A l’occasion du tricentenaire de la chapelle royale, le Château de Versailles consacre une exposition qui retrace la genèse de ce lieu, ainsi que les fastes de son histoire. Cette présentation nous permettra de mieux comprendre les audaces architecturales et la richesse inouïe du décor, d’en évoquer aussi le mobilier disparu et d’en retracer l’histoire. De nombreuses oeuvres, dont certaines jamais présentées, seront exposées, et plus particulièrement, ce qui constitue un événement exceptionnel, le mobilier liturgique offert par Louis XIV au Saint-Sépulcre de Jérusalem.

Achevée en 1710 par Robert de Cotte, au terme d’un chantier entrepris par Jules Hardouin-Mansart en 1687, la chapelle royale de Versailles, fruit d’une longue maturation, représente sans doute la partie la plus aboutie du Château. Des efforts financiers considérables ont été consentis(plus de deux millions et demi de livres) afin de permettre sa réalisation, alors que la France était engagée dans la guerre de Succession d’Espagne. La noblesse de son architecture et la qualité exceptionnelle de sa décoration font de cette chapelle un des grands chefs-d’oeuvre de l’art sacré.

Conformément à la tradition des chapelles palatines, elle comporte deux niveaux. La tribune principale, au-dessus de l’entrée, était réservée à la famille royale, les tribunes latérales aux princes de sang et aux principaux dignitaires de la cour ; les autres fidèles se tenaient au rez-de-chaussée.

Conçu par Clicquot, l’orgue est placé dans la tribune située au-dessus du maître-autel. Son plus illustre titulaire fut François Couperin. La chapelle dédiée à saint Louis, ancêtre et saint patron de la famille royale, est le dernier édifice construit à Versailles sous le règne de Louis XIV. Jusqu’à la fi n de l’Ancien Régime, elle servit de cadre aux cérémonies religieuses de la cour de France: messes de l’ordre du Saint-Esprit, Te Deum pour les victoires militaires, baptêmes et mariages princiers dont le plus célèbre fut celui du Dauphin, futur Louis XVI, et de l’archiduchesse Marie-Antoinette.

L’exposition s’articule en quatre parties :
– L’évocation de la première chapelle (1672), brillante préfi guration de l’édifice défi nitif.

– La chapelle de 1682, particulièrement bien connue par les tableaux et les gravures parce qu’elle fut l’édifice religieux le plus longtemps utilisé sous Louis XIV. Située à l’emplacement de l’act uel salon d’Hercule, elle fut le théâtre de la vie religieuse de la cour jusqu’en 1710.

– L’élaboration de la chapelle définitive, des dessins et gravures relatifs à l’étonnant projet de dôme au milieu de l’aile du Nord jusqu’aux derniers dessins, magnifiques, de l’agence de l’architecte Jules Hardouin-Mansart.

– Le décor et le mobilier de la chapelle achevée en 1710 : des dessins et des peintures préparatoires aux somptueuses compositions de La Fosse, de Jouvenet et de Coypel seront présentés à côté de dessins en rapport avec les trophées sculptés du rez-de-chaussée et des documents permettant de mieux connaitre le mobilier aujourd’hui disparu.

Constituant aussi un véritable événement, l’ensemble du mobilier liturgique offert par Louis XIV au Saint-Sépulcre de Jérusalem sera présenté dans l’exposition :
– un calice et sa patène en argent doré réalisés par le Maître orfèvre Pierre Quin en 1659
– un calice donné par Louis XIV en 1664 et réalisé par le Maître orfèvre Nicolas Dolin en 1661 et sa patène en argent doré
– une crosse, en argent et argent doré, ornée de pierreries, offerte par Louis XIV et réalisée par le Maître orfèvre Nicolas Dolin en 1654
– un ciboire, en argent doré, réalisé par le Maître orfèvre Jean Hubé en 1668

Ces pièces d’orfèvrerie d’une qualité exceptionnelle, témoignent de la somptuosité des liturgies dont la Chapelle royale était le cadre, alors que la quasi-totalité des pièces en usage dans la chapelle elle-même a disparu. D’autre part, la clef de la grande porte de la chapelle, récemment léguée au Château par l’intermédiaire de la Société des Amis de Versailles, sera présentée dans l’exposition.

Pour accompagner la célébration de ce tricentenaire, les annexes de la chapelle seront ouvertes aux visites conférence : les sacristies, l’oratoire de Madame de Pompadour, ainsi que les pièces à l’usage des enfants de choeur et des membres de la musique du Roi. Ces lieux préservés permettront de mieux connaître les conditions de la vie quotidienne des divers desservants de la Chapelle royale sous l’Ancien Régime.

En parallèle a l’exposition, quatre organistes et pédagogues, de réputation internationale, viennent d’être nommés pour quatre années. Michel Chapuis, organiste de la Chapelle royale devient organiste honoraire. Pour lui succéder, Jean-Jacques Aillagon a souhaité que la responsabilité musicale de cet instrument soit confiée par quartiers, à l’instar de ce que fut cette charge sous l’Ancien Régime. Les quatre nouveaux organistes sont : Michel Bouvard, concertiste, professeur d’orgue au CNSM de Paris, titulaire de l’orgue Aristide Cavaillé-Coll de la basilique Saint-Sernin de Toulouse, Frédéric Desenclos, concertiste, professeur d’orgue au Conservatoire d’Orléans et directeur musical de l’Ensemble Pierre Robert, François Espinasse, concertiste, professeur d’orgue au Conservatoire national supérieur, de musique de Lyon, organiste de l’église Saint-Séverin à Paris, Jean-Baptiste Robin, compositeur, titulaire du grand orgue historique François-Henri Clicquot de la cathédrale de Poitiers, professeur d’orgue au conservatoire de Versailles. Le 6 juin prochain, date anniversaire du tricentenaire, ces quatre grands interprètes seront présents toute la journée à Versailles à l’orgue de la Chapelle royale.

Exposition réalisée en partenariat média avec la chaîne Histoire, Historia et le Figaro Magazine.

Du 20 avril au 18 juillet 2010 – Appartement de Madame de Maintenon
Tous les jours, sauf le lundi, de 9h à 18h30

Tarifs
15€, tarif réduit 11,50€ (exposition incluse dans la visite du Château)
Renseignements 01 30 83 78 00 / www.chateauversailles.fr