by Seshata on 25/01/2016

Le cannabis, ancien remède traditionnel contre les vers parasitaires !


Vers parasitaires Effrayants, sortis d’un cauchemar… les vers parasitaires infectent plus de deux milliards d’individus sur la planète, et causent une panoplie de problèmes de santé, particulièrement dans les pays en développement. Depuis des siècles, le cannabis est utilisé pour traiter les vers parasitaires, et des preuves récentes soutiennent son efficacité.



Le cannabis, ancien remède traditionnel contre les vers parasitaires ! - Sensi Seeds blog

Effrayants, sortis d’un cauchemar… les vers parasitaires infectent plus de deux milliards d’individus sur la planète, et causent une panoplie de problèmes de santé, particulièrement dans les pays en développement. Depuis des siècles, le cannabis est utilisé pour traiter les vers parasitaires, et des preuves récentes soutiennent son efficacité.

Des communautés partout au monde utilisent encore le cannabis contre les parasites

Partout au monde, de nombreux peuples utilisent des préparations traditionnelles à base de cannabis pour combattre les parasites, particulièrement dans les pays en développement où la médecine traditionnelle est encore largement en usage – et où les taux d’infections parasitaires sont généralement beaucoup plus élevés qu’ailleurs.

Récemment, on rapportait que le peuple Aka du bassin du Congo fumait régulièrement du cannabis, ce que l’on peut considérer comme un exemple d’automédication inconsciente. Le peuple Aka ne semble pas associer son usage de cannabis avec la prévention d’infections parasitaires, utilisant le cannabis à des fins récréatives et sociales. Ce qui est intéressant est que ce peuple fait une utilisation intentionnelle et abondante d’une autre plante pour combattre les parasites – l’efficacité de cette autre substance reste à déterminer, mais ce qui est certain, c’est que le cannabis leur apporte des bienfaits : en effet, les consommateurs de cannabis portaient beaucoup moins de vers intestinaux que ceux qui n’en fumaient pas.

Quelle que soit leur intention, de nombreuses autres communautés utilisent délibérément le cannabis pour éloigner les troubles parasitaires. Des communautés de villages de l’Etat d’Uttarakhand (Inde du Nord) se servent encore aujourd’hui de préparations à base de cannabis pour traiter les vers parasitaires ; un usage similaire est aussi rapporté dans l’Etat voisin de l’Himachal Pradesh, et 2000 km plus loin, les communautés de l’Andhra Pradesh (Etat de l’Inde du Sud-Est) font de même. Il n’est que fort probable que bien d’autres communautés de l’Inde et des régions avoisinantes utilisent également le cannabis, bien que la pratique ne soit pas documentée.

Un rapport de 2010 notait que des villageois de régions agricoles du sud-ouest de l’Ouganda utilisaient abondamment le cannabis afin de contrôler les infestations de vers parasitaires dans leurs élevages de poules, animaux d’une grande importance pour les œufs et la viande qu’ils fournissent. En fait, il semble que les traitements antiparasitaires pour animaux à base de cannabis datent d’aussi loin, sinon plus, que ceux pour les humains.

Les civilisations anciennes combattaient les parasites à l’aide du cannabis

Eurk !!! J’arrive pour manger ton cerveau ! (N. fowleri l’amibe « mangeur de cerveau », © imgur.com)
Eurk !!! J’arrive pour manger ton cerveau ! (N. fowleri l’amibe « mangeur de cerveau », © imgur.com)

Depuis des siècles, de nombreux peuples partout au monde utilisent traditionnellement le cannabis pour combattre les vers intestinaux. De l’Europe à l’Afrique subsaharienne en passant par l’Asie du Sud-Est, les écrits historiques abondent de preuves indiquant que le cannabis est utilisé comme traitement contre les parasites intestinaux chez l’humain (et le bétail sur qui dépend la survie des populations).

Voici quelques exemples. La pharmacopée traditionnelle indienne a sans aucun doute eu recours au cannabis pour ses vertus anthelminthiques (helminthes étant le nom donné aux vers parasitaires ; les anthelminthiques sont les médicaments utilisés pour les traiter) pendant une très longue période. On peut lire dans l’ouvrage hautement respecté, World Dictionary of Medicinal and Poisonous Plants, que le cannabis est utilisé dans les systèmes traditionnels de médecine ayurvédique, unani et siddha pour ses qualités anthelminthiques (parmi ses nombreux autres usages) chez les humains et le bétail.

