieux géographiques d'Afrique, d'Asie ou d'Europe ont une forme adjectivale utilisée par les romains ou créée au Moyen-Âge ou proposée par des navigateurs ou des explorateurs. De tels adjectifs sont généralement utilisés en nomenclature bactérienne.
Dans tous les cas, ces adjectifs doivent s'accorder en genre avec les noms des genres bactériens.

Exemples :
. Africanus -a -um (adjectif latin) ou Afer -fra -frum (adjectif latin) ou Africus -a -um (adjectif latin) : relatif (ou relative) à l'Afrique.
. Americanus -a -um (adjectif néo-latin proposé au XVIème siècle) : relatif (ou relative) à l'Amérique.
. Bremensis -e (adjectif néo-latin) : relatif (ou relative) à Bremen (Brême).
. Clevelandensis -e (adjectif néo-latin) : relatif (ou relative) à Cleveland.
. Colombiensis -e (adjectif néo-latin) : relatif (ou relative) à la Colombie.
. Coloradonensis -e (adjectif néo-latin) : relatif (ou relative) au Colorado.
. Formosensis -e (adjectif néo-latin) : relatif (ou relative) à Formose (Taiwan).
. Jenensis -e (adjectif néo-latin) : relatif (ou relative) à Jena.
. Mediterraneus -a -um (adjectif latin) : relatif (ou relative) à la Méditerranée.
. Sodomitanus -a -um (adjectif latin) ou sodomiticus -a -um (adjectif latin) : relatif (ou relative) à Sodome. Ces adjectifs latins n'ont jamais été utilisés en nomenclature bactérienne et les bactériologistes ont préféré, certainement à tort, employer l'adjectif néo-latin, sodomensis -e (Halobacterium sodomense devenu Halorubrum sodomense, Rhodospirillum sodomense devenu Rhodovibrio sodomensis).
. Utahensis -e (adjectif néo-latin) : relatif (ou relative) à l'Utah.

À l'époque romaine ou au Moyen-Âge, de nombreuses localités portaient un nom très différent de leurs noms actuels. Par exemple, Argentoratus pour Strasbourg, Avaricum pour Bourges, Londinium pour Londres, Lucentum pour Alicante, Lugdunum pour Lyon, Lutetia pour Paris, Samarobriva pour Amiens... Il est alors possible d'utiliser les adjectifs latins correspondants ou d'utiliser des adjectifs néo-latins dérivés des noms actuels.

Exemples :
. Argentoratensis, -e (adjectif latin) ou strasbourgensis, -e (adjectif néo-latin).
. Avaricensis, -e (adjectif latin) ou bourgesensis, -e (adjectif néo-latin).
. Londiniensis, -e (adjectif latin) ou londonensis, -e (adjectif néo-latin). En revanche, l'adjectif formé d'après la ville de London dans l'Ontario (Canada), sera londonensis -e.
. Lucentius, -a, -um (adjectif latin) ou alicatensis, -e (adjectif néo-latin).
. Lugdunensis, -e (adjectif latin) ou lyonensis, -e (adjectif néo-latin).
. Lutetiensis, -e (adjectif latin) ou parisensis, -e (adjectif néo-latin).
. Samarobrivensis-e (adjectif néo-latin) ou amiensensis, -e (adjectif néo-latin).

De nombreux noms de lieux sont composés d'un nom et d'un adjectif (Bâton Rouge, Long Island, Mer Morte, Mer Noire, Rio Grande, Santa Cruz) ou de plusieurs mots (Bourg-en-Bresse, Death Valley, Isigny-sur-Mer, Loch Ness, Villeneuve-Lès-Avignon, Villers-Cotterêts) et proposer une nomenclature latine pour de tels noms n'est pas facile.
. Il est possible d'utiliser une forme adjectivale en -ensis (masculin ou féminin) ou en -ense (neutre). Toutefois, les résultats sont parfois surprenants : deathvalleyensis -e, isignysurmerensis -e, villeneuvelesavignonensis -e, villerscotteretsensis -e...
. Lorsque les mots s'y prêtent, Trüper propose de latiniser chacun des mots au génitif et d'écrire l'épithète ainsi obtenue en un seul mot : baculirubri (Baton Rouge), crucissancti (Santa Cruz) marisnigri (Mer Noire), marismortui (Mer Morte), vallismortis (Death Valley). En latin, le déterminant (adjectif ou nom) vient en second et on doit écrire vallismortis et non mortisvallis ou marisnigri et non nigrimaris ou crucissancti et non sancticrucis... Cette proposition de Trüper conduit à des dénominations souvent euphoniques, mais le latin emploie rarement un génitif pour exprimer un lieu d'origine et la proposition de Trüper mériterait d'être soumise à un latiniste.
. Une autre possibilité consiste à n'utiliser que l'un des mots de la localité. Ainsi, l'adjectif bourgensis -e a été utilisé pour Bourg-en-Bresse (Methanogenium bourgense, Methanoculleus bourgensis) et l'adjectif matsumotoensis -e a été utilisé pour Matsumoto Nagano (Micromonospora matsumotoense (sic) dont la nomenclature correcte devrait être Micromonospora matsumotoensis).

Lorsque le nom d'un lieu est précédé d'un article (La Jola, Le Cheylard, Le Havre, Los Alamos...), Trüper suggère de ne pas incorporer l'article dans le nom latinisé. Par exemple, cheylardensis -e et non lecheylardensis -e ou havrensis -e et non lehavrensis -e.

Noms des taxons d'un rang hiérarchique compris entre le genre et la sous-classe

Les noms des taxons d'un rang hiérarchique compris entre le genre et la sous-classe sont formés par l'addition d'un suffixe à la racine du nom du genre type (-ales pour l'ordre, -ineae pour le sous-ordre, -aceae pour la famille, -oideae pour la sous-famille, -eae pour la tribu et -inae pour la sous-tribu). Il convient donc de former ces noms en utilisant une racine correcte ce qui n'est pas toujours le cas.

