La Geométrie des formes

Le même type d’expérience a été tenté par mes soins en 1984 lorsque j’ai découverts l’harmonie des structures géométriques qui nous entourent. Elles furent également tentées avec du sable fin sur plaque de cuivre et induction de courant électrique de diverses intensités. Les figures qui apparaissaient alors étaient en tout point en relation directe avec la matrice de base que vous trouverez dans le livre présenté en boutique Harmonie des structures géométriques : Les Tracés de lumière.

 

Il est difficile d’aborder le sujet au premier degré, puisqu’il s’agit de tracer, ce que l’apprenti n’est pas sensé connaître, car il va lui manquer des outils.

Puisqu’il s’agit de formes, il y a une phrase qui revient souvent dans l’une des lumières de la loge qu’est la bible.

Dans  la genèse [1:27] : « Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme ». Plus loin dans ce livre, Genèse [5 :1] « Voici le livre de la postérité d’Adam. Lorsque Dieu créa l’homme, il le fit à la ressemblance de Dieu ». Puis, dans  Genèse [9:6]  « Si quelqu’un verse le sang de l’homme, par l’homme son sang sera versé ; car Dieu a fait l’homme à son image ». Colossien [3 :10] «… Et ayant revêtu l’homme nouveau, qui se renouvelle, dans la connaissance, selon l’image de celui qui l’a créé ».

Les têtes pensantes qui nous ont précédés ont tout fait pour mettre en adéquation les composantes de l’initiation, gestuel, rituel, outillage, et symboles…  Ces phrases sont devenues aussi célèbres que sacrées.  C’est un peu de cette idée : L’homme et son image dont nous parlerons …

 Dans la nature et même dans l’univers Il n’est pas une forme, une matière, ou un être vivant qui ne soit le prototype de l’homme ou qu’il n’en reflète son empreinte. Jusque dans nos écritures ne dit-on pas le mot « lettre » et « l’être » en tant qu’individu ?  Il y a les corps de  lettres, l’œil de la lettre, les lettres sont des caractères… d’imprimerie. Il nous est parvenu des dessins de lettres d’artistes célèbres qui en disent long sur des conceptions des lettres. Par ailleurs, Je vous laisse dresser la liste interminable des analogies possibles entre l’homme et la manifestation quelle qu’elle soit. Ajoutons le fait que l’homme a toujours cherché à imiter la nature, que ce soit dans l’art (En maçonnerie l’on parle des sept arts libéraux), ou dans toutes autres créations en tendant si ce n’est vers la perfection, vers l’harmonie ? Et n’était-ce pas là  le moyen de se chercher lui-même ?

Nous l’avons vu en tenue de formation des apprentis, disons qu’aujourd’hui ce serait un rappel,  le Tapis de loge schématise presque  les symboles et emblèmes nécessaires au travail maçonnique. Il est composé de ces formes géométriques qui vont accompagner en permanence, le maçon sur le chemin initiatique. Il est l’une des bases importantes de nos recherches.

 Historiquement, ce tapis symbolise le Temple qui jadis, fut élevé à Jérusalem par des architectes à la demande du Roi Salomon.

Nous avons vu précédemment qu’à l’origine, tout local où se réunissaient les Francs-maçons pouvait être transformé en Temple  . Il suffisait de tracer à la craie, sur le sol, le « Tapis » symbolique du degré   auquel l’Atelier ou la Loge travaillait. On effaçait ce « schéma » après chaque Tenue. Il y a entre autre, un ouvrage remarquable de Christian Jack : « le Moine et le Vénérable », dans lequel il raconte que des Tenues Secrètes s’organisaient de cette façon, au nez et à la barbe des allemands qui retenaient quelques frères prisonniers sous prétexte que cet atelier détenait «  la règle des règles, ou la loi.

 Aujourd’hui et dans ce Temple, le Tapis de Loge est remplacé par une toile peinte placée au centre de l’atelier et qu’on déroule lors des travaux. Certains rituels de rites opératifs comme par exemple le Rite de Salomon disposent de vrais outils sur le pavé mosaïque.

 Au 1er degré, avec la figuration du soleil, de la lune et des étoiles, il représente l’Univers tout entier dans lequel l’apprenti demeure omniprésent.

 Tout ce qui se trouve figuré sur le tapis le concerne avec la présence de la pierre brute et celle des outils tels le maillet, le ciseau et  la règle, dans la perspective de la transformation en homme spirituel.