En Chine, les graines et le jus extrait de feuilles fraîchement pressées étaient utilisés comme anthelminthique : en Europe, l’herboriste célèbre Nicholas Culpeper a écrit en 1653 dans son opus The Complete Herbal que le chanvre « est très approprié pour tuer les vers chez l’homme et la bête » ; et aux Etats-Unis, avant la prohibition, le haschisch était apparemment quelques fois utilisé pour « expulser le ténia » (Taenia solium, le vers du porc).

À quel point le cannabis est-il efficace pour combattre les parasites intestinaux ?

Il est surprenant de constater que peu d’études récentes se sont penchées sur le pouvoir anthelminthique du cannabis, mais les preuves existantes sont généralement prometteuses. Cette vertu a été soulignée par nul autre que le célèbre scientifique des cannabinoïdes, Raphael Mechoulam. Dans son essai de 1987 intitulé Towards Cannabinoid Drugs, le professeur note le potentiel du cannabis en tant qu’anthelminthique, mais que le « travail expérimental dans ce domaine de la science des cannabinoïdes n’a pas encore été rapporté ».

Une étude se penchant sur l’usage de plantes médicinales pour traiter le bétail en Ouganda a trouvé que le cannabis recelait un certain potentiel pour combattre le nématode parasitique Ascari suum (qui infecte les porcs et les humains), bien que son efficacité se soit avérée moindre que celle de plusieurs autres espèces de plantes aussi testées (pour finalement ne pas faire partie de la liste de candidats recommandés pour la recherche future). A. suum est un type de nématode, et on a démontré que le cannabis pouvait aussi combattre d’autres types de nématodes.

Le cannabis contre les nématodes (vers ronds)

Une image étonnamment magnifique du nématode des nodosités des racines, contre lequel le cannabis s’avère mortel (© USDAgov)
Une image étonnamment magnifique du nématode des nodosités des racines, contre lequel le cannabis s’avère mortel (© USDAgov)

Les nématodes sont des vers ronds et font partie d’un immense groupe de différentes espèces dont la longueur varie de quelques millimètres à plus d’un mètre. Outre Ascari, les autres nématodes affectant les humains les plus connus incluent les ankylostomiases, les trichocéphales, les oxyures et les filaires.

Bien qu’il n’ait pas été démontré que le cannabis s’avérait efficace dans la lutte contre aucun de ces vers, il pourrait cependant être utile pour lutter contre les filaires en vertu de sa capacité de détruire la larve de Culex quinquefasciatus, un moustique vecteur répandu et responsable de transmettre le ver à son hôte final, l’humain.

Les filaires causent la filariose, une grave maladie qui infecte jusqu’à 125 millions d’humains à l’échelle de la planète et qui provoque des maladies génitales, des lymphœdèmes (enflure des tissus lymphatiques) et l’éléphantiasis (gonflement démesuré des bras et des jambes) chez environ 40 millions d’individus.

Il a aussi été démontré que le cannabis et les extraits de cannabis étaient efficaces dans la lutte contre d’autres nématodes qui n’affectent pas les humains, tel le nématode à galles, Meloidogyne incognita, une espèce répandue trouvée dans une large gamme d’espèces végétales. Dans une étude publiée en 1997, « Cannabis as repellent and pesticide », le Dr John M. McPartland – chercheur et auteur se spécialisant sur le cannabis – a noté que des préparations à base de cannabis étaient utilisées dans la lutte contre une variété de phytonématodes, dont le nématode à kyste de la pomme de terre, le nématode du soya et le nématode spiralé.

Le cannabis contre les trématodes (douves)

Le nématode du soya, un autre ver que peut détruire le cannabis (© Wikimedia Commons)
Le nématode du soya, un autre ver que peut détruire le cannabis (© Wikimedia Commons)

En plus de combattre les nématodes, on a aussi montré que le cannabis était efficace pour lutter contre les trématodes, une grande et diverse classe appartenant au phylum des vers plats. Les trématodes, aussi connus sous le nom de douves, sont des vers plats et ovales pourvus de ventouses qui leur permettent de s’attacher aux tissus vivants et de s’en nourrir, un peu à la manière des sangsues. Bien qu’ils parasitent majoritairement les poissons et les invertébrés, certaines espèces sont reconnues pour infecter les humains.