Exemples :
. Noms corrects : Actinomycetales, Bacillales, Chlamydiales, Crenotrichaceae, Leucotrichaceae, Micrococceae, Microsphaeraceae, Mycoplasmatales, Oscillospiraceae, Pseudomonadeae, Thiocapsaceae, Treponemataceae, Vitreoscillaceae...
. Noms incorrects : Actinomycineae (forme correcte : "Actinomycetineae"), Ferroplasmaceae (forme correcte : "Ferroplasmataceae" ou mieux "Ferriplasmataceae"), Glycomycineae (forme correcte : "Glycomycetineae"), Spirosomaceae (forme correcte : "Spirosomataceae"), Streptomycineae (forme correcte : "Streptomycetineae").

Néologismes formés par composition

La formation des néologismes par composition s'effectue en ajoutant un deuxième mot à la racine d'un premier mot.
. Si le deuxième mot commence par une consonne, il est nécessaire d'ajouter une voyelle de liaison.
La voyelle de liaison est la lettre -i- si le premier mot dérive du latin ou la lettre -o- si le premier mot dérive du grec. Le grec est toutefois plus souple que le latin dans le choix des voyelles de liaison et une voyelle autre que le -o- peut être utilisée si un précédent est trouvé en grec classique. Par exemple, la racine du mot korunê (translitération en latin : coryne), une massue, a servi à former les mots grecs korunêtês (un porteur de massue) ou korunomachos (un porteur de massue). Aussi, lorsque Lehmann et Neumann ont voulu proposer un nom de genre pour désigner des bactéries en forme de massue, ils avaient le choix entre Corynebacterium ou "Corynobacterium" et ils ont retenu la première possibilité.
. En revanche, si le deuxième mot commence par une voyelle, l'adjonction d'une voyelle de liaison est inutile.

Exemples de nomenclatures correctes :
. rectivirgula = rect- (racine de l'adjectif latin rectus -a -um) + -i- (voyelle de liaison) + virgula (nom latin au nominatif singulier).
. flavipulchra = flav- (racine de l'adjectif latin flavus -a -um) + -i- (voyelle de liaison) + pulchra (nominatif féminin singulier de l'adjectif latin pulcher -chra -chrum).
. aquimarina = aqu- (racine du nom latin aqua -ae) + -i- (voyelle de liaison) + marina (nominatif féminin singulier de l'adjectif latin marinus -a -um).
. Halobacterium = hal- (racine du nom grec hals halos) + -o- (voyelle de liaison) + bacterium (nom latin au nominatif singulier).
. Pseudomonas = pseud- (racine de l'adjectif grec pseudes -es) + -o- (voyelle de liaison) + monas (nom latin au nominatif singulier).
. trichogenes = trich- (racine de nom grec thrix trichos) + -o- (voyelle de liaison) + genes (adjectif néo-latin tiré du verbe grec gennao).
. thermantarcticus = therm- (racine de l'adjectif grec thermos) + antarcticus (nominatif masculin singulier de l'adjectif latin antarcticus -a -um).
. capitovis = capit- (racine du nom latin caput capitis) + ovis (génitif singulier du nom latin ovis).
. Salegentibacter = sal- (racine du nom latin sal salis) + egent- (racine du participe présent egens egentis, formé sur le verbe latin egeo egere) + -i- (voyelle de liaison) + bacter (nom néo-latin au nominatif singulier).

Exemples de nomenclatures incorrectes :
. cangingivalis. Cette épithète dérive du nom latin canis -is et de l'adjectif néo-latin gingivalis -is -e. La voyelle de liaison (-i-) a été omise et la forme correcte serait canigingivalis. Une erreur comparable a été faite pour cansulci dont la forme correcte serait canisulci.
. Acidobacterium. Ce nom dérive de l'adjectif latin acidus -a -um qui a servi à forger le nom néo-latin acidum -i. La voyelle de liaison devrait être -i- et non -o- et la forme correcte serait Acidibacterium.
Une erreur comparable a été faite pour Arcanobacterium. Ce nom dérive de l'adjectif latin arcanus -a -um. La voyelle de liaison devrait être -i- et la forme correcte devrait être Arcanibacterium.
. multiacidus. Cette épithète dérive de l'adjectif latin multus -a -um (racine mult-). Le deuxième mot commence par une voyelle et il n'est pas nécessaire d'ajouter une voyelle de liaison. L'épithète correcte serait multacidus.
. Sanguibacter. Le premier mot est le nom latin sanguis -inis dont la racine est sanguin- si bien que la forme correcte devrait être Sanguinibacter.
. D'autres exemples de formes incorrectes sont données dans le fichier Grammatical or orthographical changes prohibited by Rule 61. In : List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature.

 

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Genres des noms

 

Le genre des noms est important à prendre en considération pour les taxons qui ont le rang hiérarchique de genre (genus). En effet, les épithètes spécifiques et sous-spécifiques, lorsqu'elles sont des adjectifs, doivent s'accorder en genre avec les noms des genres bactériens (voir le fichier Genders of generic names in List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature).

Noms latins de la première déclinaison

Les noms de la première déclinaison sont généralement du genre féminin mais plus d'une centaine de noms (noms propres et noms communs) sont masculins**** ou peuvent être du genre masculin. C'est notamment le cas des noms d'hommes ou de peuples, des noms de fleuves ainsi que de accola (le voisin), de advena (l'étranger), de agricola (l'agriculteur, le paysan), de conviva (le convive), de incola (un habitant), de indigena (un indigène), de nauta ou navita (le marin, le matelot), de poeta (le poète), de pirata (le pirate)...

Le nom incola est très utilisé pour former des noms de genre, notamment sous la forme abrégée de -cola. Exemples : Alkalilimnicola, Gallicola, Glaciecola, Haloincola, Marmoricola, Mycetocola, Natronincola, Subtercola...

Incola est généralement du genre masculin et plus rarement du genre féminin si bien que, à l'exception des genres Algicola, Echinicola, Glaciecola, Halostagnicola et Thermincola les noms de genre se terminant par -incola ou -cola sont du genre masculin.

Noms latins de la deuxième déclinaison

Les noms de la deuxième déclinaison dont le nominatif singulier est en -us sont généralement du genre masculin. Parmi les exceptions, on peut noter (i) les noms en -us désignant des pays ou des villes qui sont du genre féminin ; (ii) beaucoup de noms en -us désignant des arbres ou des plantes qui sont du genre féminin, (iii) beaucoup de noms grecs latinisés qui conservent le genre qu'ils ont en grec (par exemple, arctus, atomus, abyssus et le néologisme rhabdus sont des noms féminins, pelagus, vulgus et virus sont des noms neutres) et (iv) divers noms dont alvus (le ventre) qui est du féminin et vulgus (la foule) qui est du neutre.