 Le tapis de loge s’ouvre sur les trois marches pour rappeler d’abord à l’apprenti les trois voyages de son initiation qui représentent son premier contact avec le monde spirituel. Elles symbolisent également son âge et sa marche rythmée au cours de laquelle lui sont progressivement révélés les secrets de son grade. Enfin, chaque marche évoque un état, une étape à franchir ou un progrès à réaliser. C’est la raison pour laquelle, la pierre brute, emblème de l’état d’imperfection qui est celui du nouvel apprenti, se trouve dans le temple sur le nadir, près de la première marche qui mène à l’Orient  et du même côté que la colonne « J » comme le montre le tapis. Cette position n’est pas le fruit du hasard. Sa place lui montre en tant qu’apprenti ce qu’il est et vers quelle destination cheminer.

Elle est aussi là un peu pour rappeler les imperfections sur lesquelles il doit travailler et quelque part son manque de structure. Mais tous les ingrédients sont là pour la constituer.

 La première marche s’identifie aussi au premier pas de l’apprenti. La seconde représente le binaire que qu’il doit dépasser au prix de ses efforts pour se libérer des contingences matérielles et atteindre la troisième marche, symbole du ternaire. Toutefois, en arrivant sur la troisième marche, Il se retrouve en face d’une porte fermée et surmontée du Delta lumineux. Il devrait avoir compris qu’en franchissant la dernière marche, le  moindre déséquilibre et ce sera la chute.

Ce Delta lumineux, comme un phare orienterait les marins, représente la Lumière en direction de laquelle il doit marcher, mais dont il ne  perçoit encore qu’une infime fraction de son rayonnement sous le seuil de cette porte.

Cette porte fermée présage donc un nouvel obstacle à franchir, une autre épreuve à surmonter dans cette quête vers la Pleine Lumière. Elle annonce le passage vers un autre état d’être de l’initié. Enfin, elle convie l’apprenti à un voyage difficile dont il ne connaît ni la durée, ni l’aboutissement, ni les formes et surtout ni les changements qu’il aura à lui faire subir.

De part et d’autre de cette porte fermée, il y a aussi des symboles qui  théoriquement, ne concernent pas l’Apprenti. Il s’agit de la planche à tracer, de la pierre cubique à pointe, du  compas et du niveau.

Il me revient en mémoire une phrase superposable à cette idée lue parfois dans des ouvrages alchimiques : C’est la porte ouverte sur le jardin fermé du Roi

Pour évoquer tout de même un peu le sujet de la planche à tracer, il est souvent dit qu’elle sert à une codification de l’écriture (ou alphabet maçonnique) afin de transmettre des textes réputés secrets. Puisqu’elle est nommée « la planche à tracer », de toute évidence, nous y trouverons des quantités de signes et symboles ; Le travail sur ce sujet permet de découvrir  bien d’autres secrets, mais le temps n’est pas encore venu et ne sachant par ailleurs « ni lire ni écrire », sa signification réelle reste pour le moment, étrangère à l’apprenti. Plus tard, lorsque cela lui sera permis, il pourra tracer des plans de construction, et des croquis concernant les travaux à faire sur le chantier du Temple. Dans un premier temps à l’aide de l’équerre, il pourra vérifier les angles. Ce sera les premiers pas de la construction de son Temple intérieur. Ainsi il pourra constater qu’il s’est rapproché de la première idée de cette planche. Ensuite avec l’aide du compas, en « se construisant », contribuera à la construction du temple intérieur et partant celui de l’humanité. autrement dit, il s’agit d’un gigantesque puzzle, ou l’on pourrait imaginer  que toutes les pièces en s’assemblant, qui plus est,  en se superposant, permettent la construction de la structure du Maçon et partant comme il est dit plus avant, et par référence au fait que G:. A:. D:. E:.  L:.U:.  qui porte bien son nom aurait fait l’homme à son image, et celle de l’univers.

Il y a aussi  la deuxième colonne du Temple qu’un Frère de la colonne du nord  ne peut connaître. Il est donc impossible de vous en parler ce soir. Mais, nous savons que cette deuxième colonne et la première, marquent les limites du monde profane.

 La perpendiculaire, signe distinctif du second surveillant indique pour l’instant, la direction qui va du zénith jusqu’aux profondeurs de la terre vers les ténèbres du nadir. Il est l’outil par lequel l’apprenti effectue sa descente en lui pour repérer ses rugosités et entamer sa purification. La perpendiculaire  est au temple ce que le v:.i:.t:.r:.i:.o:.l:. est au cabinet de réflexion Le niveau est l’attribut du premier surveillant. Il verra plus tard qu’avec ces deux outils, une croix pourra être envisagée, toujours en superposition de presque tous les autres symboles, naitra alors une forme structurelle, la projection du temple intérieur et donc de celui de l’humanité.