Un des trématodes les plus inquiétants chez l’humain est le Fasciolopsis buski, la grande douve de l’intestin, qui atteint une longueur d’environ 7,5 cm et qui infecte au moins 10 millions d’individus à l’échelle de la planète, mais plus particulièrement en Asie du Sud et du Sud-Est. On a trouvé que l’extrait de cannabis avait une grande efficacité à combattre F. buski chez le porc – encore meilleure que l’oxyclozanide, le traitement standard actuel.

Schistosoma est une autre douve trouvée couramment chez les humains. Ce trématode infecte le sang et est responsable de causer la schistosomiase, aussi appelée la bilharziose humaine. La schistosomiase pèse extrêmement lourdement sur le système de santé mondial, arrivant au deuxième rang derrière le paludisme, avec une prévalence de centaines de millions d’individus affectés mondialement. Le cannabis n’a pas été démontré comme étant directement efficace contre la schistosomiase ; cependant, on a découvert que le système endocannabinoïde était impliqué dans la progression de la maladie.

Une étude effectuée en 2009 a démontré que les taux de l’endocannabinoïde anandamide étaient plus élevés dans les foies de souris ayant déjà été infectées de la schistosomiase, ainsi que l’était l’expression des récepteurs CB1. Les chercheurs ont conclu que cette augmentation était le résultat de l’implication du système EC dans le développement de la maladie ; toutefois, il est aussi possible qu’elle soit due à une réaction du système EC à l’infection. Dans la première éventualité, les antagonistes des récepteurs cannabinoïdes pourraient être bénéfiques ; dans la seconde, les agonistes seraient utiles.

Le cannabis contre les protozoaires et les amibes

La douve Schistosoma, responsable de causer la bilharziose (© Wikimedia Commons)
La douve Schistosoma, responsable de causer la bilharziose (© Wikimedia Commons)

Bien que les protozoaires et les amibes ne soient pas des vers, leurs classements incluent un certain nombre de parasites humains importants contre lesquels le cannabis s’avère très efficace. Une étude antérieure datant de 1979 a montré que le THC était efficace pour lutter contre l’infâme amibe « mangeur de cerveau », Naegleria fowleri, qui vit dans les sources thermales et les eaux de centrales thermiques un peu partout dans le monde et qui est connue parce qu’elle provoque une forme d’encéphalite appelée méningo-encéphalite amibienne primitive.

Une autre étude publiée en 2010 a montré que les endocannabinoïdes anandamine et 2-AG inhibaient deux types d’amibes pathogènes, Acanthamoeba et Hartmannella, toutes deux causant la kératite, une horrible infection à l’œil pouvant causer la cécité permanente.

Enfin, il ne faudrait pas oublier l’agent pathogène qui infecte l’humain avec le plus de force, le protozoaire causant le paludisme (P. falciparum). Le cannabis peut inhiber la progression de cette maladie – non pas directement, mais en tuant la larve du moustique vecteur, Anopheles stephensi, de la même manière qu’il tue la larve du moustique porteur des filaires. De plus, des preuves indiquent que le CBD peut protéger le cerveau des ravages causés par le neuropaludisme, une complication souvent fatale de la maladie.

Alors pourquoi le cannabis est-il efficace contre ces parasites ?

Un jeune garçon des Philippines affecté de la schistosomiase, ou bilharziose (© Sustainable Sanitation)
Un jeune garçon des Philippines affecté de la schistosomiase, ou bilharziose (© Sustainable Sanitation)

On croit qu’il existe deux manières principales qui rendent le cannabis efficace contre les vers parasitaires, les protozoaires et les amibes. La première possibilité repose sur le fait que les parasites en question possèdent leur propre système endocannabinoïde et que l’introduction de THC ou d’autres cannabinoïdes agissent sur ce dernier d’une manière qui affecte leur capacité de survie et de reproduction.

Des preuves appuyant cette hypothèse ont été amassées dans plusieurs espèces. Les études ci-haut mentionnées sur Acanthamoeba et Hartmannella ont montré une action spécifique des cannabinoïdes. Une étude effectuée en parallèle a montré que le myxomycète amiboïde Dictyostelium discoideum possédait un système endocannabinoïde rudimentaire, alors que cet article intéressant mentionne plusieurs espèces de nématodes possédant également des récepteurs cannabinoïdes.