Les noms dont le nominatif singulier est en -er ainsi que vir sont du genre masculin.

Les noms dont le nominatif singulier est en -um sont du genre neutre.

Les noms empruntés au grec et dont le nominatif singulier est en -os sont du genre masculin ou féminin, ceux dont le nominatif singulier est en -eus sont du masculin et ceux dont le nominatif singulier est en -on sont du genre neutre.

Noms latins de la troisième déclinaison

Les noms de la troisième déclinaison peuvent être du genre masculin, féminin ou neutre. Il existe quelques principes généraux permettant de trouver le genre d'un nom de la troisième déclinaison (Cf. infra) mais il existe de nombreuses exceptions et le plus simple est de consulter un dictionnaire latin.

Les noms désignant un être mâle ou un cours d'eau sont du masculin. Par exemple, frater fratris (frère) et Arar (ou Araris) Araris (la Saône) sont du genre masculin.

Les noms désignant un être femelle ou un arbre ou un pays sont du féminin. Par exemple, mulier mulieris (femme), hemeris hemeridis (chêne) et Lacedaemon (ou Lacedaemo) Lacedaemonis (Lacédémone, Sparte) sont du genre féminin.

Les noms imparisyllabiques en -or (génitif en -oris ou en -ordis) et en -os (génitif en -oris) sont du masculin sauf arbor arboris (arbre), soror soris (sœur), uxor uxoris (épouse) qui sont du genre féminin et ador adoris (épeautre = une variété de blé dur), aequor aequoris (plaine), cor cordis (cœur), marmor marmoris (marbre) qui sont du genre neutre.

Les noms imparisyllabiques en -x, en -as (-atis), en -us (-utis), en -us (-udis), en -es (-etis), en -o (-inis), en -o (-onis) sont du féminin sauf grex gregis (troupeau), ordo ordinis (rang, classe sociale), sermo sermonis (conversation, dialogue) qui sont du masculin.

Les noms imparisyllabiques en -us (-oris), en -us (-eris) et en -men (-minis) sont du neutre.

Les noms parisyllabiques en -is et en -es sont du féminin sauf collis (colline, coteau), finis (limite, borne), ignis (feu), mensis (mois), orbis (cercle), piscis (poisson) qui sont du masculin.

Les noms parisyllabiques en -e sont du neutre.

Les noms faux imparisyllabiques sont du féminin sauf fons fontis (fontaine), mons montis (montagne), pons pontis (pont) qui sont du masculin et les faux imparisyllabiques en -al et en -ar qui sont du neutre.

Noms latins de la quatrième déclinaison

Les noms de la quatrième déclinaison dont le nominatif singulier est en -us sont généralement du genre masculin. Les noms dont le nominatif singulier est en -u sont du genre neutre.

Quelques noms dont le nominatif singulier est en -us sont cependant du genre féminin. Il s'agit des noms d'arbres (cupressus, ficus, laurus, quercus...), des noms désignant un être femelle (anus -us, vieille femme ; socrus -us, belle-mère...) et de divers noms dont acus (l'aiguille), tribus (la tribu), manus (la main), specus (la grotte)...

Noms latins de la cinquième déclinaison

À l'exception de dies (jour) qui peut être masculin ou féminin et de meridies (midi) qui est toujours au masculin, les noms de la cinquième déclinaison sont féminins.

Noms se terminant en -bacterium, en -bactrum ou en -bacter

Les nomenclatures bactériennes se terminant en -bacterium ou en -bactrum respectent la règle générale. Ce sont des noms de la deuxième déclinaison, se terminant en -um et qui sont du genre neutre.
En revanche, les noms se terminant en -bacter sont du genre masculin. Pourtant, les mots grecs bakteria (bâton) ou baktron (bâton) sont respectivement du genre féminin et du genre neutre et leur équivalent latin bacterium est du genre neutre. L'attribution du genre masculin aux noms se terminant en -bacter résulte d'une décision (Opinion 3) de la "Judicial Commission".

Noms grecs

Les genres des noms grecs sont indiqués dans les dictionnaires grecs : un nom masculin est précédé de la lettre omicron (o), un nom féminin est précédé de la lettre êta (h) et un nom neutre est précédé des lettres tau et omicron (to).

 

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Prononciation du latin

 

À la période classique (-100 à -14), l'alphabet latin est proche de l'alphabet français mais les lettres j, v et w n'existent pas.
. Les lettres j et v ont été introduites dans les textes latins au XVIème siècle afin d'en faciliter la lecture (Cf. infra).
. La lettre g a été créée au milieu du troisième siècle avant J.-C. Préalablement, le son "gue" était transcrit par la lettre c qui pouvait alors se prononcer soit "k" (Cf. infra) soit "gue". Ainsi, sur l'inscription de la colonne rostrale (columna rostrata)*****, édifiée en l'honneur de la victoire navale de Duilius sur les carthaginois (-260), on trouve les mots leciones pour legiones, macistratos pour magistratos ou cartaciniensis pour cartaginiensis.
. Le son "k" était rendu par les lettres c (devant e et i), k (devant a) et q (devant o et u). Le k est rapidement devenu inutile et il ne s'est conservé que dans quelques abréviations ou quelques mots (moins d'une vingtaine). L'usage de la lettre q s'est restreint au digramme qu et, en latin classique, le q est toujours suivi de la lettre u.
. La lettre y a été ajoutée à l'alphabet latin au premier siècle avant J.-C. et elle n'est utilisée que dans des mots tirés du grec. Elle est alors l'équivalent de la lettre grecque υ (upsilon).
. À la période archaïque, z était la septième lettre de l'alphabet puis cette consonne a été abandonnée car elle n'était pas utilisée. La lettre z a été réintroduite au premier siècle avant J.-C. pour rendre le zêta (ζ) dans les mots empruntés au grec.

