Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • fermer

    Connexion au Devoir.com

    Mot de passe oublié?
    Revue de presse

    «Monsieur Trudeau» sous les projecteurs

    10 octobre 2015 |Karl Rettino-Parazelli | Canada
    Le Parti libéral du Canada a fait une remontée inattendue.
    Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Le Parti libéral du Canada a fait une remontée inattendue.

    Tous les sondages ne dépeignent pas exactement le même portrait, mais, chose certaine, le Parti libéral du Canada n’est pas là où on l’attendait en début de campagne. Premier ou deuxième dans les intentions de vote selon les coups de sonde, il est plus près que jamais du pouvoir. Mais avec les succès viennent aussi les questionnements.

     

    Dans les mois précédant le déclenchement de la campagne électorale, peu de gens croyaient aux chances de victoire du chef libéral Justin Trudeau, qui tirait de l’arrière dans les sondages, rappelle Rick Salutin, dans le Toronto Star.

     

    On a tenté de le ridiculiser en l’appelant simplement « Justin », des publicités ont maintes fois répété qu’il n’était « pas prêt », mais tout indique que la stratégie n’a pas porté ses fruits. Lorsque les électeurs l’ont vu en action, ils se sont vraisemblablement dit qu’à leurs yeux, Justin Trudeau est bel et bien « prêt » à diriger le Canada.

     

    C’est ainsi que « Justin » est devenu « Monsieur Trudeau », fait remarquer Salutin. Lors des derniers débats, constatant sans doute que son adversaire libéral avait gagné le respect d’une bonne partie de l’électorat, Stephen Harper a remisé ses attaques visant la crédibilité du plus jeune des trois politiciens de tête.

     

    Nouveau chef, nouvelle image

     

    Mais comment expliquer cette remontée inattendue ? se demande Konrad Yakabuski dans le Globe and Mail. En partie grâce à l’attrait de la personnalité de Justin Trudeau, mais aussi par le retour en force de la marque libérale, après des années assombrie par le scandale des commandites.

     

    La nouvelle image du Parti libéral du Canada place cependant la formation dans une position inédite, remarque le chroniqueur. Le PLC s’est imposé comme le parti « naturel » du Canada lors du XXe siècle en misant sur le compromis. Il a longtemps connu du succès en attirant vers lui un bassin d’électeurs hétérogènes provenant de partout au pays.

     

    Cette dynamique a changé sous le règne de Jean Chrétien, qui a mené en 1993 une campagne essentiellement destinée à plaire à l’Ontario. Le Parti libéral a alors pris la forme d’un parti comme les autres, s’assurant la victoire grâce à des appuis régionaux.

     

    C’est dans ce contexte que se présente aujourd’hui Justin Trudeau, qui a pour sa part décidé d’orienter son parti vers la gauche à coups d’impôts plus élevés pour les riches et d’investissements publics massifs. Comme le souligne Yakabuski, il faut maintenant se demander si le PLC pourra honorer ses promesses et survivre longtemps sans être contraint d’adopter une approche plus centriste, comme celle des néodémocrates ou des conservateurs.

     

    La perspective d’un gouvernement libéral soulève plusieurs questions, fait pour sa part remarquer Michael Den Tandt, du National Post. Alors, de quoi aurait l’air un pays dirigé par Justin Trudeau ? soulève-t-il.

     

    On peut déjà prévoir une attention particulière portée à la classe moyenne, avec des baisses d’impôts, une révision du mode de scrutin pour le rendre plus proportionnel, la fin de l’usage des projets de loi omnibus devenus monnaie courante sous les conservateurs et un meilleur soutien pour les vétérans canadiens, entre autres.

     

    En revanche, note Den Tandt, des promesses ont de quoi laisser l’électeur perplexe. Les libéraux promettent des milliards de dollars en investissements, mais ouvrent la porte à l’appui de projets de manière subjective. Ils disent vouloir lutter contre les changements climatiques, mais refusent de s’engager à imposer une taxe sur le carbone. Et pour ce qui est de la question autochtone, les 2,6 milliards promis sur quatre ans constituent une somme à peine plus élevée que ce que les conservateurs ont offert pour soutenir l’éducation des Premières Nations. La nécessaire réforme devant mettre fin aux inégalités devra encore une fois attendre, déplore le chroniqueur.

     

    Le tout pour le tout

     

    Pendant que Justin Trudeau poursuit son ascension, Thomas Mulcair et les néodémocrates font sur surplace ou perdent du terrain. Il n’est donc pas surprenant, dit Tim Harper dans le Toronto Star, que le chef du NPD ait choisi de s’opposer vigoureusement au Partenariat transpacifique (PTP) conclu en début de semaine.

     

    À ce stade-ci de la campagne électorale, M. Mulcair n’a d’autre choix que de jouer le tout pour le tout pour regagner la tête des sondages. À la manière du quart arrière qui tente une longue passe dans la zone des buts en fin de match, en espérant qu’un de ses joueurs mette la main sur le ballon, il a donc fait le pari de prendre une position ferme dans ce dossier.

     

    Il peut ainsi plaire à sa base d’électeurs et espérer des gains en Ontario, où l’industrie automobile ne voit pas l’accord d’un bon oeil, mais il pourrait également voir sa stratégie se retourner contre lui, juge Harper. Le chef néodémocrate aura du mal à convaincre une population majoritairement favorable au libre-échange qui comprend aisément que le Canada ne peut se permettre d’être exclu d’une entente aussi importante, résume-t-il.

     

    Lawrence Martin offre une analyse semblable dans le Globe and Mail, en insistant sur le fait que les avantages du PTP surpassent ses risques ou ses inconvénients. La gestion de l’offre et le secteur de l’automobile ont été en partie mis à mal par l’accord, mais peut-être pas suffisamment pour offrir des munitions au NPD. Reste également à savoir si cette entente attirera suffisamment l’attention des électeurs pour permettre à M. Mulcair de marquer des points d’ici la fin de la campagne.

     

    Le chroniqueur, lui, a sa réponse. À son avis, les espoirs de résurrection du NPD sont vains puisque les Canadiens verront trop de bénéfices à cet accord pour s’y opposer.

     
     
    Édition abonné
    La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
     
     












    CAPTCHA Image Générer un nouveau code

    Envoyer
    Fermer
    Blogues

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel