Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

A toutes et à tous, rendez-vous le 1er mai à 11h00 Place st Paul à Liège où je vous attends !

28 avril 2010

Je vous attends le 1er mai à 11 h Place St Paul à Liège où j’aurai grand plaisir à parler avec vous des causes qui me sont chères :
- la souscription Julien Lahaut bien sûr,
- la situation en Belgique,
- la situation en Palestine,
- les élections au Soudan où je suis très récemment allée comme Chef de la mission d’observation de l’Union européenne pour les élections.

Ces causes pour lesquelles je m’engage ici à Liège, et sur le terrain de l’Europe, ne peuvent progresser sans que nous en débattions. Aussi, je vous attends nombreuses et nombreux ce 1er mai 2010. D’ores et déjà à toutes et à tous, bonne fête du travail, bonne fête des solidarités !

Belgique, Grèce : l’Europe bancale… Véronique De Keyser intervient dans « C dans l’air » du 26 avril

27 avril 2010

« Alors que la Belgique tente de sortir d’une crise institutionnelle majeure, les négociations sur l’octroi d’un prêt d’urgence à la Grèce sèment la zizanie entre les partenaires européens, sur fond de pressions des marchés financiers. C’est une semaine à haut risque qui s’ouvre, ce lundi 26 avril 2010, pour l’Union européenne confrontée à la situation chaotique de deux de ses Etats membres… » Pour revivre le débat de l’émission « C dans l’air » sur France 5, cliquer sur le texte.

Elections au Soudan : des déficiences significatives mais une note d’espoir

21 avril 2010

Conférence de presse de la mission d’observation électorale de l’UE au Soudan.

Discours de la chef de mission Véronique De Keyser, eurodéputée belge

Khartoum, 17 avril 2010

1. Les élections générales qui viennent de se tenir au Soudan ont été d’une complexité extrême. Les difficultés logistiques et organisationnelles ont eu une incidence considérable et le nombre de bulletins à remplir par chaque électeur a compliqué et ralenti les votes. Vu les problèmes de d’enregistrement des électeurs, d’impression des bulletins, d’acheminement du matériel, le fait que ces élections aient pu se tenir est, à soi seul, une prouesse dont il faut féliciter les Soudanais. J’ai admiré la patience des électeurs et l’engagement du staff électoral qui a travaillé dans des conditions souvent difficiles.
2. Ces élections ont souffert de déficiences significatives mais on doit prendre en compte que ce pays est immense et que c’est son premier scrutin depuis vingt quatre ans.
a. Les conditions d’accès et la complexité du vote ont été plus difficiles dans le Sud que dans le Nord, vu les inégalités de développement des deux régions : il faudra en tenir compte dans l’analyse compréhensive des résultats.
b. L’arrivée tardive du matériel, la connaissance tardive de la localisation de certains centres de votes, l’ignorance des électeurs du lieu ou ils devaient voter, ont démultiplié ces problèmes logistiques.
c. Tant au Nord qu’au Sud, les élections ont été dominées par les partis au pouvoir. Le retrait d’une grande partie de l’opposition dans le Nord du pays a notablement diminué la compétition lors des votes.
d. Les incidents sérieux de campagne et de vote ont été très localisés et relativement peu nombreux. Ils ont souvent été liés à une compétition intense dans des enjeux locaux. Du harassement et de l’intimidation de candidats ou de membres du staff électoral par les forces armées ont eu lieu en certains endroits, principalement dans le Sud.
3. Les particularités de ce scrutin, l’histoire du pays, les enjeux du futur font qu’il est difficile de les comparer à toutes les autres élections. Mais au regard de la méthodologie employée par l’Union européenne, qui est très stricte, je peux seulement dire que si ces élections se sont efforcées d’atteindre les standards internationaux, elles n’y sont pas parvenues. Mais elles sont porteuses d’espoir.
a. Le retrait d’une grande partie de l’opposition au Nord a fortement réduit la compétition au moment du vote mais pas l’intérêt de la campagne électorale. Les observateurs ont été les témoins directs de l’espace démocratique qui s’ouvrait aux partis. L’opposition a pu exprimer clairement ses critiques et ses désaccords.
b. La participation des femmes au scrutin, comme électrices et/ou membres du staff électoral a été impressionnante.
c. Il faut saluer le dévouement du staff électoral et son engagement pour une transformation démocratique du pays.
4. Finalement, le pas qui vient d’être franchi était crucial pour la poursuite de la mise en œuvre du CPA c’est-à-dire la poursuite du processus de paix. Le pays peut envisager désormais l’avenir avec confiance. J’ai pu apprécier durant cette mission d’observation les efforts de tout un pays pour tourner la page d’un passé tragique et je l’en félicite.
5. Je remercie le gouvernement soudanais de la liberté avec laquelle la mission a pu travailler. Je remercie également la commission électorale de son travail intense et de sa disponibilité. Je remercie les partis pour toute la confiance qu’ils ont accordée à la mission et le peuple soudanais pour sa chaleureuse hospitalité. Cette déclaration préliminaire intervient alors que nous ne sommes qu’a mi parcours du processus de vote : le comptage est toujours en cours. La mission va continuer à observer ce dernier, tout comme l’annonce des résultats et le suivi des plaintes. Notre rapport final interviendra après cette dernière phase.