De manière comparable à celle du français, la prononciation du latin a varié selon les époques, les lieux et le milieu social. En France, le latin se prononce de trois manières différentes :
. Une prononciation dite traditionnelle calquée sur celle du français actuel.
. Une prononciation italianisée adoptée par l'Eglise catholique.
. Une prononciation qualifiée de restituée et supposée approcher celle des Latins de la période classique (-100 à -14).

La prononciation traditionnelle française diffère de celle utilisée dans d'autres pays tels que les pays de langue anglaise (voir par exemple le site Bacterial Pathogen Pronunciation Station). Afin que tous les bactériologistes puissent se comprendre aisément, il serait peut-être souhaitable d'utiliser la prononciation restituée.
Les principales règles de cette prononciation sont les suivantes :

Prononciation des voyelles

. Toutes les voyelles se prononcent sauf dans quelques digrammes.

. Les voyelles a, i et o se prononcent comme en français.

. La voyelle u se prononce "ou". Par exemple, tuba (trompette, trompe) se prononce touba.

. La voyelle e se prononce "é". Par exemple, euax (bravo) se prononce éouax.

. La voyelle y se prononce "u". Par exemple, l'adjectif xylinus (de coton) se prononce xulinousse.

. Le digramme au se prononce "ou" et le digramme ei se prononce "é" comme dans le mot veine.

Prononciation des consonnes

. Toutes les consonnes se prononcent (h excepté).

. La lettre w n'existe pas.

. Les consonnes b, d, f, k, l, m, n, p et x se prononcent comme en français.

. Quelle que soit la voyelle suivante, c, g ou t se prononcent comme devant un a. Par exemple, cera (cire) se prononce kéra, gelu (gelée, glace) se prononce guélou et natio (naissance, nation) se prononce nat-io.

La recommandation 6 (7) du Code de Nomenclature préconise de préserver la lettre k lors de la translitération d'un mot grec en latin. Cette recommandation s'inspire d'une proposition de Trüper qui déclare vouloir éviter que la lettre c, placée devant e, i ou y, ne soit prononcée "s" ou "ts" (prononciation traditionnelle du latin par un allemand lorsque c est suivi de i, e ou y). Toutefois, de nombreuses sources montrent que les latins prononçaient toujours le c comme un k (voir (i) Harry Thurston Peck : Pronunciation of Latin ; (ii) Quintilien, Institutio Oratoria, Liber primus, 7 : X) et cette recommandation semble injustifiée. L'orthographe de Acinetobacter (nom néo-latin d'un genre bactérien dans lequel on trouve le mot grec kinêsis, mouvement) semble donc plus correcte que celle de "Akinetobacter" suggérée par Trüper.

. Le ch se prononce "k". Par exemple, chelidon (hirondelle) se prononce kélidon.

. Les deux lettres g et n forment deux sons séparés comme dans le mot français gnose (jamais comme le son gne dans les mots agneau ou digne). Par exemple, magnus (grand) se prononce mag-nousse.

. Le ph se prononce "p". Par exemple, phager (pagre, pageot) se prononce paguér. Ce n'est qu'après la période classique que "ph" se pronce "f".

. Le th se prononce "t". Par exemple, thalassa (marée) se prononce talassa.

. Un h initial est ou non aspiré (voir : Quintilien, Institutio Oratoria, Liber primus, 5 : XIX, XX et XXI).

Le h aspiré a été utilisé au début de la civilisation latine mais son usage a été abandonné dès le premier siècle avant J.-C. Toutefois, quelques personnes cultivées (ou affectées) ont continué à employer le h aspiré jusqu'à l'époque de Saint Augustin (voir la célèbre épigramme de Catulle, ad Arrium). Faire entendre l'aspiration pouvait également être considéré comme un signe de provincialisme car certains dialectes italiques avaient volontiers recours à l'aspiration.
Dans quelques cas, l'absence de prononciation du h a conduit à modifier l'orthographe des mots. Ainsi le nom harena -ae (sable) et l'adjectif harenatus -a -um (mêlé de sable), orthographes utilisées par Caton l'Ancien (voir De agricultura, 14, 15, 18, 40), sont devenus arena -ae et arenatus -a -um.

Pour les Français mais aussi pour les Russes, les Portugais..., il n'est pas toujours facile d'utiliser un h aspiré ce qui, à l'oral, peut poser des problèmes de compréhension (voir par exemple, les annotations dans les fichiers Allochromatium et Halochromatium de List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature).

. Les lettres i et u, à l'initiale d'une syllabe, se comportent comme des consonnes.

Dans les textes, les Latins ne distinguaient pas le i ou le u consonne du i ou du u voyelle. Par exemple, ils écrivaient iactantia (vantardise) ou uulgus (la foule). Pour faciliter la lecture des textes anciens, Pierre de la Ramée (1515 - 1572), plus connu sous son nom latin de Petrus Ramus, a proposé de remplacer le i consonne et le u consonne par les lettres j et v. L'utilisation des consonnes ramistes a été conservée dans de nombreux ouvrages scolaires mais leur emploi est plus rare dans les ouvrages savants et il est souvent contesté par les latinistes.
La recommandation 6 (7) du Code de Nomenclature préconise le maintien du j pour le i consonne mais reste muette sur l'utilisation du v pour le u consonne. Toutefois, le v a toujours été utilisé pour le u consonne en nomenclature bactérienne (Arthrobacter variabilis, Bacteroides vulgatus, Proteus vulgaris, Staphylococcus vitulinus, Vibrio vulnificus...).

Le j (ou le i consonne) se prononce comme la lettre y dans yeux. Par exemple, jactus ou iactus (action de lancer) se prononce yactous. La lettre i suivi de la lettre a forme une seule syllabe et se prononce comme le ia allemand.

Le v (ou le u consonne) se prononce "ou" comme dans ouate. Par exemple, l'adjectif vagus (vagabond) se prononce ouagous.

. La consonne q est toujours suivie de la voyelle u et qu se prononce "kou" comme dans le français quatuor. Par exemple, quadra (un carré) se prononce kouadra.

. La lettre r est roulée.

. La consonne s se prononce "ss" ou "sse" à la fin d'un mot. Par exemple, rosa (la rose) se prononce rossa.

. La lettre z se prononce "dz". Par exemple, zelus (jalousie, zèle, ardeur) se prononce dzélouss.

Exemples de prononciation de quelques taxons bactériens

. Abiotrophia peut se prononcer abiotropia.
. Acetivibrio peut se prononcer akétiouibrio.
. Cedecea peut se prononcer kédékéa.
. Chitinophaga peut se prononcer kitinopaga.
. Chlamydiaceae peut se prononcer klamudiakéaé.
. Desulfacinum peut se prononcer déssoulfakinoum.
. Geodermatophilus peut se prononcer guéodérmatopilousse.
. Halocella peut se prononcer alokella ou halokella (prononcer le h initial).
. Hyphomonas peut se prononcer upomonasse ou hupomonasse (prononcer le h initial).
. Ignavigranum peut se prononcer ig-naouigranoum.
. Janthinobacterium peut se prononcer yantinobactérioum.
. Mycoplasma peut se prononcer mukoplasma.
. Phyllobacterium peut se prononcer pullobaktérioum.
. Quadricoccus peut se prononcer kouadrikok-kousse.
. Staphylococcus peut se prononcer stapulokok-kousse.
. Vagococcus peut se prononcer ouagokok-kousse.
. Zymophilus peut se prononcer dzumopilousse.

Prononciation des noms et des épithètes formés à partir d'un nom de lieu ou d'un nom d'auteur

La prononciation des noms et des épithètes formés à partir d'un nom de lieu ou d'un patronyme est un problème non résolu et, comme le souligne Trüper (1999), il est difficile de "légiférer" à ce sujet.

Peut être serait-il souhaitable d'utiliser la prononciation latine ou la prononciation de la langue d'origine. Dans ce dernier cas, il est nécessaire que les auteurs indiquent la prononciation correcte. Par exemple, Collins et al., dans la publication décrivant Facklamia sourekii (espèce nommée en l'honneur du bactériologiste tchèque J. Sourek), préconisent et indiquent la prononciation tchèque, shou-rek-i-i.
En l'absence de telles indications, les bactériologistes auront tendance à utiliser la prononciation latine ou la prononciation en usage dans leur langue maternelle. Par exemple, un français prononcera le nom générique Kluyvera (nommée en l'honneur du bactériologiste allemand A.J. Kluyver) soit klou-u-ouéra (prononciation latine) soit kluivera (prononciation française) alors que la prononciation allemande semble être klouféra.

Accent tonique des mots latins

Pour prononcer correctement le latin, il faut également tenir compte de l'accent tonique. Dans International Journal of Systematic Bacteriology ou dans International Journal of Systematic and Evolutionary Microbiology, l'étymologie des nomenclatures bactériennes est généralement accompagnée de l'indication de l'accent tonique.
Pour chaque mot latin, une syllabe qualifiée de "tonique" est accentuée par une intensité plus grande de la voix. Les autres syllabes sont qualifiées de "atones".
Les mots d'origine grecque devant être latinisés, seules les règles concernant l'accent tonique des mots latins sont à prendre en considération.
L'accent tonique se marque par le signe ' placé après la syllabe tonique et il obéit à des règles simples. Ces règles figurent dans les grammaires latines et elles ont été rappelées par Buchanan (1957) et par Trüper (1999).

Les principales règles à respecter sont les suivantes :

1) Les mots latins ne sont jamais accentués sur la dernière syllabe et dans un mot latin de deux syllabes l'accent tonique est toujours placé sur la première syllabe.

Exemples : len' tum, par' vus, ru' bra...

2) Dans les mots de plus de deux syllabes, l'accent tonique est placé sur l'avant-dernière syllabe (ou pénultième) si elle est longue ou sur la syllabe qui précède la pénultième (ou antépénultième) si la pénultième est brève.

. Si la syllabe comporte une seule voyelle et si celle-ci est longue, la syllabe est longue. Si la syllabe comporte une seule voyelle et si celle-ci est brève, la syllabe est brève. Les dictionnaires indiquent le plus souvent la longueur d'une voyelle : une voyelle longue est alors surmontée d'une barre horizontale et une voyelle brève est surmontée d'un signe ressemblant à un u dont les deux branches sont écartées.

. Si la syllabe comporte une voyelle suivie d'une autre voyelle ou d'un h muet, elle est généralement brève.

. Si une syllabe comporte une diphtongue, elle est toujours longue.

. Si une syllabe comporte une double consonne ou une voyelle suivie de deux consonnes ou une voyelle suivie d'un x, elle est toujours longue.

Exemples :
. odora' tus. L'accent tonique est sur la pénultième car la voyelle de la pénultième est longue.
. Bacteroi' des. L'accent tonique est sur la pénultième car la syllabe contient une diphtongue.
. Bacil' lus. L'accent tonique est sur la pénultième car la lettre "i" est suivie de deux consonnes.
. fermen' tum. L'accent tonique est sur la pénultième car la lettre "e" est suivie de deux consonnes.
. Acetobacte' rium. L'accent tonique est sur l'antépénultième car la voyelle de la pénultième est brève.
. Bacilla' ceae. L'accent tonique est sur l'antépénultième car la voyelle de la pénultième est brève.

 

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Conclusion

 

La description d'une nouvelle bactérie nécessite d'attribuer un nom latin au nouveau taxon. Ce nom doit respecter la grammaire latine et parmi les erreurs les plus courantes on peut citer :
. des adjectifs qui ne s'accordent pas en genre avec les noms des genres bactériens ;
. des noms composés dont les premiers termes ne correspondent pas aux racines des mots ;
. des noms composés utilisant des voyelles de liaison erronées ;
. des génitifs proposés pour honorer un auteur mais qui ne respectent pas le sexe de la personne ;
. des génitifs utilisés à la place des adjectifs pour des épithètes désignant un nom de lieu ;
. des néologismes employés à la place de noms ou d'adjectifs latins (par exemple, utilisation du néologisme salinus -a -um pour salé au lieu de salsus -a -um ou de salitus -a -um ou de salsicius -a -um) ;
. des mots qui sont des solécismes. Exemples : l'adjectif lutescens (Brevibacterium lutescens) utilisé pour jaunâtre alors qu'en latin lutescens signifie devenant boueux ; l'adjectif mucescens (Salipiger mucescens) utilisé pour muqueux alors qu'en latin mucescens signifie devenant pulvérulent ou moisi ; l'adjectif calidus utilisé pour expert (Syntrophothermus lipocalidus) alors que calidus signifie chaud (en latin, expert, qui s'y connaît, s'écrit callidus avec deux "l").

