Résumé

Au plus près d’une réalité mouvante, Félix raconte de façon déroutante mais précise des bribes du lien amoureux qui l’unit à Louise. De façon déroutante…. à l’image de leur amour et de leurs désirs. Parce que rien ne se passe comme avec les autres femmes qu’il a aimées. Leurs joies et leurs peines, leur façon de faire l’amour, leurs mots et leurs silences, et même sa manie à contempler Louise, tout cela le désoriente. Pourtant il n’esquive rien des embûches, il expérimente avec ferveur, regarde vivre la femme étrange qu’il aime en essayant d’en saisir ses contours. Les étreintes de Louise le mettent aussi dans de curieux états. Les amants vivent ensemble sans cohabiter et se donnent d’étonnants rendez-vous. Louise est une femme loufoque, déstabilisante et Félix un apprenti sorcier qui n’a pas d’antidote.
Anne Bert a l’art et la manière de magnifier l’amour – du cœur et du corps – avec des mots qui percutent, adoucissent, sculptent notre imaginaire. Elle a cette faculté de nous faire pénétrer l’intime, à tel point que l’on a l’impression de rentrer dans la peau de ses personnages, d’être ses personnages. C’est délicieusement déstabilisant, et subtilement excitant.

ISBN : 978-2-89717-804-8

Lire un extrait

Elle m’enjambe souplement et s’accroupit les cuisses très écartées dans le S que forme mon corps en chien de fusil. Son sexe ouvert par le compas dégage un fumet de chair qui regorge. Je respire profondément ces effluves qui me certifient d’être vivant. Je crois apercevoir dans ses oreilles les écouteurs de son baladeur. Un tube souple pend entre ses seins, elle est aux aguets, les sourcils froncés. Sévère comme une chevêche qui considère sa proie, elle précipite soudain un objet dur et froid contre ma poitrine, fouille minutieusement mon cœur, sonde ses battements et ses palpitations, balaye le capteur sur mon torse quêtant l’arythmie foudroyante, le chuintement de l’aveu de mon bastringue amoureux. J’aperçois sous mes cils son visage concentré et contrarié.

Elle parait exaspérée, rien, ça bat comme un métronome trop bien réglé, pas la moindre suspicion de vertige, elle ausculte alors mon ventre, filtre le moindre de mes gargouillis intestinaux, confesse mon pubis, mon sexe poisseux recroquevillé sur ma cuisse, jusqu’au scrotum.

Elle viole le moindre chuchotis de mon intimité, s’en gave les oreilles, les embouts du stéthoscope vissés contre ses tympans, avide de trilles organiques et de fréquences révélant l’aigu du syndrome. Elle veut entendre mon sang battre plus sourdement dans mes veines, mon pouls s’emballer sous le métal froid, apprécier les borborygmes de ma passion pour elle, l’ataraxie et le silence de mon corps inerte l’insupportent, la font douter, une colère intérieure contracte ses mâchoires.

Elle a toujours le stéthoscope en l’air prêt à frapper quand je vois son regard qui veut en découdre remonter vers ma tête, je ferme alors complètement les yeux pour ne pas le rencontrer. Je crains soudain qu’elle ne m’ouvre le crâne pour autopsier mon cerveau afin d’y déceler ce que mon corps trop calme et ma bouche avare taisent. Elle soumet enfin à la question métallique ma pomme d’Adam, cherchant dans cette postérité la faute originelle du mâle, cette pulsion amoureuse encore indigeste qui lui est toujours restée en travers de la gorge. Je la sens s’agiter comme une mouche autour de cette pomme de discorde, incapable d’immobilité, tout à son interrogatoire.

Ma main s’abat sur son bras pour lui arracher l’engin inquisiteur, j’ouvre grand les yeux et intercepte deux scuds noirs dirigés vers mes orbites que j’esquive en lui plaquant le visage sur ma cuisse tout contre mon sexe sérieusement excédé qui profite de la véhémence de la protestation de Louise pour investir sa bouche ouverte.

Une main sous sa taille j’expose son cul à la lanière du stéthoscope que je claque sur ses fesses bientôt rubescentes de honte, Louise couine la bouche pleine, le pouls affolé de ma verge gorgée de sang bat sa langue et son palais inondé de salive visqueuse et de jus séminal.

Puisqu’elle veut des vibratos et de la conviction, qu’elle s’en gargarise !

Sa petite main sous son ventre frotte son sexe puis s’y loge. Je me retire de sa gorge pour me branler longtemps sur son visage, replongeant par instants dans sa bouche barbouillée de mots d’amour obscènes à faire rougir un corps de garde, ses joues aspirées par la succion serrent ma verge, puis mon gland gonflé au ras de son regard immobile douche ses mirettes noires d’une myriade de minuscules gouttelettes de rosée qu’elle me dit croire voir au microscope, suivies bientôt du sperme épais qui jaillit en saccades sur ses paupières et ses cheveux.

 

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Que sais-je du rouge à son cou ?

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