«Que se passe-t-il à l’ULB?» Une dénonciation du capitalisme…

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Les commémorations sont des occasions pour tirer des leçons du passé, de la lutte contre la dictature de Batista à Cuba et l’expérience du Che dans le cas présent. En tant que socialistes, nous voulons réhabiliter le marxisme comme méthode d’analyse. Comme disait Mélenchon : «  C’est la rue qui a abattu les rois et les nazis  ». Dans une carte blanche au « Soir  », Bill Wirtz demande que l’Histoire soit enseignée plus sérieusement dans les écoles. Est-il sérieux, comme il le fait, de se référer au Livre noir du communisme dont l’auteur, Stéphane Courtois, a inventé le chiffre de « 94 millions de morts » sous les dictatures se proclamant du communisme ? Le stalinisme ne doit pas être combattu par ses méthodes, la réécriture des faits.

Socialiste

Che Guevara était un véritable socialiste. Il s’est battu toute sa vie contre la guerre et l’exploitation et cherchait à construire une société où les richesses seraient mises en commun et où l’économie serait gérée collectivement afin de faire correspondre la production aux besoins de tous. Sous le capitalisme, le profit gouverne l’activité économique, assurant à une minorité de vivre dans l’abondance sans travailler.

Comme aujourd’hui, les multinationales pillaient les ressources de l’Amérique Latine. Cuba, alors casino et bordel des USA, souffrait d’une misère incroyable : manques d’écoles, d’hôpitaux… et fort taux d’analphabétisme. La révolution cubaine a permis de lancer un système de soin de santé augmentant l’espérance de vie de 19 ans et un système d’éducation gratuit et massif.

Che Guevara s’est battu pour que l’île se libère de la dépendance par rapport aux économies étrangères. Il soutient pour cela l’industrialisation et la modernisation de l’économie et une réforme agraire basée sur la polyculture. Il initie un vaste débat international sur les méthodes pour arriver au socialisme. Réalisant que la révolution cubaine ne peut survivre seule dans un océan capitaliste, il entend internationaliser la révolution et parcourt l’Amérique latine, l’Afrique et l’Asie.

Ennemi du stalinisme

Ceci le place comme ennemi du stalinisme. La caste bureaucratique au pouvoir en URSS maintenait sa position en empêchant l’internationalisation de la révolution et en plaçant les pays du bloc soviétique sous sa dépendance économique. Le mouvement du 26 juillet s’est tourné vers l’URSS en cherchant des alliés mais sans réelle perspective socialiste. Ils copièrent alors des éléments de la bureaucratie soviétique et imposèrent, sur demande de l’URSS, la monoculture sucrière contrairement à l’avis du Che. Guevara s’opposait au stalinisme et voulait éviter que la bureaucratisation se développe à Cuba.

Dans une révolution, les masses écrivent l’histoire et construisent leur avenir. Les coups d’Etat et la violence sont les méthodes des nantis qui voient partir leurs privilèges. La CIA a maintes fois tenté de mettre à genoux le peuple cubain pour défendre les intérêts des multinationales comme la United Fruit Company. Le débarquement de la baie des Cochons n’est qu’un des nombreux exemples de cela.

La défense d’un précieux héritage

L’erreur fatale du Che est de baser la révolution sur la guérilla, un groupe restreint de personnes. Les masses n’ont pas joué de rôle actif dans le processus. Les ouvriers n’ont pas été impliqués pour bloquer les multinationales et initier des comités de grève qui auraient pu prendre en main collectivement la révolution. Ceci a laissé l’espace au développement d’une bureaucratie qui a récupéré les rênes de la société. La démocratie est l’oxygène de la révolution et celle-ci manque effectivement à Cuba. Les acquis de l’économie planifiée en termes de santé et d’éducation sont pourtant bien là. Elle a permis le développement de l’île comme jamais les actionnaires des multinationales ne l’auraient permis. Plutôt que de ramener la misère capitaliste, il faut continuer la révolution. Pour développer ces points, nous comptons réorganiser notre meeting sur le cinquantenaire de l’assassinat de Che Guevara le mardi 14 novembre à l’ULB.

Bill Wirtz veut coller l’étiquette « stalinien » sur ceux qui luttent contre le capitalisme, EGA en particulier. Il n’y a pourtant plus d’organisation stalinienne à l’ULB. Nous n’avons jamais défendu le stalinisme, bien au contraire.

Pour information, si on imagine mal la tenue d’événements glorifiant Pétain ou Himmler, c’est grâce à l’histoire de la Résistance. Sous l’Occupation, l’université ferme ses portes en 1941 plutôt que d’accepter les professeurs imposés par les nazis et un groupe de résistants de l’ULB, le Groupe G, est initié par des étudiants et des professeurs. Nous défendons cet héritage : pas de forum pour les nazis ! Nous organisons chaque année en mars une manifestation contre le NSV, cercle étudiant d’extrême droite en Flandre, non pour aller vers la confrontation de rue avec les fachos mais pour construire une mobilisation la plus large possible contre les néonazis et le populisme de droite.

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