Fallait-il aller au Soudan ?

12 avril 2010

Soudan, 11 avril 2010. Toute la stabilité régionale est engagée dans le processus électoral. L’Union européenne est consciente de tous ses enjeux. La mission d’observation est, et nous le savions toutes et tous depuis le départ, délicate précisément en fonction de ces enjeux. Certaines ONG ont même soulevé la question… d’aller ou de pas aller au Soudan. Mais, il fallait surtout, à mon sens, tenir compte du fait que s’il n’y avait pas d’élections au Soudan, c’était tout le processus de paix entamé qui était alors remis en cause.

L’Afrique apprend aux européens que le monde est loin de se réduire à ce qu’Internet et nos chaînes de télévision nous en donnent comme image stéréotypée. On trouve sous les latitudes africaines matière à reconsidérer nos références, nos habitudes, et à les relativiser. Nous vivons dans l’urgence du projet, d’une vie qui serait sans cesse à faire alors que sur le continent où est née l’humanité, le seul horizon est souvent celui de la subsistance au jour le jour, de la confrontation au dénuement, à la violence, à l’arbitraire. L’observer et le vérifier matin, midi et soir depuis le début de cette mission m’indigne et me révolte d’autant plus que cela renvoie à notre impuissance. Il y a en politique deux temps distincts : celui de la théorisation et celui de l’action. Pour passer de belles idées aux réalisations de terrain, il y a tout un cheminement rempli de pièges et de remises en question. Si la politique doit être ambitieuse, nous qui en faisons, élus et citoyens, devons rester modestes. De mon point de vue, une vraie politique de gauche ne sera jamais accomplie car, toujours, il y aura plus et mieux à faire.

Depuis qu’il m’a été demandé de présider cette mission d’observation, je vérifie ce décalage entre ce qu’on peut nommer « ambitions démocratiques » et les moyens pour les réaliser. On a et on aura raison d’interpeller les institutions internationales et l’Europe en particulier sur ce qui aura été fait pour l’évolution politique au Soudan dans le cadre de l’observation des élections. Mais la critique doit aller plus loin. Il faudra aussi s’interroger sur ce qui n’a pas été fait AVANT pour éviter qu’un jour se pose la question d’une récupération de l’idéal démocratique sur fond de drame humanitaire. Fallait-il aller au Soudan ? Au moment où j’écris, je n’ai pas la prétention de pouvoir répondre. L’action peut-être apparaîtra inefficace, inadaptée, dérisoire en regard des ambitions de départ. Mais au bout du compte, je ne peux non plus m’empêcher de me demander si ne pas agir n’est pas le pire et le plus indéfendable des calculs politiques. S’il y a certainement plus et mieux à faire pour le Soudan, le moins qu’on puisse espérer de cette mission est de nous sortir la tête du sable dans lequel nous avons parfois tendance à la maintenir. La population du Soudan en sait quelque chose, elle dont l’ambition est qu’on l’aide au moins à voir au-delà du désert démocratique et de la désespérance.


(Photos Ezequiel Scagnetti, avec son aimable autorisation).