Cependant, il a aussi été prouvé qu’au moins une espèce de ver nématode était dépourvue d’un système endocannabinoïde fonctionnel (ce qui est également le cas d’une poignée d’organismes primitifs dont l’évolution a suivi une ramification différente de l’arbre phylogénique il y a très longtemps, telles les éponges marines et les anémones). Ainsi, le cannabis doit exercer son activité dans ces espèces d’une façon différente. Il est probable que l’explication soit liée à quelque propriété encore inconnue que possède les cannabinoïdes, mais il existe également une autre possibilité, laquelle se doit d’être considérée.

Les terpènes. Le cannabis en contient une grande quantité, comme bien d’autres plantes, et il semble que plusieurs des plantes utilisées traditionnellement comme remède contre les parasites ont quelques terpènes en commun ! Au cours des dernières années, il a clairement été établi que les terpènes jouent un rôle principal en médecine, et que l’action antiparasitaire est du nombre de leurs vertus.

L’importance des terpènes dans la lutte contre les parasites intestinaux

L’éléphantiasis, une complication commune entraînée par les filaires (© prep4md)
L’éléphantiasis, une complication commune entraînée par les filaires (© prep4md)

Les terpènes et les terpénoïdes abondent dans la nature, il en existe des milliers de types différents dont certains promettent des applications intéressantes. En effet, des preuves démontrent que les terpènes ont le pouvoir de tuer ou d’inhiber la croissance d’amibes, de protozoaires, de nématodes et de trématodes !

Une étude a testé l’efficacité de 34 terpénoïdes de plantes contre le nématode Caenorhabditis elegans et a trouvé que plusieurs terpènes présents dans le cannabis, dont le nérolidol, géraniol, citronellol, limonène et eugénol, avaient une action antiparasitaire importante.

Une autre étude s’est penchée sur l’action de quinze extraits de plantes tropicales sur la douve qui affecte le bétail, Fasciola hepatica, et a déterminé que cinq de ces extraits étaient significativement efficaces et qu’ils provenaient tous de plantes à haute concentration en terpènes variés. L’une de ces plantes, Artemesia, contient de l’eucalyptol, du linalol, du myrcène, du caryophyllène et du pinène, des composés qui sont tous présents en grande concentration dans le cannabis. Les terpènes géraniol et citronellol ont aussi été identifiés comme étant efficaces contre les protozoaires Giardia et Cryptosporidium.

Comment la médecine traditionnelle a-t-elle délaissé les remèdes à base de cannabis ?

Bien sûr, le cannabis n’était pas la seule plante utilisée en médecine traditionnelle pour combattre les vers intestinaux. Peut-être que son ubiquité peut s’expliquer par le fait que les humains, où qu’ils allaient, transportaient avec eux du cannabis, ce qui le rendait pratiquement toujours disponible ; néanmoins, force est de croire qu’il devait être particulièrement efficace pour que son utilisation soit aussi répandue, pendant une période si étendue.

Aujourd’hui, bien des communautés qui avaient la coutume d’utiliser le cannabis pour traiter les parasites intestinaux n’ont tout simplement plus le droit de le faire en raison des restrictions imposées par la loi internationale. Ainsi, un remède traditionnel ayant le potentiel d’atténuer la sévérité des infections parasitaires disparaît de la pharmacopée, augmentant, probablement, la pression sur les systèmes de santé conventionnels.

Si les médicaments à base de cannabis étaient de nouveau permis, ils représenteraient une option de traitement durable et abordable contre plusieurs parasites importants – surtout à la lumière du fait que la prévalence d’infections intestinales est beaucoup plus élevée dans les pays en développement, où le cannabis était traditionnellement cultivé.

Commentaires

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LRC

Bonjour et merci pour ces précieuses informations.
Au Népal, la population Himalayenne utilise le cannabis comme remède pour les humains et les animaux depuis fort longtemps. Vous pourrez voir dans un des reportages de l’émission complément d’enquête “Cannabis, les sacrifiés du pétard” du 28 février 2014 a partir de la minute 36:43 un autochtone expliquer le mode d’administration et les bienfaits du cannabis sur le système digestif.

29/01/2016

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