Depuis juillet 2001, les noms proposés dans les articles soumis à IJSEM (voir l'entrée International Journal of Systematic and Evolutionary Microbiology in Glossaire de Nomenclature Bactérienne) sont contrôlés par deux bactériologistes considérés comme des "experts" en latin et en grec. En dépit de ce contrôle quelques nomenclatures incorrectes sont encore publiées pour au moins trois raisons (i) certains noms ne sont pas soumis aux "experts" ; (ii) les commentaires des "experts" ne sont pas toujours communiqués aux auteurs ; et (iii) les "experts" ne sont pas infaillibles (certains bactériologistes n'ayant aucune connaissance en latin ou en grec, il est facile de passer pour un "expert" !).
Une nomenclature incorrecte publiée dans IJSEM peut encore être corrigée lors de sa citation sur la liste de notification (voir l'entrée Liste de Notification in Glossaire de Nomenclature Bactérienne).
Lors de l'inscription des nouvelles nomenclatures sur une liste de validation (voir l'entrée Liste de Validation in Glossaire de Nomenclature Bactérienne), le responsable des listes (Lists editor) est tenu de corriger les erreurs grammaticales, orthographiques ou typographiques.

Le respect de la grammaire latine est important mais il n'est pas suffisant. Pour éviter des corrections ultérieures, sources de désagréments et de confusions, on peut rappeler les quatre impératifs suivants :
1) Aucun signe diacritique (á, à, â, ä, ã, é, è, ê, ë, í, î, ï, ñ, ó, ò, ô, ö, õ, ú, ù, û, ü, ø, æ...) n'est toléré et les mots ne doivent pas contenir de trait d'union.
2) Une épithète spécifique ou sous-spécifique ne doit pas être un adjectif ordinal d'une valeur supérieure à dix (par exemple undecimus, duodecimus etc.), un nombre ou une lettre.
3) La nomenclature ne doit pas être un homonyme d'un nom de bactérie ou d'un organisme eucaryote ou d'un virus.
S'il est assez simple de consulter une liste des nomenclatures bactériennes validement publiées (voir List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature ou Bacterial Nomenclature Up-to-date) ou une liste des nomenclatures virales (voir Index of Viruses), il est plus difficile d'éviter une homonymie avec le nom d'un végétal ou d'un animal. On pourra toutefois consulter les sites cités dans le chapitre "Biological Nomenclature" du fichier Links in List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature.
4) Les noms des genres ou les noms des épithètes au sein d'un même genre doivent être suffisamment différents pour éviter toutes confusions. Si les noms sont trop proches ils peuvent être considérés comme des nomina perplexa et le nom le plus récent peut être pacé sur l'une des listes des noms devant être rejetés (nomina taxorum rejicienda). Pour plus d'informations voir le fichier ¤ "Nomenclature bactérienne".

Le Code de Nomenclature donne également quelques recommandations dont le respect est souhaitable :
. Eviter les patronymes des personnes étrangères à la bactériologie ou aux sciences biologiques. Malgré cette restriction, le choix reste important et on peut rappeler que les noms de quelques très grands bactériologistes n'ont jamais été utilisés en bactériologie : von Behring, Buchanan, Calmette, Davaine, Emergem, Fleming, Gengou, Guérin, Koch, Lancefield, Löffler, Nicolle, Prazmowski, Rosenbach, Roux, Ziehl...
. Eviter d'utiliser le patronyme d'un auteur pour baptiser un nouveau taxon si cet auteur est l'un des signataires de la publication décrivant le nouveau taxon.
. Eviter la création d'un néologisme lorsqu'il existe déjà un équivalent latin ou grec.
. Proposer des noms brefs et euphoniques.
En ce qui concerne la brièveté, il faut souligner qu'un nom de bactérie ne doit pas nécessairement refléter l'ensemble des caractères biologiques et/ou écologiques du taxon. Par exemple, si un genre bactérien regroupe des espèces donnant de jolies colonies jaunes, aptes à supporter de grandes concentrations de NaCl, synthétisant une uréase et dont les souches se présentent sous la forme de petits coques, il est déconseillé de l'appeler "Pulchriflavihalotolerantureilyticiparvicoccus". De même une espèce isolée du cheval, de la chèvre, du bœuf, du mouton, du chien et du chat ne devrait pas avoir pour épithète spécifique "equicapribovovicanicatti".
L'euphonie est un point plus discutable car un nom agréable à l'oreille et facile à prononcer pour un français peut avoir une sonorité désagréable ou être difficilement prononçable par un japonais, un chinois, un russe... Bien sûr, l'inverse est vrai et si un auteur proposait de nommer un genre ou une espèce en l'honneur du bactériologiste polonais Gieszczykiewicz (qui a décrit la famille des Bartonellaceae et l'ordre des Rickettsiales), la nomenclature serait difficile à prononcer et à écrire pour un français.

Afin d'éviter une confusion avec les végétaux ou les virus, le BioCode (futur code de nomenclature universel qui devrait ou qui pourrait voir le jour dans un avenir que les optimistes qualifieront de "plus ou moins proche" et les réalistes de "certainement éloigné") prévoit d'interdire les nomenclatures bactériennes se terminant en -myces, -phyta, -phyces ou -virus. Bien qu'il n'y ait actuellement aucune obligation il semble souhaitable de respecter ce principe.

 

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Orientation bibliographique :


BUCHANAN (R.E.) : How bacteria are named and identified. In : R.S. BREED, E.G.D. MURRAY and N.R. SMITH (ed.) : Bergey's Manual of Determinative Bacteriology, The Williams & Wilkins Company, Baltimore, seventh edition, 1957, pp. 15-28.

BUCHANAN (R.E.): Chemical terminology and microbiological nomenclature. Int. Bull. Bacteriol. Nomencl. Taxon., 1960, 10, 16-22. Réimpression : Int. J. Syst. Bacteriol., 1994, 44, 588-590. Également disponible sur Internet.

