Politiques

Ni FN ni front républicain: l'UMP choisit de ne pas choisir

Jean-Francois Copé, le 11 juin 2012, au siège de l'UMP à Paris.
Jean-Francois Copé, le 11 juin 2012, au siège de l'UMP à Paris. (Photo MEHDI FEDOUACH.AFP)

décryptage Le parti de droite a décidé de ne pas donner de consigne de vote en cas de duel FN-PS et demande à ses candidats de se maintenir dans les triangulaires. Ce qui n'est pas respecté par tous...

Par LAURE EQUY

La question l’avait tiraillée entre les deux tours des cantonales de 2011. L’UMP est bien décidée à ne pas se laisser empoisonner sur son attitude face au Front national au second tour des législatives. Réuni cet après-midi en bureau politique à l’Assemblée, le parti a tranché - «à l’unanimité» ou «à la quasi-unanimité» selon les versions. Et reste sur le ni-ni, ni alliance avec le FN ni «front républicain», face à une triangulaire avec le FN ou à un duel gauche-FN. En renvoyant la balle au PS qui «s’allie sans vergogne avec l’extrême gauche de M.Mélenchon», les cadres UMP croient même avoir trouvé un argument imparable pour répliquer «aux leçons de morale de Mme Aubry».

A voir Carte interactive des circonscriptions où le FN peut se maintenir au second tour

Dans le détail, deux cas de figure posaient question au parti de droite. Faut-il donner une consigne de vote lorsque s’affrontent deux candidats PS-EELV et FN, et que celui de UMP est éliminé dès le premier tour? Le Front national affrontera ainsi la gauche, dimanche prochain, dans 20 circonscriptions. La consigne de l’UMP est de ne rouler pour aucun des deux finalistes.

«Ni-ni» respecté par les candidats battus, contactés par Libération. Dans la 6e de Moselle, Pierre Lang (24,02%) qui n’a pas pu se maintenir dimanche dernier, ne se prononce pas dans le duel opposant Laurent Kalinowski (PS) en tête (37,45%) et le porte-parole du FN, Florian Philippot (26,34%). «Je ne partage pas les idées du FN, sur l’euro ou la stigmatisation de certaines populations et je m’oppose au programme trop laxiste du PS sur l’économie, l’immigration, la délinquance. Je laisse mes électeurs faire ce qu’ils veulent.» Idem pour l’UP Sylvie Thomas-Jaminet, distancée par le PS et le FN dans la 8e de Moselle: «Je ne donne pas d’ordre à mes électeurs qui sont majeurs et vaccinés.» A Orange, dans la 4e du Vaucluse, où Jacques Bompard (ex-FN, Ligue du sud) talonne le socialiste d’1,5 point, Bénédicte Martin (UMP), éliminée, reste aussi neutre. «Dans notre département où on a un vote assez radical à droite, il faut être lisible. Donner une consigne perturberait certains de nos électeurs», avoue-t-elle.

L’ancien ministre Jean Leonetti, qui participait lundi au bureau politique, recommande le vote blanc, «pour rendre au FN la pareille de ce qu’il a fait à la présidentielle».

Chassain (UMP) annonce son retrait au profit du FN

Second cas: que dire aux deux candidats UMP qualifiés, en troisième position, pour le second tour et tentés de se désister... pour favoriser le FN et barrer la route au PS? L’UMP leur a demandé de se maintenir. Premier accroc: en guerre contre le socialiste Michel Vauzelle, en tête (38,4%) dans la 16e des Bouches-du-Rhône, l’UMP Roland Chassain (22,62%) annonce son retrait au profit de la frontiste Valérie Laupies (28,98%). Décision «condamnée» par le secrétaire général Jean-François Copé, qui tente de dédramatiser: «Ne nous arrêtons pas à une circonscription.» Dans la 2e du Gard, Etienne Mourrut, troisième avec 23,89%, annoncera, mardi, s’il se désiste en faveur de Gilbert Collard, le candidat du FN en tête (34,57%) avec lequel il dit avoir «des idées similaires».

Après avoir dit «comprendre» le désistement de candidats UMP arrivés troisièmes et donc sûrs de «prendre une raclée», le député de Paris, Bernard Debré, affichait, au contraire, sa fermeté, sitôt sorti du bureau politique. «J’ai évolué! Nous demandons à nos candidats de rester à partir du moment où les valeurs ne sont pas communes.» Pour justifier cette position, l’UMP n’est pas peu fière de sa trouvaille: renvoyer dos à dos Front national et Front de gauche, histoire de demander des comptes au PS sur ses propres alliance. La droite feint, au passage, d’oublier que les socialistes ont échoué à trouver un accord avec le PCF et le Parti de gauche pour les législatives.

«Quel est le sens d’appeler à voter pour le PS qui, lui, s’allie avec l’extrême gauche de Mélenchon?», avait lancé Copé dès le matin, sur Europe 1. «Il faut dire que le Front de gauche et l’extrême gauche, c’est pareil, il faut les extrêmiser. On considère désormais qu'il n'y a donc pas de front républicain et ça légitime le fait qu’on n’appelle à voter ni pour le PS ni pour le FN», décryptait un secrétaire national. Lequel assure que la ficelle aurait même convaincu les anciens partisans d’un vote socialiste pour faire barrage au FN - Chantal Jouanno, NKM - qui, lors du bureau politique, ne sont pas intervenus.

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