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    Initiative

    «Faire du livre autrement»

    Par Didier Arnaud
    «Faire du livre autrement»
    «Faire du livre autrement» Librairie La Cavale · Montpellier (Twitter)

    A Montpellier, une «librairie solidaire» tente une approche différente de la lecture.

    Cela s’appelle «la cavale». A cause de la rue de la cavalerie, et parce que c’est aussi le titre du second livre d’Albertine Sarazin, écrivaine locale, soit: une promesse d’émancipation. C’est une «librairie solidaire» à Montpellier, dans l’Hérault.

    L’histoire commence par un mauvais départ: une librairie qui ferme voilà un an. Elle s’appelait «L’Ivraie», une toute petite surface, à l’ancienne. Au printemps 2018, aucun repreneur ne s’était manifesté.

    A l’époque, plusieurs objectifs se dessinent pour ceux qui ne veulent pas abandonner un service de proximité dans cette rue qui est commerçante, et qui ne veulent pas voir une «profession libérale de plus s’installer». Ils désirent faire de ce lieu «un vrai lieu culturel» à Montpellier, fort d’un programme d’animation dense, dans les murs et hors les murs. Ainsi se déclineront, entre autres, un «festival Metropolis», trois jours de «carte blanche a Alain Damasio», écrivain français de science-fiction, une participation à la «fête de la science».

    Education populaire

    «On est présent», dit Sylvain Bertschy, président de la SIC la Cavale, via les ateliers d’écriture, un travail avec des enfants pour les inciter à lire. Et d’ajouter : «on fait beaucoup de choses pour asseoir la librairie commercialement». Selon lui, le troisième étage de la fusée de ce projet, c’est de devenir un lieu de transformation sociale, dans lequel il faudra concevoir doucement un projet d’éducation populaire où le livre sera très peu cher, voire gratuit. Pas moins.

    Concrètement, cela se traduit par une campagne de «crowfunding», qui a pour but de financer un vélo triporteur électrique, qui permettra aux «libraires» de se déplacer dans les quartiers, d’être très vite sur place, d’apporter des transats sur lesquels on pourra lire et s’adonner aux ateliers d’écriture.

    Pour les livres, les coopérateurs stockent ou récupèrent des bouquins. Deux boîtes à livres, dans lesquelles on peut puiser et abonder connaissent un franc succès. «Il y a une grosse rotation dans les nichoirs, on a une vue très nette, cela tourne». Pour Sylvain, il n’y a pas de concurrence entre le livre gratuit et payant. «Plus la pratique du livre s’entretient plus c’est bon pour la lecture.» Seul hic, il va falloir trouver un lieu de stockage, et sachant qu’une librairie ne peut se fixer une rentabilité à cinq ans qu’à 0,3% on doit trouver un mode de financement.

     «Ne pas rester entre soi»

    Pour que la cavale ne se transforme pas en cavalerie, sachant que, mis à part deux contributeurs, «personne du livre n’est dans cette affaire-là», il faut avoir de la jugeote. D’autant plus que les coopérateurs veulent réussir à «transformer la sociologie du collectif afin de ne pas rester entre soi», et travailler en allant à la rencontre des associations de quartiers. «Plus vite le groupe de départ aura passé la main plus on aura réussi sortir nos milieux d’origine», explique l’un des fondateurs.

    Même si les premiers retours sont très positifs, l’ouverture au mois de novembre de l’an passé a été un peu compliquée. «C’est un peu maso comme période, on ne touche pas terre pendant les six premières semaines. En outre, la difficulté comme dans tout collectif, a consisté à réenchanter la dynamique collective. Cela s’est un peu étiolé, il a fallu faire venir du monde, rendre l’accès au collectif le plus facile possible», analyse Sylvain Betschy.

    Le président peut s’enorgueillir d’être «dans les clous» en termes de chiffre d’affaires. Le nombre de coopérateurs atteindra bientôt les 400, signe qu’il y a des attentes. «Cela signifie également qu’on ne s’est pas trompés sur ce qu’on faisait», dit le fondateur. Le fichier client culmine quant à lui autour des 2000 Personnes.

    «Faire du livre autrement», le volet transformation populaire n’est pas encore réalisé. L’idée du livre gratuit est dans les cartons. Ils ont comme objectif de se rendre dans les Ephad. Chaque Assemblée Générale attire entre 80 et 120 personnes, une bonne fréquentation. «On essaie de monter un partenariat avec un centre pour sourds et muets et, pour tous les publics empêchés, on se déplace», conclut Sylvain. Pas solidaires pour rien.

    Didier Arnaud
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