Quant à la Pierre cubique à pointe, l’apprenti est censé ignorer tout de sa valeur ésotérique et symbolique. Il sait seulement qu’il doit tailler sa Pierre brute en vue de la transformer en cette Pierre cubique qui est en quelque sorte présentée comme une direction, un but, un exemple du travail à accomplir. En effet, muette comme l’apprenti, la Pierre brute a besoin d’être taillée pour être expressive. C’est ce que nous venons de voir, la future structure à atteindre.

En cela, le Maillet et le Ciseau restent incontournables. Ce sont les premiers outils qui ont été présentés à l’apprenti en tant que nouvel initié pour accomplir son premier travail de Franc-Maçon. Ils symbolisent respectivement la volonté agissante et le discernement de l’apprenti, sa force et son intelligence dans l’action.

Interdit de verbe, en apprenant le Signe d’ordre, la main placé sur le chakra des émotions, l’apprenti retient ses pulsions, affine son sens de l’observation, améliore sa qualité d’écoute et ajuste son raisonnement au discernement, afin d’utiliser au mieux ses fragiles connaissances. S’agissant de la règle, elle est l’outil de mesure par excellence de l’apprenti. qui lui permet de vérifier si l’action conjuguée du maillet et du ciseau sur la Pierre brute progresse conformément au projet. Elle est idéale pour apprécier la justesse des proportions. Enfin, elle symbolise et enseigne la rigueur, la norme et la droiture.

Quant aux trois Fenêtres dites du compagnon, on pourrait penser pour le moment, qu’elles sont justes là pour assurer la ventilation et laisser filtrer la lumière naturelle à l’intérieur du T:., à l’instar de toute fenêtre dans une construction. Mais en regardant attentivement la manière dont elles sont figurées sur le tapis de loge, Il se trouve qu’elles  sont situées à l’orient, au midi et au Sud-Ouest

La corde à nœuds plutôt appelée la houppe dentelée qui entoure le tapis de loge est l’emblème de la fraternité qui unit tous les Maçons et en fait une famille à la surface de la terre. Cette fraternité doit amener chacun d’entre nous à se tenir prêt à aider ou secourir son Frère en tout lieu et en toute circonstance. Cette corde porte également le nom de chaîne d’union et cette appellation peut faire penser à ce moment privilégié où nos esprits ne faisant plus qu’un, nous nous tenons les mains à la fin de nos travaux, sans distinction de race, de religion ou de toute autre condition. La Loge et son tapis ne sont plus alors un lieu abstrait, mais une représentation bien réelle du monde. Autre caractéristique de cette corde, son ouverture à ses deux extrémités. Elle indique que : puisque l’Ordre m’a accueilli, tout maçon a le devoir de chercher autour de lui, parmi les hommes ordinaires, celui qui aspire à l’initiation avec un cœur sincère et une âme candide; celui qui servira avec bonheur la maçonnerie, le rite et la loge.

En jetant un dernier regard panoramique sur ce tapis de loge, nous pouvons constater  qu’il est placé au centre d’un espace sacré délimité par trois piliers : Sagesse, Force et Beauté. Cet espace sacré est visible par tous les frères quelle que soit leur position autour de lui et focalise toute leur attention lors des tenues. Il est intéressant de savoir qu’il existe un quatrième pilier invisible celui là, et nommé «Bina, l’intelligence ».  Il en  sera question beaucoup plus tard au cours du chemin initiatique. Le centre de cet espace sacré est l’axe du monde ou axis mundi (en latin) qui traverse le milieu du pavé mosaïque. C’est là qu’est la place du Franc maçon, le centre, d’où l’expression « se centrer ». C’est de là qu’il pourra rayonner envers les autres  humains grâce à son comportement de sagesse, une fois acquise. Le pavé est la représentation symbolique du sol, de la terre ou du monde et la matérialisation du binaire. Le tapis de loge en cet emplacement est donc bien au Centre du Monde. D’ailleurs, à l’intérieur du Temple, ne sommes-nous pas entre l’Orient et l’Occident, le Septentrion et le Midi, le Nadir et le Zénith? Ces indications ajoutées aux points cardinaux lui indiquent qu’il devra orienter sa pensée, dans toutes ces directions.  Bien qu’il travail sur la pierre, l’heure n’est pas encore venue pour l’apprenti de projeter sa pensée en trois dimensions. Mais la piste semble ne pas être à négliger,

Georges Darmon

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