CHAMBERLAIN (N.) : Bacterial Pathogen Pronunciation Station. A l'aide d'exemples sonores, ce site illustre la manière dont les (certains ?) Anglo-Saxons prononcent les nomenclatures bactériennes. Il est une excellente illustration de la nécessité de promouvoir la prononciation latine restituée.

EUZÉBY (J.P.) : Grammatical or orthographical changes prohibited by Rule 61. In : List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature.

GAFFIOT (F.) : Dictionnaire latin français, Hachette, Paris, 1934, 1720 pages.

GAFFIOT (F.) : Le grand Gaffiot, nouvelle édition revue et augmentée sous la direction de P. Flobert, Hachette, Paris, 2000, 1824 pages.

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JEANNEAU (G.) : L A T I N pour grands débutants.

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Sites Internet :

. Dictionnaires latins disponibles sur Internet :

1) Dictionnaire latin-français in L A T I N pour grands débutants (G. Jeanneau).
Ce dictionnaire, qui comprend plus de 36 000 entrées, peut être consulté en ligne ou téléchargé.

2) Latin-English-Latin Dictionary (Perseus Project).
Edition électronique du Lewis & Short (Charlton T. Lewis and Charles Short: A Latin Dictionary. Founded on Andrews' edition of Freund's Latin dictionary, revised, enlarged, and in great part rewritten by Charlton T. Lewis, Ph.D. and Charles Short, LL.D. Oxford. Clarendon Press, 1879).

3) Latin Morphological Analysis (Perseus Project)

4) Vademecum in opus Saxonis et alia opera Danica compendium ex indice verborum
Dictionnaire de latin médiéval latin-latin (R. Hemmingsen)

5) Vocabulary in Orbis Latinus (Zdravko Batzarov).
Voir notamment le fichier Latin Function Words

6) Dictionnaires anciens :

P. Danet : Grand dictionnaire françois et latin (1735).
W.H. Maigne d'Arnis : Lexicon manuale ad scriptores mediae et infimae latinitatis (1858).
F.J.M. Noël : Dictionnaire français-latin (1852).
Ces dictionnaires, ainsi que d'autres dictionnaires anciens mais de lecture plus difficile (J. Davies, 1632 ; M. Nicot, 1573 ; G. Poille, 1614 ; J. Thierry, 1564), peuvent être consultés et/ou téléchargés sur le serveur Gallica, la bibliothèque numérique de la Bibliothèque Nationale de France.

R. Estienne : Dictionarium latinogallicum (1552).
J. Nicot : Thresor de la langue francoyse, tant ancienne que moderne (1606).
Ces dictionnaires sont consultables en ligne (recherche par mots-clés) sur le site Dictionnaire d'autrefois (The Project for American and French Research on the Treasury of the French Language, ARTFL).
Le dictionnaire de J. Nicot est également disponible (recherche par mots-clés) sur le site The University of Chicago, Humanities Division (voir http://www.lib.uchicago.edu/efts/ARTFL/projects/dicos/TLF-NICOT/) et il peut être consulté et/ ou téléchargé sur le site Gallica, la bibliothèque numérique de la Bibliothèque Nationale de France.

 

. Dictionnaires des noms latins de localités :

1) Latin Place Names (Robert L. Maxwell).

2) ORBIS LATINUS online (Dr. J. G. Th. Graesse,1909).

3) Names of printing towns (Cathedral Libraries Catalogue).

4) Modern equivalents of Latin place-names in early printed books (Catholic history)

 

. Grammaires latines ou éléments de grammaire latine disponibles sur Internet :

1) Allen and Greenough's New Latin Grammar for Schools and Colleges (eds. J. B. Greenough, G. L. Kittredge, A. A. Howard, Benj. L. D'Ooge) (Perseus Project).

2) Premiers pas en latin et Quelques points de grammaire latine in L A T I N pour grands débutants (G. Jeanneau).

3) Précis de grammaire latine rédigé par Anne-Marie Boxus in Bibliotheca Classica Selecta (J.M. Hannick et J. Poucet).

4) Anne Mahoney, Overview of Latin Syntax (Perseus Project).

5) Descriptive Latin Grammar in Orbis Latinus (Zdravko Batzarov).

6) William Harris' Latin Grammar (The intelligent person's guide to the Latin Language) in Orbis Latinus (Zdravko Batzarov).

7) Morphological Analyses for Inflected Latin Words (Perseus Project).

 

. Prononciation du latin :

1) Pronunciation of Latin (Perseus Project) in Harry Thurston Peck, Harpers Dictionary of Classical Antiquities (1898).

2) The Pronunciation of Classical Latin in Orbis Latinus (Zdravko Batzarov).

3) Prononciation du latin in L A T I N pour grands débutants (G. Jeanneau).

 

. Choix de textes latins disponibles sur Internet :

1) THE LATIN LIBRARY at Ad Fontes Academy

2) Latina litteratura (IntraText Digital Library: Literature)

 

 

. Dictionnaires grecs :

Greek-English Dictionary (Perseus Project).
Edition éléctronique du Liddell & Scott (Liddell and Scott: An Intermediate Greek-English Lexicon, Oxford, Clarendon Press, 1889) et du Liddell, Scott & Jones (Henry George Liddell, Robert Scott: A Greek-English Lexicon, revised and augmented throughout by Sir Henry Stuart Jones with the assistance of Roderick McKenzie. Oxford, Clarendon Press. 1940).

 

. Grammaires grecques :

1) Herbert Weir Smyth, A Greek Grammar for Colleges (Perseus Project).

2) Morphological Analyses for Inflected Greek Words (Perseus Project).

3) Précis de grammaire grecque rédigé par Anne-Marie Boxus in Bibliotheca Classica Selecta (J.M. Hannick et J. Poucet).

 

. Pour une liste très complète de liens pointant vers des sites consacrés au latin et au grec :

Bibliotheca Classica Selecta [Jean-Marie Hannick (Université de Louvain, à Louvain-la-Neuve) et Jacques Poucet (Université de Louvain à Louvain-la-Neuve et Facultés universitaires Saint-Louis à Bruxelles)]

Carnet d'adresses en langues anciennes (Jacques Julien, académie de Versailles) : latin et grec.

