Orient-Express, embarquement immédiat !

Jusqu'au 3 août, l'ambiance du train mythique qui relie Paris à Constantinople est reconstituée à l'Institut du Monde arabe.

C’est en 1883 qu’est inauguré l’Express d’Orient qui relie Paris à Constantinople, d’abord avec un changement en Roumanie puis directement après 1889, lorsque la ligne ferroviaire est achevée. En 1891, il est rebaptisé, pour sa plus grande gloire, Orient-Express. La gare rose de Sirkeci l’accueille sur les bords du Bosphore, le Pera Palace un des plus beaux hotels d'Istanbul où descendait Agatha Christie (auteur du Crime de l’Orient-Express) est construit pour héberger ses voyageurs. Il varie les itinéraires au gré des vicissitudes politiques (guerres balkaniques, premier conflit mondial) et des extensions techniques (percement du tunnel alpin du Simplon) et finit par permettre à des Anglais fortunés (et peu pressés) de rallier la porte de l’Asie en venant de Londres. L’entre-deux-guerres correspond à l’âge d’or du train mythique, où le luxe des wagons-lits le dispute à la finesse des repas servis pour l’agrément d’une clientèle triée sur le volet. Le train ne se remet pas, en revanche, de la Seconde Guerre mondiale ni du rideau de fer qui coupe ses lignes. Les pays communistes multiplient les tracasseries, les itinéraires bis qui les contournent déplaisent à la Suisse qui n’est plus desservie, l’avion gagne du terrain et finalement, le 20 mai 1977, l’Orient-Express quitte pour la dernière fois le quai "J" de la gare de Lyon.
Mais, bonne nouvelle, la ligne devrait rouvrir en 2014 !
En attendant, une exposition en recrée l’ambiance : la locomotive sur le parvis de l’Institut du monde arabe stationnée sur un quai, les « voyageurs » montent dans la voiture-restaurant, dans le salon dit Lalique et dans un wagon lit. Les silhouettes des héros de livres et de films les accompagnent, Lauren Bacall, Hercule Poirot, Sean Connery, Sherlock Holmes, mêlés à de « vrais » contrôleurs en tenue d’époque. On entre ensuite dans les salles qui proposent objets et affiches, photos et vidéos retraçant les grandes heures du train. On découvre dans trois grandes « malles » (de 5 mètres sur 2,5) le cabinet de toilette et ses vitraux, l’argenterie et la vaisselle, les bagages, les horaires, les menus et des anecdotes inattendues. Pour finir, une section « Désir d’Orient » élargit le voyage imaginaire jusqu’aux confins extrêmes de l’empire ottoman. Un dépaysement rapide et sympathique.
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« Il était une fois l’Orient Express » du 1er avril au 3 août à l’Institut du Monde arabe, www.imarabe.org

Par Huguette Meunier