Résistance en région parisienne

Jusqu'au 25 avril, l'hôtel-de-ville de Paris accueille une exposition consacrée à la Résistance.

Saisis sur le vif ! Ce 23 août 1944, le photographe Robert Doisneau immortalise deux résistants des FFI - Forces françaises de l’Intérieur - patientant avant l’assaut final contre les forces d’occupation. L’un est assis, serein, tandis que l’autre, le fusil à la main, découvre avec attention les dernières nouvelles publiées dans Libération dont un gros titre barre la une : Le jour est arrivé, Paris debout. Cette photo sert d’affiche à l’exposition Résistance en région parisienne, présentée dans ce lieu emblématique de la Libération qu’est l’hôtel-de-ville de Paris.

L’histoire de la Résistance parisienne commence à l’été 1940 et s’achève quatre ans plus tard, à l’été 1944. C’est une vaste fresque, faite d’ombres avant la lumière, que nous convie à revivre cette exposition-panorama forte de 400 documents issus des archives du musée de la Résistance nationale de Champigny-sur-Marne, mais aussi de nombreux fonds patrimoniaux privés et publics. Agir (la Résistance), aider (la clandestinité), s’unir (l’organisation), s’armer (vers l’insurrection), se battre (la Libération), bâtir (la reconstruction) et se souvenir (la mémoire) sont les sept étapes que le visiteur effectue à travers le parcours du combattant - au sens propre du terme - qu’on l’invite à parcourir. Ce faisant, l’exposition nous permet de comprendre la multiplicité de formes qu’a revêtues la Résistance, rejointe ici et là, à un moment ou à un autre, par celles et ceux qui souhaitaient contester la loi de l’Occupant et celle de Vichy.

Quel point commun y a-t-il entre manifester à l’Arc-de-triomphe le 11 novembre 1940 et organiser le vote des femmes aux élections municipales de 1945 ? Ici réside le cœur du propos des commissaires de l’exposition : expliquer que la Résistance, telle que la conçoivent la plupart des organisations résistantes, dépasse la simple lutte armée contre les Allemands pour embrasser la rénovation de la société française dans son ensemble. Une fois la Libération acquise, c’est à la reconstruction de la France que s’attellent les hommes et les femmes qui se sont unis au sein du Conseil national de la Résistance.

Du simple V gravé sur le tronc d’un arbre à la création par Jeanne Toussaint et la joaillerie Cartier de la broche bleu-blanc-rouge intitulée L’oiseau en cage, chacun résiste à sa façon. Le 14 juillet 1943, tandis que le journal Défense de la France est massivement diffusé à la sortie de la station du métro parisien Michel-Ange-Molitor, de jeunes manifestants défilent, drapeau tricolore en tête, devant la mairie de Villeneuve-la-Garenne.

Le parcours de l’exposition est agrémenté, si l’on peut dire, par la reconstitution d’un atelier d’imprimeur et par la présentation de l’émetteur et du micro des premières émissions diffusées depuis le studio d’essai de la rue de l’Université dès le 20 août 1044.

----------------

Jusqu’au 25 avril 2013

Salle des Prévôts, hôtel-de-ville de Paris (4e)

Des projections de films et des conférences sont organisées à l’auditorium de l’hôtel-de-ville : plus d’informations sur www.musee-resistance.com

Par Bruno Calvès