 

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AVIS JURIDIQUE IMPORTANT : Les informations qui figurent sur ce site sont soumises à une clause de non responsabilité et sont protégées par un copyright.

 

 

 

* :
Contrairement au français, la fonction d'un mot latin n'est pas indiquée par sa place dans la phrase mais par la forme de sa terminaison ou désinence.

En français, "Le chien mord le loup" n'a pas le même sens que "Le loup mord le chien". Les mots de ces deux phrases sont identiques mais le seul fait de changer l'ordre des mots modifie le sens.

En latin, bien que l'ordre des mots ne soit pas totalement indifférent (notamment pour marquer des nuances), il est loin d'avoir la même importance qu'en français. "Le chien mord le loup" est généralement traduit par "Lupum canis mordet" (on remarquera que le latin n'a pas d'article) mais on peut aussi écrire "Canis mordet lupum" ou "Lupum mordet canis".
"Lupum" est l'accusatif singulier (cas du complément d'objet direct) du mot lupus (loup), canis est le nominatif singulier (cas du sujet) du mot canis (chien) et mordet est la troisième personne du singulier du présent de l'indicatif du verbe mordere (mordre).

La traduction latine de la phrase "Le loup mord le chien" serait "Canem lupus mordet" ou "Lupus mordet canem" ou "Canem mordet lupus".
Canem est l'accusatif singulier de canis, lupus est le nominatif singulier de lupus et mordet est la troisième personne du singulier du présent de l'indicatif du verbe mordere.

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** :
L'épithète spécifique salmoninarum (Renibacterium salmoninarum ou Vagococcus salmoninarum) ne dérive pas directement du nom latin salmo mais du nom néo-latin Salmoninae qui désigne une des sous-familles de la famille des Salmonidae. L'étymologie de salmoninarum est donc la suivante : nom génitif pluriel néo-latin salmoninarum : des espèces de poissons de la sous-famille des Salmoninae.

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*** :
La voix déponente a une forme passive mais un sens actif. Elle est dite déponente (du latin deponere, déposer, mettre de côté) car elle dépose le sens du passif mais elle en conserve la forme.

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**** :
Pour une liste des noms de la première déclinaison dont le genre peut être masculin, voir :
List of Masculine Nouns in the First Declension in : Orbis Latinus (Zdravko Batzarov).

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***** :
L'inscription de la colonne rostrale a été restaurée au début de la période impériale et cette restauration a suscité de nombreuses polémiques. Pour certains historiens, le restaurateur a inventé des formes archaïques, pour d'autres, l'inscription est un "faux" entièrement rédigé à l'époque impériale mais, pour certains latinistes, il s'agit d'une restauration fidèle de l'inscription originale.

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Tableau I : Formation des noms de genre à partir d'un patronyme (d'après H.G. Trüper 1996, 1999, 2001)

Terminaison
du nom

Suffixes

Exemples de noms génériques

 

Suffixes non diminutifs

Suffixes diminutifs

Nom de la personne

Nom latinisé

Diminutif latinisé

-a

-ea

supprimer "a" et ajouter -ella

da Rocha Lima

Rochalimaea

"Rochalimella"

-e

-ia

-lla

Burke

"Burkeia"

"Burkella"

-e

-a

-lla

Benecke

Beneckea

"Beneckella"

-i

-a

-ella

Nevski

Nevskia

"Nevskiella"

-o

-nia

-nella

Cato

"Catonia"

Catonella

-o

-a

-nella

Beggiato

Beggiatoa

"Beggiatonella"

-u

-ia

-ella

Mbutu

"Mbutuia"

"Mbutuella"

-y

-a

-ella

Deley

Deleya

"Deleyella"

-er

-a

-ella

Buchner

Buchnera

"Buchnerella"

-er

-ia

-iella

Lister

Listeria

"Listeriella"

Autres terminaisons

-ia

-ella ou -iella

Cabot
Escherich

"Cabotia"
Escherichia

"Cabot(i)ella"
"Escherich(i)ella"

 

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Tableau II : Formation des épithètes à partir d'un patronyme : noms au génitif singulier (d'après H.G. Trüper 1996, 1999, 2001)

Terminaison du nom

Désinence pour un scientifique du sexe féminin
Exemples

Désinence pour un scientifique du sexe masculin
Exemples

-a

-e
Catarina, "catarinae"

-e ou -i
Komagata, komagatae
Thomalla, "thomallai"

-a

-eae
Julia, "juliaeae"

-ei
Poralla, "porallaei"

-a

-iae
Mateka, "matekaiae"

-ii
Ventosa, "ventosaii"

-e

-ae
Hesse, "hesseae"

-i
Stille, "stillei"

-i

-ae
Kinski, "kinskiae"

-i
Suzuki, "suzukii"

-o

-niae
Cleo, "cleoniae"

-nis ou -nii
Otto, "ottonis"
Guerrero, "guerreronii"

-u

-iae
Feresu, "feresuiae"

-ii
Manescu, "manescuii"

-y

-ae
Macy, "macyae"

-i
Deley, "deleyi"

-er

-ae
Miller, "millerae"

-i
Stutzer, stutzeri

Autres terminaisons

-iae
Gordon, gordoniae

-ii
Pfennig, pfennigii

 

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Tableau III : Formation des épithètes à partir d'un patronyme : formes adjectivales (d'après H.G. Trüper 1996, 1999, 2001)

Terminaison du nom

Désinences

Exemples

 

Masculins

Féminins

Neutres

 

Consonne

-ianus

-iana

-ianum

Couch : "couchianus", "couchiana", "couchianum"

-a

-nus

-na

-num

Migula : migulanus, "migulana", "migulanum"

-e

-anus

-ana

-anum

Cheyne : "cheyneanus", "cheyneana", "cheyneanum"

-i

-anus

-ana

-anum

Castellani : "castellanianus", "castellaniana", "castellanianum"

-o

-anus

-ana

-anum

Distaso : "distasoanus", "distasoana", "distasoanum"

-u

-anus

-ana

-anum

Savulescu : "savulescuanus", "savulescuana", "savulescuanum"

-y

-anus

-ana

-anum

Bergey : "bergeyanus", "bergeyana", "bergeyanum"

 

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